Hampstead : le ridicule ne tue pas, une chance!

Ceci est un blogue éditorial.  Comme toujours, vous avez le droit d’être d’accord ou non.  Ce matin, j’apprends aux nouvelles la nature d’un règlement de Hampstead : le bruit extérieur interdit pendant 2 fêtes juives.  NON, MAIS, C’EST QUOI LE PROBLÈME???

Bon, après ce cri de détresse, je vais directement au but.  Ce règlement interdit les travaux de construction, d’aménagement paysager causant du bruit à l’extérieur pendant les 2 jours du Rosh Hashanah et la journée du Yom Kippour (2 fêtes juives).  Et ce bruit inclut la tondeuse à gazon.  C’est un règlement pour lequel les contrevenants risquent l’amende.  Excusez-moi, mais je ne tondrai pas mon gazon avec une pince à cils et si j’ai besoin de refaire mon asphalte, je ne vérifierai pas le calendrier des fêtes juives au cas où la machinerie ferait du bruit à 2h de l’après-midi!?!?!?

Je n’aime pas trop prendre les proverbes pour une vérité. Cependant, certains peuvent facilement exprimer une pensée.  Et voici la mienne face à cette situation : à Rome, on fait comme les Romains. Vous pigez?

Certaines fêtes chrétiennes (Pâques, Action de grâce, etc.) font l’objet d’un congé férié selon les normes du travail.  Vous conviendrez que ce ne sont pas toutes les fêtes chrétiennes qui ont leur congé : le dimanche des rameaux n’a pas son lundi de congé, ni la pentecôte, ni les fêtes de tous les saints possibles et imaginables.  De plus, je n’ai pas besoin de savoir quand est la fête de qui pour la religion de la majorité à l’échelle du Québec parce que, pendant ces journées, j’ai le droit de tondre mon gazon; génial non?

Ceux qui trouvent que "ce n’est pas si grave que ça", vous m’en direz tant quand ils demanderont encore plus : ça commence par givrer les vitres, puis régir nos moments pour tondre notre gazon; et quoi encore.  C’est sournois et je nous somme de les voir venir.

Si je travaille de nuit, vais-je aller dire à ma Ville de faire un règlement pour interdire les gens de vivre le jour parce que je veux dormir? Parce que ce n’est pas une raison religieuse ce n’est pas valable? Franchement, il y a toujours bien des limites.  La liberté de chacun s’arrête où celle des autres commence. Et connaître les dates de fêtes religieuses dont je me balance parce qu’il est interdit de faire du bruit : je décroche!

Avec cette nouvelle aujourd’hui, sincèrement, je trouve que les élus manquent le bateau, mais pas à peu près.  J’avoue que mon opinion importe peu : je ne peux pas faire réélire le maire de Hampstead, moi.

Quand tous veulent notre bien

Je réfléchis beaucoup.  C’est dans ma nature.  Alors je ne peux m’empêcher de réfléchir lorsque je vois le sensationnalisme des nouvelles, les altercations entre politiciens et journalistes, les débats vides de sens sur Twitter dignes des cours d’école d’enfants de 5 ans et pire : les observateurs qui les croient.

Je suis revenue à la base.  Dans toutes ces folies politiques, journalistiques et citoyennes, ultimement, tous veulent être bien. N’est-ce pas?  À moins d’être masochiste, état d’être plutôt marginal avouons-le, comment est-il possible d’avoir le même objectif avec des idées si différentes.

Par exemple, sur le plan politique fédéral avec les Conservateurs de Harper par opposition aux Bloquistes/Ennepédéistes/Libéraux, les différences sont flagrantes : les premiers priorisent la défense nationale, la privatisation, les assurances privées, etc.  Si nous regardons les seconds, ah là, il y a plus de paix dans le monde, des pensions gouvernementales et un système d’assurance santé universel.  Évidemment, je repousse aux extrêmes, mais les tendances de la droite par opposition à celles de la gauche restent des chemins différents pour ultimement, je l’espère, assurer le bien des Canadiens.

