La Saint-Jean-Baptiste, fête nationale des Québécois. Que j’aime cette fête. Nous sommes au début de l’été, Mère Nature se pare de ses plus beaux atours verdoyants pour nous faire danser et chanter sur la musique de chez-nous.
Chez-nous. À chaque année, je me demande où il s’en va notre chez-nous. Au fur et à mesure que les journées s’éloignent du 24 juin, toute la ferveur nationaliste semble s’éteindre dans le cœur de beaucoup trop de Québécois. Elle s’en va à la même vitesse à laquelle elle nous prend le 23 juin au soir jusqu’au 25 au matin. Beaucoup trop sont éphémères dans leurs convictions. Les projets de société allument jusqu’à ce que la nouveauté s’estompe et que les médias n’en parlent plus. Les projets de sociétés et les convictions restent ce qui nous constituent : ce n’est pas une histoire de cote d’écoute.
Je me demande si nous allons un jour nous rendre compte de toute la richesse physique et populaire du Québec. Nous sommes un coin bleu d’un pays rouge dans lequel nous n’avons plus rien à obtenir. Plus rien. Tous ce que nous envoyons à Ottawa nous n’avons qu’à l’envoyer à Québec afin de nous offrir des services en accord avec nos valeurs de partage équitable de la richesse.
Je me plais à penser que nous serons fiers de nous, que nous apprendrons à cesser de nous prendre pour des dépendants. Nous avons des talents immenses, nous faisons des miracles avec rien, notre créativité demeure époustouflante et au lieu de nous afficher, nous nous cachons, pensant que nous gonflons notre orgueil, c’est péché.
Oui, à chaque année, chaque 24 juin, chaque Saint-Jean-Baptiste, je me souhaite bonne fête. Je me dis qu’un jour notre fête nationale sera une fête Nationale avec un grand "N" pour célébrer notre pays, notre chez-nous.
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