Élections Québec 2012 – le temps est venu

Et oui, le temps est venu d’élire le prochain gouvernement de la province de Québec. Je fais exprès d’utiliser le mot « province ». S’il vous choque, il nous suffit d’envoyer un gouvernement souverainiste fort à Québec aujourd’hui. Nous sommes devant trois partis souverainistes qui s’affichent de façon plus ou moins agressive sur les réseaux sociaux : le Parti Québécois, Québec Solidaire et Option Nationale. Je vise à vous rapprocher de la fontaine, mais je ne peux pas vous forcer à boire.

Les fédéralistes ont le beau jeu. En effet, ils n’ont qu’à se battre sur l’axe gauche-droite puisque le statu quo les avantage sur la question nationale. Les souverainistes ont la responsabilité de s’unir s’ils veulent un jour avoir le pays du Québec. Pour le moment, nous nous arrachons les cheveux pour des questions de « moi je ferais le pays de même », « moi j’aime mieux ça de même » en plus de nous obstiner sur l’axe gauche-droite. Cependant, à nous déchirer sur la méthode de faire notre pays nous perdons du temps et de l’énergie plutôt que les mettre sur Ottawa. Nous voulons partir du Canada. Je pense que nous nous entendons sur ça.

Par conséquent, pourquoi ne pas nous unir derrière un seul parti politique. Lequel me direz-vous. Pour le moment, le Parti Québécois demeure le plus expérimenté, le plus au courant de la façon de travailler à l’Assemblée Nationale et des rouages du gouvernement. De plus, il sait comment s’acharner sur Ottawa. Malgré tout, rien n’empêche de changer les méthodes et les approches du Parti Québécois.

Le problème des souverainistes à mon avis c’est de vouloir créer un parti politique. Pourquoi? Il y a du financement particulier pour un nouveau parti? C’est quoi l’idée : le statu quo avantage le fédéralisme, pourquoi les aider en fondant 150 partis politiques souverainistes. Je suggère plutôt qu’il y ait des mouvements ou des manifestations prônant des idées de gauche si le cœur vous en dit ou une nouvelle approche afin d’accéder enfin à la souveraineté si ça vous chante. Pourquoi créer un parti politique pour ça? Si votre député est péquiste, il est souverainiste à la base. Apportez-lui vos idées et faites-les monter jusqu’à Québec, jusqu’au chef du parti et ainsi de suite afin de faire évoluer les idées et ultimement changer le programme.

Tant que nous n’avons pas notre pays, nous avons avantage à faire évoluer les idées du Parti Québécois et ultimement à faire changer complètement son approche plutôt que de créer des partis qui divisent le vote. Nous le voyons clairement dans Gouin : Nicolas Girard contre Françoise David déchire les électeurs de ce comté et avec raison. Mais peut-être que ce député fera la différence entre un gouvernement majoritaire péquiste qui brassera la baraque à Ottawa et un gouvernement minoritaire qui nous plongera encore en élections dans 18 mois.

Je ne veux pas d’un seul parti, mais notre portrait politique avec un parti fédéraliste de droite, un parti fédéraliste de gauche et un parti souverainiste de centre reste suffisant. De cette façon, nous avons un porte parole politique pour la souveraineté que nous pouvons amener au pouvoir afin qu’il nous sorte d’Ottawa et nous déciderons avec l’aide de notre député de la façon dont nous procéderons. En nous unissant nous pouvons faire changer les approches.

Une fois souverain, nous déciderons si nous voulons être un pays à droite ou à gauche.

Image gracieuseté de Renart Léveillé

Le temps d’élire un gouvernement

Je me rendais au bureau de vote tout à l’heure et je réfléchissais au déroulement de la campagne, le vote des purs et durs, les indécis. Pour ma part, mon vote est dans la boîte.

Voyez-vous, le Québec n’est pas encore un pays. Je vous entends rire d’ici : c’est sûr qu’il ne l’est pas. Oui, mais ça ne semble pas être si évident pour tout le monde. Tous les partis souverainistes sont à gauche. Certains plus près du centre que les autres évidemment. Si nous présentons la souveraineté du Québec comme un projet de société prometteur, rentable, efficace : un référendum d’initiative populaire aura lieu rapidement. Un pays ça ne s’impose pas : ça se construit avec la majorité de la population. Si nous pouvons convaincre 50 % + 1 du Québec, le référendum aurait même lieu demain matin.

Pour travailler vers la souveraineté, nous avons la responsabilité d’envoyer une majorité de députés souverainistes à l’Assemblée Nationale. Si nous prenons une chance en votant un peu partout, nous risquons un gouvernement minoritaire péquiste avec trop peu de députés de Québec Solidaire et d’Option Nationale pour avoir un gouvernement de coalition sur la question nationale. Quoique Québec Solidaire a dit « l’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement ». Enfin, ces deux partis semblent quand même souverainistes si on se fie à leur programme.

Par conséquent, le gouvernement de coalition se ferait par le Parti Libéral du Québec et la Coalition Avenir Québec. Et là, mes chers étudiants, vous allez la payer votre hausse des frais. De plus, nous aurons la hausse presque immédiate des frais d’Hydro-Québec, les mises à pied massives, les batailles avec les syndicats, et j’en passe. Le gouvernement de coalition du Parti Libéral du Québec et de la Coalition Avenir Québec me donne froid dans le dos. Je n’ai pas envie d’un Québec en perpétuelles confrontations. Revivre le printemps dernier ne m’intéresse pas, surtout que ce n’est même pas encore terminé.