Je comprends que nous n’avons pas tous le même bien.  Par exemple, le français est extrêmement important au Québec, au Nouveau-Brunswick, dans certaines communautés de l’Ontario et du Manitoba et quelques marginaux dans d’autres provinces.  Est-ce qu’on s’entend pour dire que beaucoup de Canadiens n’en ont rien à faire du français?  Malheureusement pour eux, ils sont obligés de faire avec nous : nous sommes toujours canadiens. Qu’ils nous mettent dehors s’ils ne veulent plus de français : ils seront bien et nous aussi.

Au Québec, il y a la souveraineté ou le fédéralisme.  Tout le monde veut notre bien.  Je suis du groupe des indépendantistes.  Dans différents articles, je dénonce les pratiques douteuses du Canada envers le Québec, il y en a tout un tas.  Mon invitation tient toujours pour connaître les arguments fédéralistes.  J’attends de les lire.

Ils veulent tous notre bien, alors je me demande pourquoi la définition du projet dans le Canada tarde à se présenter.  Le Canada a quoi… 144 ans depuis 1867?  Ils ont eu le temps de se brancher.  Rester au Canada ne signifie pas le statu quo, ça signifie un projet de société dans le Canada.  Alors?  Je pense qu’il est impossible ce projet-là, prouvez-moi que je suis dans le champ……… gauche.  J’attends.

Dans une société, il y a des forts, des moyens et des faibles.  Nous ne pouvons pas tous être des docteurs en physique nucléaire, une chance, parce que nous aurions de la misère à faire réparer nos voitures.  Il n’y a pas de gens "meilleurs" que d’autres, nous sommes tous différents et nous devons faire les uns avec les autres et nous avons tous besoin des uns et des autres.

Alors, pour les principes de la droite d’utilisateur payeur à l’urgence par exemple, c’est bien intéressant : tu utilises, donc tu payes.  Je suis bien d’accord. Cependant, comment fait-on avec des gens qui gagnent 25 000 $ par année pour leur demander de payer          1 000 $ pour une visite de 24h à l’urgence.  Je suis désolée, mais ça ne fonctionne pas.  Alors, comment ça se passe dans une société de droite?  Tu meurs?  Tu hypothèques ta maison?  Les assureurs privés sont des compagnies à but lucratif.  Par contre, l’état assure normalement les services au prix coûtant, il n’a pas à faire de profit pour ses actionnaires.  S’il fait des gains en capital, tant mieux, il nous les refile s’il n’a pas d’amis dans la construction (!).

D’un autre côté, est-ce qu’il n’y a pas un moyen, collectif, de pouvoir assurer un service de santé à tous, sans exception, à un coût selon les moyens de chacun?  C’est le modèle que le Québec a choisi.  Comme dans tout système, rien n’est parfait.  Par contre, si on a besoin d’un service, on l’a; et le coût a été réparti sur les années de taxes et impôts que nous payons.  Notez, si les contribuables ont davantage d’argent dans leurs poches parce que l’état n’assure plus de services, ils n’en mettront pas de côté pour leurs besoins potentiels en santé.  Et quand ils en auront besoin, ils vont hurler que l’état ne paye pas. On va faire quoi?  Les laisser mourir?

J’ai deux objectifs : d’abord j’aimerais que nous poussions notre réflexion aux idées de la gauche et de la droite pour voir où nous pouvons nous rejoindre sans oublier personne.  Ensuite, regarder les avantages de rester dans le Canada et voir si nous pouvons avoir la même chose dans un Québec souverain.

J’ai parlé ici du domaine de la santé, mais l’exercice est possible partout : l’éducation, l’environnement, l’emploi, le traitement des aînés, les relations internationales, etc.  Je trouve qu’il est important de savoir échanger et profiter des idées de tous.  Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc.  Et savoir débattre est un art : pas donné à tout le monde non plus.

