
Quiconque suivant un peu les nouvelles connaît maintenant Newtown au Connecticut. Vingt-sept personnes ont trouvé la mort dans une école, incluant le tueur. Vingt enfants ont quitté ce monde avant même d’avoir pu goûter à tout ce qu’offre la vie. Six membres du personnel n’auront pas vu le soleil se coucher cette journée-là. Le tueur, un adolescent de 20 ans, a décidé de mettre fin à ses jours dans un incompréhensible coup d’éclat noir.
Je ne comprends pas cette folie. Je ne diminuerai jamais la douleur que quelqu’un peut ressentir, mais comment peut-il en arriver à planifier un tel carnage? Je sais que l’humain demeure capable des pires atrocités et cet événement ne fournit qu’une malheureuse preuve supplémentaire. Cette tragédie s’ajoute à la trop longue liste des meurtres de masse aux États-Unis.
Le 2e amendement de la Constitution américaine adopté en 1791 garantit le droit à tout États-Unien de porter une arme. Soit, c’était valable dans le temps où chaque citoyen pouvait être appelé à combattre pour son pays, à l’époque où la milice était populaire. Malheureusement, plusieurs États-Uniens ont oublié ce contexte. Ce lavage de cerveau encouragé par la National Rifle Association (NRA) existe et persiste simplement parce qu’il y a une piastre à faire. Et une très très très grosse piastre.
Le gouvernement de Barack Obama commence à montrer une certaine ouverture à légiférer sur l’accessibilité aux armes automatiques. Une partie de la population montre aussi cette ouverture. L’objectif demeure de ne pas toucher au sacro-saint droit au port d’arme, mais d’au moins contrôler le type d’arme.
Les réactions à la suite de la tuerie de Newtown restent diamétralement opposées : soit on veut carrément limiter le port d’arme, soit on s’équipe encore plus pour supposément se protéger. Et ceux qui prônent l’armement massif demeurent très campés dans leur position : tu ne leur enlèves pas leurs armes. Ils prétendent se défendre plutôt que de voir qu’ils encouragent des bombes à retardement. Encore plus consternant, la vente de sac à dos pare-balle a explosé depuis l’hécatombe de Newtown. Ce n’est pas une blague. Ces objets existent et se vendent.
Cette frénésie des armes semble ancrée dans leur culture et presque dans leurs gènes. En parallèle, c’est comme si je vous disais qu’à partir de demain, la langue obligatoire, officielle et d’usage du Québec devient le japonais et gare à celui qui s’échappe et parle français. Vous me ririez en pleine face. Et bien les États-Uniens font la même chose pour le port d’arme.
Changer la relation que peut avoir un pays entier comme les États-Unis avec le port d’arme demande du temps. Pour nous, une réglementation semble d’une évidence indescriptible, mais pas pour une grande partie des États-Uniens. Je souhaite profondément que le décès de ces enfants ne soit pas vain et fera tellement mal aux cœurs des États-Uniens qu’ils auront le choc suffisamment grand pour amorcer le changement majeur de leur vision d’un monde armé.
Le coup de barre est donné, mais c’est un paquebot plus gros que l’Oasis of the Seas qu’il importe de bouger sur un dix sous.
(Image par ToastyKen)