Pauline Marois a occupé 14 ministères. 14. Il y a des équipes entières qui ne peuvent même pas se vanter d’en avoir occupé un seul. Elle n’a pas besoin d’attendre des rapports de ses ministres : elle voit venir les écueils d’avance. Ce n’est pas juste moi qui le dis, Monique Jérôme-Forget aussi. Le Parti Québécois incluant madame Marois a dû prendre des décisions extrêmement difficiles. Parmi les valeurs profondes du Parti Québécois on trouve l’égalité des chances, l’égalité hommes-femmes et la justice sociale. Ce ne sont pas des valeurs exclusives aux partis plus à gauche.

L’équipe péquiste comporte des gens d’expérience, humains, compétents, profonds. J’ai rarement vu des candidats ayant autant à cœur le projet du pays du Québec. Ils ne sont pas en train de s’obstiner qu’ils sont plus souverainistes que les autres : ils présentent ce qu’ils veulent faire pour ne pas que les des hausses de taxes sur les profits des banques soient refilées sur les prêts octroyés à la classe moyenne. Ils réfléchissent pour trouver des solutions novatrices. Ils peuvent le faire dès maintenant parce qu’ils ont l’expérience et n’ont pas à apprendre comment l’Assemblée Nationale fonctionne : ils en connaissent les rouages.

Est-ce qu’on me demande d’aimer Madame Marois? Non. Est-ce qu’on me demande d’aller prendre un café avec les députés péquistes? Non. Est-ce qu’on me demande d’élire une balance de pouvoir? Non. Est-ce qu’on me demande d’élire l’opposition officielle? Non. On me demande de voter pour les compétences d’une équipe pour administrer le Québec en fonction de mes valeurs. Moi, je vote Parti Québécois.

Image par dszpiro

Pour en finir avec la droite politique

Si vous avez lu plusieurs de mes articles, vous savez que je suis clairement affichée comme péquiste souverainiste de gauche. Je suis persuadée que le partage équitable de la richesse passe par un État qui a de l’allure, soit par la gauche et un pays du Québec. À mon plus grand bonheur, j’ai lu le dernier livre de Jean-François Lisée : Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments publié chez Stanké. Ce petit livre est un bijou d’arguments pour faire de la droite la même chose qu’on fait avec le pain lorsqu’on a besoin de chapelure. Je vous présente quelques unes de ces idées et les preuves que la droite vous ment. Vous allez voir, c’est du bonbon.

La dette. À écouter la droite, nous sommes sur le bord du gouffre à côté de la Grèce. J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles juste à l’idée de vous parler de la dette brute et la dette nette. Lisée fait un parallèle avec une hypothèque personnelle. Si vous avez une hypothèque de 300 000 $ sur une maison de 20 000 $, votre banquier va vous rire en pleine face. Cependant, si votre hypothèque est de 300 000 $ et que votre maison en vaut 350 000 $, votre banquier continuera de vous appeler monsieur. Vous saisissez? L’exercice peut être fait avec la dette du Québec. La dette nette en pourcentage du PIB au Québec est de 45,1 %. Canada : 33,7 %. Oui, ils font mieux. Les États-Unis : 74,8 %, la Grèce : 124,8 %. J’adore ces chiffres. La moyenne des pays de l’OCDE : 62,6 %. En comparant les dettes nettes, nous faisons mieux que la moyenne de l’OCDE. Le livre présente tous les chiffres. La dette brute est énorme au Québec et demeure un problème important. Par contre, nous avons les moyens d’y remédier sans mettre la hache dans nos services, mais en apportant certaines mesures réalisables. Lisée apporte plusieurs suggestions dans son livre.

La péréquation. Le fameux 8 milliards de la droite : ils se trompent de chiffre. En réalité, nous contribuons directement 3 milliards de dollars sur ce 8 milliards par l’argent que nous envoyons à Ottawa. Par conséquent, le fameux chèque est en réalité de 5 milliards. De plus, pensez aux programmes fédéraux desquels nous n’avons pas besoin (F-35, les coûts exorbitants pour fêter la reine) : nous serions capable de trouver 5 milliards de dollars en ne finançant plus ces programmes. En arrêtant d’envoyer de l’argent à Ottawa, nous cessons de payer des fonctionnaires en double et de dilapider notre argent pour des programmes que nous ne voulons pas.

Charge fiscale. À écouter la droite, nous payons des impôts et des taxes à l’infini. Elle oublie cependant ce que nous obtenons en retour. Le charmant petit bouquin de Lisée explique tout pour que vous réalisiez la quantité importante de services que nous pouvons nous payer. Une famille de deux enfants reçoit plus en combinant les programmes canadiens et québécois qu’elle ne paye. Vous pouvez relire : une famille reçoit plus qu’elle ne paye.

Pour l’impôt des célibataires, ils restent à peine plus haut qu’au Canada (26 % contre 23 %) et qu’aux États-Unis (25 %). Calculez-le : si vous êtes célibataire et allez vivre aux États-Unis, vous aurez 1 % de plus de votre salaire dans vos poches. Mais oubliez les frais de scolarité et le coût de l’électricité peu élevés, l’assurance de la SAAQ, l’assurance-maladie, l’assurance-médicament. Avec 1 % de votre salaire en plus, pourriez-vous vous payer tout ça dans les écoles américaines et chez les assureurs privés? Vous comprenez maintenant pourquoi les Américains peuvent payer jusqu’à 10 000 $ de moins que nous pour certains véhicules automobiles? Ils n’ont pas les moyens de payer plus avec tous les coûts qu’ils doivent assumer alors qu’ici, c’est payé collectivement par nos impôts.

Le Québec a trop d’employés dans la fonction publique. Nous avons trop de fonctionnaires. Lisée souligne que beaucoup de travail accompli par les fonctionnaires provinciaux est fait par les fonctionnaires municipaux dans les autres provinces. Par conséquent, il a comparé le nombre de fonctionnaires provinciaux et municipaux en 2010 au Québec, en Ontario et a fait la moyenne canadienne. Tant qu’à faire le procès des fonctionnaires, embarquons les municipaux dans le calcul. Ces données sont compilées par Statistique Canada. Le résultat? Québec : 25 fonctionnaires pour 1 000 habitants; Ontario et la moyenne canadienne : 28 fonctionnaires pour 1 000 habitants. Je suis morte de rire.