Je me dis que nos décideurs veulent tous notre bien, peut-être que le bien de certains demeure plus important que celui des autres finalement.

Quand la vie se charge de nos priorités

Cette semaine a passé tellement vite, et en même temps, elle m’a paru une éternité.

En effet, mardi je revenais de vacances et tout allait comme sur des roulettes au boulot.  J’avais une bonne journée de travail et je devais me rendre chez mes parents en fin de journée.  Tout était pour le mieux.  Concrètement, disons que la vie avait prévu autre chose pour ma soirée.

Pour faire une longue histoire courte, ma mère s’est retrouvée à l’hôpital le mardi soir et a pu revenir à la maison vendredi après-midi.  Nous sommes passés par toute la gamme des émotions étant donné l’évolution de son état.  Maintenant, elle récupère chez-elle et prend visiblement du mieux d’heures en heures :) .

Cette expérience est troublante (c’est le moins que l’on puisse dire!?).  En effet, chaque bloc de deux heures de visite aux soins intensifs de l’hôpital me semblait une journée complète pour deux raisons : d’abord, Maman prenait du mieux tellement rapidement qu’on pouvait penser que 24 heures s’étaient écoulées entre chaque bloc et parce que l’inquiétude entre deux bonnes nouvelles se lisait sur notre visage.  Heureusement, les bonnes nouvelles se succédaient et elle a pu obtenir son congé de l’hôpital vendredi après-midi.

Notez, maintenant tout est bien qui finit bien et Maman récupère dans ses affaires; mais si vous avez vécu une situation similaire, vous savez qu’il est difficile de passer à travers les journées tellement les scénarios se dessinent et se redessinent dans notre tête.  Ceci dit, il n’y a pas de honte à demander de l’aide.

Le service reçu à l’hôpital a été excellent.  Nous avons un système de santé à préserver, peu importe ce qu’en pense l’extrême droite : le service de soins intensifs a été extraordinaire et jamais nous ne pourrions nous payer ce service sans hypothéquer notre maison, assurances privées ou non.

Comprenez-moi bien : collectivement, nous avons plus de moyens que chacun de son bord.  La preuve? Facile : chaque personne a 2 $.  Un café coûte 6 $. Chaque personne seule ne peut pas se payer de café. Cependant, 3 personnes peuvent ensemble acheter un café et le partager en 3 parts égales. Conclusion : le partage est une valeur intéressante vous savez.

Notez, nous aurions encore plus d’argent collectivement si le Parti Libéral du Québec dirigé par John James Charest cessait de s’en mettre plein les poches et si le Québec était un pays indépendant.  Oui, je confirme : Maman va vraiment mieux ;) !

Écouter pour comprendre

On ne fait pas du neuf avec du vieux. Joli proverbe. Mais qu’est-ce que le neuf a invariablement de mieux que le vieux? Et vice versa.  L’expérience ça ne s’achète pas ça s’acquiert. En effet. Si l’expérience est une valeur ajoutée, pourquoi pas le vieux?  On jase là. Nous ne pouvons pas tout mettre dans le même panier : tout n’est pas blanc, tout n’est pas noir.

Le Parti Québécois (PQ) est porteur d’un projet de pays. Il a des plans pour l’immigration, la langue, l’économie, l’environnement et j’en passe. Il est là depuis un peu avant les années 70.  Il en a vues des duperies, plus choquantes les unes que les autres, faites par le gouvernement fédéral durant toutes ces années. Il a l’expérience et des députés de grandes valeurs.

J’échange souvent sur Twitter, petit médium absolument fantastique, pour lire assez souvent des phrases que nous pouvons résumer par "on n’écoute pas quand Marois parle", "Marois est dépassée, elle fait partie de la vieille garde".  Et ce, avant même que madame Marois n’ait prononcé un seul mot.  Dans mon article Un poste à combler, je tente d’illustrer une partie de ce que madame Marois a pu faire pour le Québec. Toute la compétence et l’expérience qu’elle transporte avec elle sont à rendre jaloux tous les petits nouveaux et même les moins nouveaux en politique.