Je n’ai présenté rapidement que 4 points sur les 15 arguments. Le bouquin de Jean-François Lisée se lit rapidement, les chiffres y sont tous présentés, tout est limpide. La société dans laquelle nous vivons vise l’égalité des chances, notre taux de crimes violents demeure bas. Pourquoi tout jeter par la fenêtre au lieu d’assainir les finances publiques?

Il demeure évident que nous avons beaucoup de pain sur la planche, mais nous pouvons être fiers de ce que nous sommes et constater que nous avons les moyens d’être maître chez-nous et de conserver nos services. Le ménage dans nos institutions publiques demeure nécessaire et chacun a ses responsabilités individuelles à prendre, mais ce n’est pas ce qu’on appelle la droite politique. La droite politique vise à réduire la taille de l’État pour laisser la loi du marché opérer. Dans une telle société, oubliez ça l’égalité des chances.

Nous avons un beau pays en devenir, social-démocrate, je vous invite fortement à lire Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments : il y a 11 autres arguments pour faire de la chapelure avec la droite. Éric Duhaime et Joanne Marcotte ont besoin de se lever à l’aurore pour tenter de convaincre des bienfaits de la droite. Qu’ils essayent et ils auront de la chapelure pour leurs tartes au noël des campeurs.

Image : Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments de Jean-François Lisée publié chez Stanké

Bâbord ou Tribord

Pour le capitaine d’un navire, il importe de savoir où est la gauche et la droite : bâbord c’est à gauche et tribord c’est à droite. Plusieurs ont déjà écrit sur les différences entre les deux idéologies et nous connaissons beaucoup de caractéristiques de l’une et de l’autre. Je vais essayer de les placer en continuité plutôt qu’en face à face. J’aime la contorsion intellectuelle.

Le Québec est une juridiction principalement de centre-gauche : l’État réussit, à l’aide des taxes et impôts, à partager une partie de la richesse de chacun pour le plus grand nombre, soit tout le monde. Aussi, il permet la libre entreprise, la pluralité des partis politiques, la liberté d’expression en la critique de ses dirigeants (oubliez ça chez l’extrême gauche communiste et ne me parlez pas qu’on brime la liberté d’expression avec la loi 78 : cette loi reste inapplicable et est une exception des Libéraux. Si vous n’en voulez plus, sortez-les de l’Assemblée Nationale comme je tente de le faire depuis 2003).

Comment certaines personnes peuvent privilégier basculer à droite sans se soucier des générations futures, des générations qui goûteraient à la droite dès la naissance. Si nous passons de l’autre côté aujourd’hui, les adultes qui ont bénéficié des études à un coût ridiculement bas, à des soins de santé gratuits pour les otites, bronchites, pneumonies, plâtres de leur enfance auraient le beurre et l’argent du beurre. Leur enfance étant terminé pour laquelle la société a payé pour tout ça, ils n’auront pas à payer en retour pour rembourser une partie de ces frais ni pour financer une partie des coûts qu’ils engendreront lorsqu’ils seront vieux et qu’ils auront des pontages. Là, ils voudront revenir à gauche?

En basculant à droite aujourd’hui, la personne âgée qui a payé ses impôts toute sa vie et qui se trouve à devoir payer une prime d’assurance privée exorbitante pour couvrir des frais médicaux advenant une crise cardiaque suivie d’un séjour d’une semaine à l’hôpital : elle se trouvera dans l’incapacité de payer l’assureur. Le risque est énorme et la compagnie d’assurances va charger le gros prix. Que faire dans ces situations? L’énergie dépensée par la droite pourrait être mise à contribution afin de rendre la gauche plus efficace. Ramons dans le même sens plutôt que de faire du surplace en tirant à bâbord et à tribord simultanément.

Nous sommes une société riche, très riche. Nos choix nous permettent de payer jusqu’à 10 000 $ de plus pour certains modèles de voitures par rapport aux États-Unis alors que les dollars sont au pair. Pourquoi? Parce que nous continuons d’acheter, tout simplement. La responsabilité individuelle n’est guère une valeur de droite : nous avons tous et chacun la responsabilité d’utiliser les services publics selon nos besoins sans en abuser.

Ceux qui nous cassent les oreilles avec la dette : que les Libéraux cessent de gonfler les prix des contrats et nous en aurons de l’argent pour la dette. Imaginez : même avec ces vols présentement nous conservons nos services. Alors l’argent économisé par l’attribution de contrats à valeur réelle ira pour la dette. Je vous règle ça moi un problème de dette.

Pour paraphraser monsieur Jean-François Lisée lors d’une entrevue à Tout le monde en parle : en cas de coup dur, la gauche va essayer de t’aider, c’est plus long, mais au moins, ça évite de laisser son monde dans la misère. Les coups durs dans une vie ne résultent pas toujours de conséquences d’actes irréfléchis. Et même si la population agit en écureuil et économise autant que faire se peut, qu’elle vit dans un appartement 3 pièces pour 5 personnes et qu’elle a une télévision en bois avec l’image en noir et blanc : si une maladie entraîne 50 000 $ de frais médicaux en 3 mois, ce n’est pas à coup d’économies mensuelles de 500 $ qu’elle arrivera à payer tout ça si rapidement.

Conclusion? Passer d’une société de centre-gauche à une société de droite avantage beaucoup trop la catégorie de gens qui la réclame : adultes, entrepreneurs, tout ceux qui ont déjà bénéficié des avantages de la gauche et qui ne sont pas assez malades physiquement pour avoir à payer des services privés pour des besoins qui surgiront dans 30 ans. J’ai rarement vu un adolescent ou un retraité vanter les mérites de la droite. C’est probablement inconscient, mais nous savons que nous sommes chanceux.

Image de Dubomatik

Jouons au ministre des finances

En ces temps de budgets fédéral et provincial, nous avons entendu toutes sortes de commentaires et d’analyses à leurs sujets : trop à droite, pas assez pour la classe moyenne, trop pour les entreprises, etc.

Je me suis dit : si nous sommes si bons pour tout critiquer, essayons de prendre la place du ministre des finances et faisons son boulot. C’est bien de dénoncer, mais il demeure encore mieux de proposer. Je vous invite à ajouter vos idées en commentaires au bas de cet article : il finira toujours par en sortir quelque chose.

Parlons des politiques provinciales avec les deux sujets de l’heure : la santé et l’éducation. Dans les années 80, les « boomers » étaient actifs au travail pour payer un système universel de santé et d’éducation. Quand il y a 10 enfants par famille, ça en fait du monde pour travailler et pour payer des taxes et des impôts. Nous pouvions nous payer des systèmes extraordinaires, mais aujourd’hui : il n’y a plus un chat.

Nous sommes confrontés à des choix : nous abandonnons nos systèmes pour le « chacun pour soi » proposé par la droite (je n’aime pas tellement ce choix) ou bien nous sauvons ce qui reste en usant d’imagination afin de trouver les sources de financement et de répartir les revenus de l’état en fonction de la réalité démographique et des coûts qui augmentent de façon exponentielle. Nous ne pouvons pas fonctionner sur le pilote automatique : nous nous dirigerions vers un cul-de-sac. Et ça, nous le savons tous.

Alors qu’est-ce qu’on fait? Admettons que nous augmentons les impôts des entreprises. Première réaction : excellente idée. Oui, mais, si nous les augmentons trop, lesdites entreprises fermeront leurs portes et iront s’établir ailleurs. Ceci entraînera des pertes d’emplois massives, une augmentation du chômage, une hausse des coûts de l’état et dans les cas dramatiques : faillites personnelles, crise économique. Alors, il y a un taux d’imposition compétitif à maintenir. Je ne connais pas la pratique à ce sujet, mais je sais que trop hausser les impôts entraînent un exode des entreprises. Admettons que nous les augmentons, mais que ça ne soit pas suffisant : que faisons-nous? Augmenter les impôts des riches? C’est aussi une bonne idée, tant que les riches ne soient pas assez riches pour aller s’établir ailleurs eux aussi : ils ont le budget pour se payer des fiscalistes afin d’économiser de l’impôt à outrance et même de ne carrément pas en payer.

Un autre outil est le principe d’utilisateur payeur : tu utilises, tu en paies un peu plus que les autres. Par exemple, je paie des taxes scolaires même si je n’ai pas d’enfant : j’accepte avec plaisir de le faire pour assurer une éducation aux enfants des autres. C’est parfait. Cependant, je me demande si les revenus sont toujours suffisants pour notre système. Il y a du gaspillage certainement qui doit être enrayé. Je suis tout à fait d’accord. Mais si malgré ce ménage il y a quand même un manque à gagner de 10 $ par étudiant par session, ben, je serais d’avis d’aller le chercher dans les poches des utilisateurs du service. Si les frais augmentent trop, les étudiants iront ailleurs. Malheureusement, je me demande bien si un 20 000 $ par session aux États-Unis soit si tentant que ça. L’idée est de procéder au ménage dans le financement des universités, mais si malgré tout il en manque : il faut aller le chercher quelque part.

Pour le système de santé, je suis tout à fait d’accord pour un ticket-modérateur. Oh que je vais me faire lancer des pierres. Et oui : la population vieillit et requerra de plus en plus de soin. Je pense que le ticket-modérateur fera sortir les rhumes ridicules ou les bleus sur le front des urgences pour laisser la place à ceux qui ont réellement besoin de soins. Un ticket-modérateur c’est 5 $. Laissez tomber un café pour vous faire soigner. Je souhaite donc conserver notre système universel malgré le vieillissement de la population, le nombre de contribuables toujours sur la descente et l’augmentation astronomique des coûts des médicaments et d’exploitation des hôpitaux. Ce n’est qu’une idée, mais je la trouve intéressante.

Alors allez-y : c’est à votre tour de vous laisser parler de finances publiques!

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

Quand le politique délire

Deux cas de "qu’est-ce que c’est que ça" ont tourmenté mon cerveau cette semaine : le Parti Conservateur du Québec (PCQ) via un article dans L’Actualité du 15 mars et le retour possible des démissionnaires du Parti Québécois (PQ), du moins pour Curzi, au parti duquel ils ont claqué la porte il y a moins d’un an. Sur le coup, je me suis dit : mais non, je rêve. Quand j’ai repris connaissance ;) , je me suis sincèrement demandé où s’en va le Québec. J’admets que le PCQ et les réflexions de Curzi ne sont qu’une goutte d’eau dans l’univers politique québécois. C’est plus fort que moi : je m’arrête à ces petits trucs qui deviennent souvent grands.

D’abord le PCQ. Sincèrement, je ne sais pas ce que la droite a de si attirante. J’en ai parlé un peu dans Retour aux sources, mais j’ai l’impression que ce n’est pas assez pour qu’elle comprenne qu’au Québec, nous ne sommes pas attirés par une société avec l’état réduit au minimum. Pour vivre à droite il existe l’Alberta, pas le Québec. Plusieurs Québécois qui auront plus d’argent disponible ne l’économiseront pas. Ils vont le dépenser et quand un coup dur arrivera ils seront démunis. Ensuite, même si l’état coupe massivement dans les services et subventions, nous redonnera-t-il en impôts et taxes ce que nous payions pour financer lesdits services et subventions? J’en doute : la dette est tellement monstrueuse. Alors nous continuerions à payer autant sans service en échange; belle approche, sincèrement. Je suis cynique parfois.