Loin de moi l’idée de la défendre, je ne présente qu’une réalité que trop de journalistes/intervieweurs oublient et qui ne font que demander quand est-ce qu’elle partira.  Une demande si simple pour ces chers journalistes : au lieu de poser des questions sur la date de son départ, ça ne vous tente pas de lui en poser sur les points du projet de pays qu’elle propose avec le PQ?  On jase là.

Dans mon article Fédéralisme : un argumentaire à regarder, j’expose certains arguments souvent entendus de la part des pro-Canada et je tente de démontrer qu’ils ne tiennent pas la route.

Je demande à l’électorat d’écouter et de s’informer, la moindre des choses est que je le fasse aussi : j’ai invité des Fédéralistes à m’envoyer des arguments positifs, des bons points pour le Canada envers le Québec.  J’attends toujours des idées.  Lorsqu’ils viendront, nous écouterons et nous verrons si un Québec souverain peut offrir le même service, la même réalité.  Et ne me dites pas que "par habitude" est un argument pour rester dans le Canada, pitié.

Mon objectif ici fait appel à la responsabilité de l’électorat.  Je demande d’arrêter de consommer le sensationnalisme.  Je demande d’écouter les arguments pour le projet de pays du Québec.  Je demande de les comprendre et de les analyser à votre guise. 

Le PQ a beaucoup de pain sur la planche : présenter son programme en tant que parti au pouvoir dans une province et dans un pays du Québec.  Vous rendez-vous compte de l’ampleur de la tâche?  Relisez : en tant que province ET en tant que pays.  Je vous demande sincèrement d’y réfléchir plutôt que de demander la date d’expiration du PQ.  L’intérieur de ce parti bouillonne d’idées nouvelles et de débats animés.  Ce ne sont pas des chicanes, ce sont des débats d’idées.  Lorsque nous bâtissons un pays à partir d’une organisation existante, tout est nouveau. Par conséquent, toutes les suggestions demeurent bonnes à analyser et il en suit invariablement un choc des idées.

Attention : je ne demande pas d’être d’accord avec les idées du PQ, ni d’approuver ses démarches.  Je demande d’écouter, de s’informer, de réfléchir à la question et de voir ce qui cloche dans le projet de pays et toutes les autres idées du programme du PQ.  Sortez le programme, les rapports, les chiffres, les arguments fédéralistes : oui il y a la dette du Québec, mais il y a aussi ses actifs.  Imaginez ne plus envoyer un sous à Ottawa : toute votre TPS irait à Québec pour nos services ou bien en entier pour éponger la dette, qui sait?

Deux poids deux mesures : désinformation d’une crise

Comme vous le savez peut-être, j’aime garder un œil sur la façon dont le gouvernement dépense mon argent.  Je m’intéresse aux services que nous pouvons nous payer en tant que collectivité.  J’ai appris aussi qu’un gouvernement majoritaire est celui qui détient le pouvoir avec une majorité de sièges à l’Assemblée Nationale pour notre gouvernement provincial.  L’opposition officielle dans un gouvernement majoritaire demeure le second parti avec le plus grand nombre de sièges.

Présentement au Québec, le Parti Libéral du Québec (PLQ) est le gouvernement majoritaire et le Parti Québécois (PQ) est l’opposition officielle à l’Assemblée Nationale.  Les dépenses publiques demeurent donc administrées par le PLQ, et ce, depuis 8 ans. Je ne me trompe pas jusque là?  D’accord.

Au printemps, le PQ (opposition officielle) a vécu des démissions. J’en ai parlé dans d’autres textes :

http://marilenepilon.wordpress.com/2011/07/06/lorsquune-societe-se-cherche/

http://marilenepilon.wordpress.com/2011/07/10/politique-autrement-ah-oui/

http://marilenepilon.wordpress.com/2011/07/14/question-de-faits/

Vous constaterez que je dénonce les événements et le traitement de la nouvelle.  Aussi, les médias nous répétaient sur plusieurs jours ces événements qui ne sont que des départs volontaires d’un parti pour diverses raisons.