Un autre exemple simple que le chacun pour soi de la droite demeure plus faible que la force de la gauche : je vous présente trois personnes. Chacune a 2 $ dans ses poches et a le goût de se payer un bon café latté extra crème fouettée grand format. Ledit café coûte 6 $. Ces trois personnes ne peuvent pas, individuellement, se payer ce café. Pour la droite : que chacun s’en passe. Pour la gauche : mettons tous nos 2 $ ensemble et nous pouvons nous en payer un. Nous le partagerons et pour notre 2 $ nous aurons chacun 1/3 de café. C’est la même chose pour tout le reste. Responsabiliser les gens à épargner demande énormément de temps, mais je persiste et je signe : la force de la communauté de la gauche écrase l’individualisme de la droite.

Tant qu’à réfléchir, poursuivons avec notre charmant Pierre Curzi : député indépendant de Borduas élu sous la bannière du PQ ayant claqué la porte dudit PQ, on s’en souvient. Il songe maintenant à un retour possible au PQ. Soit dit en passant, Lisette Lapointe y pense aussi. Ces deux députés n’excluent rien. Là, vraiment, j’espère ne pas être la seule à me poser des questions, tellement que j’en perds mon latin.

Attendez, la soi-disant crise au PQ a débuté par la démission de trois députés, Beaudoin, Curzi et Lapointe. Le PQ était alors dirigé, apparemment, par une dictatrice impitoyable qui force la ligne de parti et qui agit de manière opposée à l’éthique politique de Curzi et que ce dernier ne pouvait même plus se regarder dans le miroir. Je n’ai pas la berlue ni rien inventé : il ne pouvait plus se regarder dans le miroir et se sentait obligé de sortir du PQ; on l’a assez entendu en boucle dans les médias ce fichu miroir. Et là c’est la crise au PQ : la dégringolade dans les sondages, Pauline Marois ne passe pas, on ne sait pas pourquoi, on n’a pas de raison, mais elle ne passe pas. Ça quitte le PQ, déchire ses cartes de membres. Curzi multiplie les apparitions publiques et les entrevues parlant de politique autrement, de cette guerre entre les rouges et les bleus qui doit cesser afin que l’Assemblée Nationale travaille ensemble pour faire avancer le Québec. Je n’invente rien.

Et tout d’un coup, huit mois après toutes ces entrevues; après toute l’énergie monumentale perdue au PQ à se défendre plutôt que de promouvoir la souveraineté, le PQ serait le meilleur parti, peut-être, pour lequel ces mêmes députés se représenteraient aux prochaines élections. Ils rient de qui là.

Je n’ai rien contre le fait de changer d’idée. Nous avons tous le droit à l’erreur, soit. J’ai un problème lorsque ces changements d’idée ralentissent le mouvement de la souveraineté du Québec pour absolument rien. J’ai été personnellement impliquées dans plusieurs discussions après la venue d’Option Nationale, le départ des députés, la soi-disant crise au PQ. Et, au final, toute cette énergie a été dépensée pour rien : plusieurs reviennent au PQ, même les démissionnaires y songent. Quelle farce.

L’expérience, la profondeur, la force et la machine péquistes ne peuvent pas être systématiquement mises de côté. À un moment donné, la compétence paie. C’est long, c’est ardu, oui, ça l’est plus que lorsque nous avons les bons contacts placés aux bons endroits. Par contre, la solidité de la confiance et de la compétence reste plus importante lorsque nous atteignons nos buts par travail plutôt que par faveur.

Qu’ils reviennent au PQ avec plaisir autant pour moi que pour eux. J’aimerais que ce retour, s’il s’avère, soit précédé d’excuses publiques : il y a des conséquences aux gestes que nous posons.

Original de l’image.

Retour aux sources

Il y a environ 6 mois, j’écrivais Écouter pour comprendre. J’y lance un appel à l’écoute de l’argumentaire péquiste; pas à son approbation : à son écoute seulement. En effet, les médias ont tenté de profiter des discussions musclées au sein du Parti Québécois afin de le dépeindre comme un cristal éclatant en mille morceaux. Aussi, le procès de Marois prenait des proportions grotesques voire ridicules. Quand l’argument s’arrête à "projet de loi 204 (amphithéâtre de Québec)" et "elle ne rassemble pas la population", j’avoue qu’on a vu pire ailleurs. Évidemment, les médias se font un plaisir de poser n’importe quelle question : "surnommer Marois la dame de béton, avec nos infrastructures, ce n’est pas nécessairement flatteur?" Franchement et sincèrement, si c’est ça être journaliste : ce n’est pas fort. Posez donc des questions sur les programmes pour informer la population au lieu d’essayer d’être drôle ou de trouver LA phrase qui fera les bulletins de nouvelles.

Aussi, je revendique la responsabilité individuelle au sein du groupe. Autrement dit, faisons ce que nous avons à faire afin que ça ne soit pas toujours les mêmes qui payent pour tout, en l’occurrence, la classe moyenne. Cette tranche de la société reste surtaxée parce qu’elle n’a pas les moyens d’aller ailleurs. Si vous surtaxez les riches, ils s’établiront ailleurs, là où ils paieront peu d’impôt parce qu’ils ont les reins solides pour partir. Je n’ai pas de solution miracle. Je peux simplement travailler du mieux que je peux, payer les taxes et impôts qu’on me demande pour que l’état assure des services en échange : hôpitaux, écoles, déneigement, pompiers, policiers, lampadaires, réfections des rues étant donné notre charmant climat, etc. Si mon argent sert à payer ces services, ça me va. S’il sert plutôt à graisser la patte de certains gros bonnets de la construction ou des amis des députés, ça ne me va pas du tout. L’honnêteté, la compétence, le soucis du travail bien fait demeurent payants. Ils permettent de percer et de grimper les échelons : oui, c’est plus long que via des contacts; mais tellement plus solide et valorisant. La responsabilité individuelle demeure importante à mon avis et ce n’est pas une valeur de droite ni de gauche, soit dit en passant. Il s’agit simplement d’accomplir ce que chacun a à faire et de ne pas se mettre la tête dans le sable; faute de se la mettre dans l’autruche comme dirait l’autre.