Ces départs, je répète et j’insiste, proviennent de l’opposition officielle : cette dernière "surveille" en quelque sorte la façon dont le gouvernement dépense et elle dénonce les magouilles, le favoritisme, les scandales, entre autres.

Aujourd’hui, Nathalie Normandeau du PLQ démissionne.  La numéro deux du gouvernement Charest a décidé de passer à autre chose.  Vous saviez qu’elle était parmi les favorites pour succéder à Charest la journée où il décidera de partir? Mais oui, elle était ministre pour gérer les gros dossiers controversés des gaz de schiste et du Plan Nord.  Les réseaux de télévision ont annoncé la nouvelle aux bulletins de ce soir.  Peut-être qu’il y aura des caricatures demain dans les journaux.  C’est tout.

Toujours au PLQ, en 2009, Monique Jérôme-Forget quitte son poste de ministre des finances.  Tony Tomassi quitte en mai 2010 au cœur du scandale des garderies.  La collusion dans la construction, qui scandaliserait n’importe qui, implique le PLQ.  La hausse des coûts du permis de conduire, des tarifs de garderie, du coût de l’électricité demeurent l’œuvre du PLQ.  Les réductions d’impôts de 5 milliards sont disparues du programme : vous n’aviez pas oublié ce bout-là j’espère?

La démission de Normandeau ne ravive pas tous ces événements, il n’y a pas de crise, pas de remise en question du chef du gouvernement, pas de conférences de presses par-dessus conférences de presses, pas de scandale, pas de dénonciation monstre, rien du tout.

Démission d’une ministre du gouvernement en place, administration cumulant les scandales et promesses rompues : un plouf dans l’eau.

Démissions de l’opposition officielle : un scandale faisant les manchettes pendant des semaines.

Je regarde le tout de l’extérieur et je n’y vois que deux poids deux mesures : face à un adversaire de taille, les agents de communication du PLQ ont monté en épingle les démissions au PQ de sorte que le Plan Nord, les gaz de schiste et les scandales du PLQ soient détournés de l’actualité.  J’espère qu’ils sont bien payés : ça marche.

Syndicats sur la sellette

Le congé férié de la fête du travail en ce lundi pluvieux dans mon coin de pays demeure un répit pour beaucoup d’entre nous avant la grande rentrée de l’automne.  Certains utilisent le titre de la journée pour parler des syndicats.  Quelle bonne idée.

Je réfléchis à la question et en revenant à la base, un syndicat demeure une organisation. Nous pouvons difficilement être pour ou contre une organisation. Ses actions peuvent cependant être discutables.  Loin de jouer sur les mots, je remets les idées en perspectives : tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc.  Une organisation et ses actions sont deux concepts très différents.

Historiquement, les conditions de travail de plusieurs employés étaient médiocres. Que dis-je, médiocres, inhumaines : les mineurs travaillaient 14-15 heures par jour et des horaires sur la construction étaient identiques.  Le dimanche était le jour de repos parce que les hommes travaillaient à l’extérieur 6 jours (72-80 heures par semaine) et les femmes restaient principalement à la maison pour les enfants, la nourriture, tenir la maison et j’en passe.

Avant les années 1950, les régimes de retraite privés n’existaient pas, le salaire minimum non plus et des assurances collectives étaient un produit en élaboration.  Les congés parentaux étaient de purs rêves et les congédiements abusifs restaient monnaie courante.  Des employeurs s’en mettaient plein les poches et des employés se battaient tant bien que mal pour joindre les deux bouts.

Aujourd’hui, les syndicats permettent la représentation d’un groupe d’individus afin de négocier avec un employeur parce qu’il serait difficile d’être 1 500 personnes dans un gymnase pour négocier des conditions de travail : on ne pourrait pas entendre toutes les idées de tout le monde.