Depuis peu, j’ai remarqué que quelques personnes étaient revenues au PQ après une courte lune de miel avec Option Nationale, Québec Solidaire ou même avec la Coalition Avenir Québec (même si les valeurs de cette dernières sont diamétralement opposées à celles du PQ. Je ne l’ai toujours pas comprise celle-là). L’expérience et la profondeur du PQ ne peuvent être mises de côté indéfiniment. Peut-être que certaines gens ont réfléchi aux options offertes et arrivent à la conclusion que, tant qu’à réinventer la roue, profitons du moment avec les Conservateurs à Ottawa pour promouvoir la souveraineté en ramant tous dans le même sens, en ayant un seul messager d’expérience, une grosse machine et les moyens de ses ambitions. Peut-être que l’attrait de la nouveauté est terminé pour Legault et que le modèle de droite proposé ne répond pas aux valeurs ni à l’idéal de société voulus par une majorité de l’électorat. La bulle dégonfle tranquillement, peut-être qu’elle deviendra marginale.

Je n’ai pas quitté le PQ. Je n’en suis pas membre parce que je ne peux pas militer comme je le voudrais, mais je voterai pour mon député sortant, certainement. Le PQ met l’accent sur mes valeurs qui sont profondément de gauche : je privilégie un partage équitable de la richesse. Équitable ne signifie pas "égal". Équitable, pour moi, signifie que la collectivité assure un filet social afin d’aider, temporairement, un coup dur sur la tête d’un individu et elle assure un minimum de services. Il existe différentes façons d’y arriver et c’est le modèle de société, au global, que je souhaite pour le Québec : amortissons certains chocs de vie avec l’aide du groupe plutôt que chacun dans son coin à mourir si la vie a décidé de mettre un énorme obstacle sur notre route.

Et entre vous et moi, même si les multimillionnaires avaient des toilettes en or, ils n’y feront pas autre chose que ce qu’ils font déjà dans une toilette en porcelaine. Par conséquent, la différence de coût pourrait aider, pour quelques semaines, une famille dont le père vient de perdre son emploi. Je ne dis pas de nous saigner à blanc pour payer la bière d’un mollusque apte à travailler. Je nous souhaite une prise de conscience et de responsabilités afin que notre société tourne mieux : il y en a de l’argent pour assurer des services et des valeurs de gauche, il suffit d’un peu de travail, d’intégrité et de responsabilités.

On peut voir l’original de la photo ici.

Réponse à Jean Allaire

Les rédacteurs du Globe connaissent très bien mes goûts en matière de politique. Ils ont porté à mon attention l’article de Jean Allaire paru dans Le Devoir du 7 janvier 2012 intitulé Fusion ADQ et CAQ – Pour un Québec plus riche et plus équitable. J’ai donc décidé d’y répondre avec le plus grand des plaisirs.

D’abord, il est vrai que le Québec est divisé. La population du Québec est constituée de toutes sortes de monde et les divergences d’opinions demeurent et demeureront. Nous essayons de bâtir un modèle de société qui contentera le plus grand nombre, faute de contenter chaque individu. Je suis profondément de gauche, sans pour autant dénigrer la droite. Je prône la responsabilité individuelle, mais je trouve que ce n’est pas une valeur de gauche ou de droite, c’est simplement le gros bon sens : prendre ses responsabilités.

Ceci dit, à mon avis, la souveraineté reste dans le sens des intérêts du Québec, l’intérêt de la collectivité. Nous rapatrions tous les pouvoirs du fédéral à Québec; tous les impôts, toutes les taxes iront à Québec. La souveraineté n’est pas une idée en l’air, elle est un projet de société promu par les Québecois pour les Québécois. Le projet de société proposé par les souverainistes ne cadre pas dans la fédération canadienne centralisatrice à l’extrême; alors, le Québec s’en va pour se réaliser.

La question constitutionnelle n’est pas une "chicane" ou une "division". Elle fait partie de l’environnement politique Québécois comme il est nécessaire de respirer pour vivre : elle est intrinsèque à notre société. Que l’on soit d’un côté de la clôture ou de l’autre, la question nationale ne pourra jamais être mise de côté. Le fédéralisme n’a pas encore réussi à convaincre de sa pertinence. Il a simplement le beau jeu parce que le statu quo reste en sa faveur. De plus, le gouvernement fédéral majoritaire conservateur a 5 sièges au Québec : c’est bien pour dire que nous n’avons rien en commun avec le reste du Canada.

Pourquoi les fédéralistes ne se rangent-ils pas du côté des souverainistes. Pourquoi l’appel aux concessions se fait toujours envers les souverainistes. Si je donne une si grande place à la question nationale, ce n’est pas pour oublier la santé ni l’éducation : tout ces sujets sont connexes. Mes priorités sont toutes teintées de la souveraineté parce qu’elle nous permettrait de ne plus dépendre du fédéral. Nous serions responsables, enfin, de nos choix, notre projet, nos ambitions sans être coincés dans un pays qui ne nous ressemble en rien : nous  n’avons pas la même langue, la même culture, les mêmes institutions, les mêmes lois civiles. Par conséquent, je trouve que le pays du Québec n’a pas à être dans une liste de priorités, mais a à teinter toutes les politiques du Québec.