Selon les domaines, les horaires sont un peu plus flexibles, certains avantages sociaux ont été obtenus à la suite de fortes négociations entre employeurs et employés comprenant des régimes de retraite, des assurances collectives, des assurances-vie.  Les employés ont droit à des vacances, des journées maladies et des congés mobiles payés.

Toutes ces améliorations coûtent chères.  Les syndicats ont été des outils pour obtenir ces privilèges.  Ces derniers font partie de la rémunération globale d’un employé : elle comprend le salaire, le régime de retraite, les congés, les assurances collectives, etc.  Par exemple, un employeur pourrait offrir 60 000 $ en salaire et un régime de retraite.  Un autre offrira 65 000 $ en salaire seulement.  Beaucoup préféreront avoir un régime de retraite.  Et croyez-moi, un régime de retraite est coûteux.

Malgré toutes ces nouveautés, les employeurs continuent de faire des profits.  Les syndicats ont essayé d’améliorer la répartition des richesses entre employeurs et employés. Du moins, c’était l’objectif au départ.

Toute règle a une (des?) exception(s?).  Plusieurs domaines, dont celui de la santé, obligent le travail la fin de semaine et la nuit : les gens ne sont pas malades de 9 à 5.  Les bénéficiaires dans les CHSLD ne prennent pas congé de soins ni de repas à Noël.  Cependant, les conditions de travail font en sorte que les employés peuvent y trouver leur compte : nous ne sommes pas tous faits pour travailler de jour.

Je suis consciente que beaucoup de chemin reste à faire dans les conditions de travail. Que des infirmiers/infirmières font des 24-36 heures en ligne, que des emplois n’offrent pas de régime de retraite ni d’assurances collectives.  Le syndicat peut être un bon intermédiaire, offrir un rapport de force, mais il n’est pas le seul moyen.

L’autre côté de la médaille reste l’abus, possible, de la part du syndicat.  Par exemple, toujours exiger une hausse de salaire de beaucoup supérieure à l’inflation, plus d’assurances collectives, plus de régime de retraite; mais sans pour autant que le produit/service offert par son entreprise coûte plus cher au consommateur.  Ultimement, l’employeur ne peut pas toujours payer des sommes exorbitantes, il en va de la survie de son entreprise.  Aussi, les slogans "prends ça à l’heure ne prends pas ça à cœur" auraient avantage à disparaître.

Du même côté de la médaille, il y a l’abus, possible, de la part des employeurs.  Par exemple, il refile la facture d’une hausse du coût de la masse salariale au consommateur alors qu’il sait très bien qu’il a une marge de profit de 35 %. Pourrait-il se contenter d’une marge de, disons, 29 %? Peut-être; on jase là.  Il refuse d’augmenter les salaires des employés alors que les patrons se promènent en limousines : ne pourraient-ils pas, peut-être, se contenter de belles grandes berlines? On jase toujours là.

Notez, je ne suis pas syndiquée et ne l’ai jamais été.  Je travaille dans la fonction publique municipale alors je côtoie tous les jours des employés syndiqués; principalement des cols blancs et des cols bleu : laissez-moi vous dire que la très grande majorité travaille très fort.

L’abus, qu’il soit d’un côté ou de l’autre, reste inacceptable.  Dans ma grande naïveté, j’espère encore que les employeurs n’exagéreront pas côté profits et que les employés n’exagéreront pas côté demandes.

Je persiste à penser que des employés heureux demeurent le plus grand atout à la réussite d’une entreprise.  Le tout ne se mesure pas uniquement à la piastre; heureusement.

En terminant, la richesse mondiale est mal répartie : un petit pourcentage de la planète détient la majorité des richesses.  Je suis d’accord.  Une bonne idée, peut-être, serait de commencer par une meilleure répartition chez-nous; chacun avec son bout de chemin à faire.