Les manchettes pourront parler de santé et d’éducation, mais les autres ministères, en attendant, continuent de travailler. Par conséquent, même si la constitution n’a pas les gros titres, elle peut teinter toutes les idées amenées par les autres ministères pour régler les problèmes du Québec. Administrer un gouvernement n’est pas lister des priorités comme une liste d’épicerie : tous les dossiers avancent en même temps. Peu importe ce que les médias en diront, le projet avance; d’où l’importance d’avoir toute une équipe pour y parvenir.

J’ai autant de "gros bon sens" qu’un autre et je ne pense pas que le fédéralisme soit la solution. Alors non, je ne mettrai pas la souveraineté au rancart : elle peut représenter un projet de société digne des Québécois sans nous empêcher de travailler pour la santé, l’éducation, l’environnement, les aînés.

L’original de la photo est ici.

Quand tous veulent notre bien

Je réfléchis beaucoup.  C’est dans ma nature.  Alors je ne peux m’empêcher de réfléchir lorsque je vois le sensationnalisme des nouvelles, les altercations entre politiciens et journalistes, les débats vides de sens sur Twitter dignes des cours d’école d’enfants de 5 ans et pire : les observateurs qui les croient.

Je suis revenue à la base.  Dans toutes ces folies politiques, journalistiques et citoyennes, ultimement, tous veulent être bien. N’est-ce pas?  À moins d’être masochiste, état d’être plutôt marginal avouons-le, comment est-il possible d’avoir le même objectif avec des idées si différentes.

Par exemple, sur le plan politique fédéral avec les Conservateurs de Harper par opposition aux Bloquistes/Ennepédéistes/Libéraux, les différences sont flagrantes : les premiers priorisent la défense nationale, la privatisation, les assurances privées, etc.  Si nous regardons les seconds, ah là, il y a plus de paix dans le monde, des pensions gouvernementales et un système d’assurance santé universel.  Évidemment, je repousse aux extrêmes, mais les tendances de la droite par opposition à celles de la gauche restent des chemins différents pour ultimement, je l’espère, assurer le bien des Canadiens.

Je comprends que nous n’avons pas tous le même bien.  Par exemple, le français est extrêmement important au Québec, au Nouveau-Brunswick, dans certaines communautés de l’Ontario et du Manitoba et quelques marginaux dans d’autres provinces.  Est-ce qu’on s’entend pour dire que beaucoup de Canadiens n’en ont rien à faire du français?  Malheureusement pour eux, ils sont obligés de faire avec nous : nous sommes toujours canadiens. Qu’ils nous mettent dehors s’ils ne veulent plus de français : ils seront bien et nous aussi.

Au Québec, il y a la souveraineté ou le fédéralisme.  Tout le monde veut notre bien.  Je suis du groupe des indépendantistes.  Dans différents articles, je dénonce les pratiques douteuses du Canada envers le Québec, il y en a tout un tas.  Mon invitation tient toujours pour connaître les arguments fédéralistes.  J’attends de les lire.

Ils veulent tous notre bien, alors je me demande pourquoi la définition du projet dans le Canada tarde à se présenter.  Le Canada a quoi… 144 ans depuis 1867?  Ils ont eu le temps de se brancher.  Rester au Canada ne signifie pas le statu quo, ça signifie un projet de société dans le Canada.  Alors?  Je pense qu’il est impossible ce projet-là, prouvez-moi que je suis dans le champ……… gauche.  J’attends.

Dans une société, il y a des forts, des moyens et des faibles.  Nous ne pouvons pas tous être des docteurs en physique nucléaire, une chance, parce que nous aurions de la misère à faire réparer nos voitures.  Il n’y a pas de gens "meilleurs" que d’autres, nous sommes tous différents et nous devons faire les uns avec les autres et nous avons tous besoin des uns et des autres.

Alors, pour les principes de la droite d’utilisateur payeur à l’urgence par exemple, c’est bien intéressant : tu utilises, donc tu payes.  Je suis bien d’accord. Cependant, comment fait-on avec des gens qui gagnent 25 000 $ par année pour leur demander de payer          1 000 $ pour une visite de 24h à l’urgence.  Je suis désolée, mais ça ne fonctionne pas.  Alors, comment ça se passe dans une société de droite?  Tu meurs?  Tu hypothèques ta maison?  Les assureurs privés sont des compagnies à but lucratif.  Par contre, l’état assure normalement les services au prix coûtant, il n’a pas à faire de profit pour ses actionnaires.  S’il fait des gains en capital, tant mieux, il nous les refile s’il n’a pas d’amis dans la construction (!).

D’un autre côté, est-ce qu’il n’y a pas un moyen, collectif, de pouvoir assurer un service de santé à tous, sans exception, à un coût selon les moyens de chacun?  C’est le modèle que le Québec a choisi.  Comme dans tout système, rien n’est parfait.  Par contre, si on a besoin d’un service, on l’a; et le coût a été réparti sur les années de taxes et impôts que nous payons.  Notez, si les contribuables ont davantage d’argent dans leurs poches parce que l’état n’assure plus de services, ils n’en mettront pas de côté pour leurs besoins potentiels en santé.  Et quand ils en auront besoin, ils vont hurler que l’état ne paye pas. On va faire quoi?  Les laisser mourir?

J’ai deux objectifs : d’abord j’aimerais que nous poussions notre réflexion aux idées de la gauche et de la droite pour voir où nous pouvons nous rejoindre sans oublier personne.  Ensuite, regarder les avantages de rester dans le Canada et voir si nous pouvons avoir la même chose dans un Québec souverain.

J’ai parlé ici du domaine de la santé, mais l’exercice est possible partout : l’éducation, l’environnement, l’emploi, le traitement des aînés, les relations internationales, etc.  Je trouve qu’il est important de savoir échanger et profiter des idées de tous.  Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc.  Et savoir débattre est un art : pas donné à tout le monde non plus.

Je me dis que nos décideurs veulent tous notre bien, peut-être que le bien de certains demeure plus important que celui des autres finalement.

Syndicats sur la sellette

Le congé férié de la fête du travail en ce lundi pluvieux dans mon coin de pays demeure un répit pour beaucoup d’entre nous avant la grande rentrée de l’automne.  Certains utilisent le titre de la journée pour parler des syndicats.  Quelle bonne idée.

Je réfléchis à la question et en revenant à la base, un syndicat demeure une organisation. Nous pouvons difficilement être pour ou contre une organisation. Ses actions peuvent cependant être discutables.  Loin de jouer sur les mots, je remets les idées en perspectives : tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc.  Une organisation et ses actions sont deux concepts très différents.

Historiquement, les conditions de travail de plusieurs employés étaient médiocres. Que dis-je, médiocres, inhumaines : les mineurs travaillaient 14-15 heures par jour et des horaires sur la construction étaient identiques.  Le dimanche était le jour de repos parce que les hommes travaillaient à l’extérieur 6 jours (72-80 heures par semaine) et les femmes restaient principalement à la maison pour les enfants, la nourriture, tenir la maison et j’en passe.

Avant les années 1950, les régimes de retraite privés n’existaient pas, le salaire minimum non plus et des assurances collectives étaient un produit en élaboration.  Les congés parentaux étaient de purs rêves et les congédiements abusifs restaient monnaie courante.  Des employeurs s’en mettaient plein les poches et des employés se battaient tant bien que mal pour joindre les deux bouts.

Aujourd’hui, les syndicats permettent la représentation d’un groupe d’individus afin de négocier avec un employeur parce qu’il serait difficile d’être 1 500 personnes dans un gymnase pour négocier des conditions de travail : on ne pourrait pas entendre toutes les idées de tout le monde.

Selon les domaines, les horaires sont un peu plus flexibles, certains avantages sociaux ont été obtenus à la suite de fortes négociations entre employeurs et employés comprenant des régimes de retraite, des assurances collectives, des assurances-vie.  Les employés ont droit à des vacances, des journées maladies et des congés mobiles payés.

Toutes ces améliorations coûtent chères.  Les syndicats ont été des outils pour obtenir ces privilèges.  Ces derniers font partie de la rémunération globale d’un employé : elle comprend le salaire, le régime de retraite, les congés, les assurances collectives, etc.  Par exemple, un employeur pourrait offrir 60 000 $ en salaire et un régime de retraite.  Un autre offrira 65 000 $ en salaire seulement.  Beaucoup préféreront avoir un régime de retraite.  Et croyez-moi, un régime de retraite est coûteux.

Malgré toutes ces nouveautés, les employeurs continuent de faire des profits.  Les syndicats ont essayé d’améliorer la répartition des richesses entre employeurs et employés. Du moins, c’était l’objectif au départ.

Toute règle a une (des?) exception(s?).  Plusieurs domaines, dont celui de la santé, obligent le travail la fin de semaine et la nuit : les gens ne sont pas malades de 9 à 5.  Les bénéficiaires dans les CHSLD ne prennent pas congé de soins ni de repas à Noël.  Cependant, les conditions de travail font en sorte que les employés peuvent y trouver leur compte : nous ne sommes pas tous faits pour travailler de jour.

Je suis consciente que beaucoup de chemin reste à faire dans les conditions de travail. Que des infirmiers/infirmières font des 24-36 heures en ligne, que des emplois n’offrent pas de régime de retraite ni d’assurances collectives.  Le syndicat peut être un bon intermédiaire, offrir un rapport de force, mais il n’est pas le seul moyen.

L’autre côté de la médaille reste l’abus, possible, de la part du syndicat.  Par exemple, toujours exiger une hausse de salaire de beaucoup supérieure à l’inflation, plus d’assurances collectives, plus de régime de retraite; mais sans pour autant que le produit/service offert par son entreprise coûte plus cher au consommateur.  Ultimement, l’employeur ne peut pas toujours payer des sommes exorbitantes, il en va de la survie de son entreprise.  Aussi, les slogans "prends ça à l’heure ne prends pas ça à cœur" auraient avantage à disparaître.

Du même côté de la médaille, il y a l’abus, possible, de la part des employeurs.  Par exemple, il refile la facture d’une hausse du coût de la masse salariale au consommateur alors qu’il sait très bien qu’il a une marge de profit de 35 %. Pourrait-il se contenter d’une marge de, disons, 29 %? Peut-être; on jase là.  Il refuse d’augmenter les salaires des employés alors que les patrons se promènent en limousines : ne pourraient-ils pas, peut-être, se contenter de belles grandes berlines? On jase toujours là.

Notez, je ne suis pas syndiquée et ne l’ai jamais été.  Je travaille dans la fonction publique municipale alors je côtoie tous les jours des employés syndiqués; principalement des cols blancs et des cols bleu : laissez-moi vous dire que la très grande majorité travaille très fort.

L’abus, qu’il soit d’un côté ou de l’autre, reste inacceptable.  Dans ma grande naïveté, j’espère encore que les employeurs n’exagéreront pas côté profits et que les employés n’exagéreront pas côté demandes.

Je persiste à penser que des employés heureux demeurent le plus grand atout à la réussite d’une entreprise.  Le tout ne se mesure pas uniquement à la piastre; heureusement.

En terminant, la richesse mondiale est mal répartie : un petit pourcentage de la planète détient la majorité des richesses.  Je suis d’accord.  Une bonne idée, peut-être, serait de commencer par une meilleure répartition chez-nous; chacun avec son bout de chemin à faire.