Réécriture de la Charte des droits et libertés de la personne

Mon père a déjà demandé à des étudiants de réécrire la fameuse Charte des droits et libertés de la personne en Charte des devoirs et libertés de la personne. J’ai eu le goût de l’essayer. L’objectif était de changer l’angle d’approche devant des droits (un dû sans rien faire) pour des devoirs (une responsabilité active). Je fais confiance au lecteur pour ouvrir son esprit devant cette perspective nouvelle afin d’en faire des rapprochements avec des abus trop fréquents au nom de tous les droits : pensez à la religion, au politique, aux traditions. Évidemment, je ne l’ai pas fait pour la charte au complet : plus de 130 articles. Je veux m’amuser, mais si ça vous dit, poursuivez l’oeuvre. Vous êtes prêts? On y va!

CHARTE DES DEVOIRS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE

CONSIDÉRANT que tout être humain possède des devoirs et libertés intrinsèques, destinés à contribuer à assurer sa protection et son épanouissement;

Considérant que tous les êtres humains sont égaux en valeur et en dignité et ont le devoir de respecter la loi;

Considérant que le respect de la dignité de l’être humain, l’égalité entre les femmes et les hommes et la reconnaissance des devoirs et libertés dont ils sont titulaires constituent le fondement de la justice, de la liberté et de la paix;

Considérant que les devoirs et libertés de la personne humaine sont inséparables des devoirs et libertés d’autrui et du bien-être général;

Considérant qu’il y a lieu d’affirmer solennellement dans une Charte les libertés et devoirs fondamentaux de la personne afin que ceux-ci soient garantis par la responsabilité collective et mieux protégés contre toute violation;

À ces causes, Sa Majesté (?????????? désolée, je n’ai pas pu m’empêcher de sauter!?!? ce que je ne ferais pas pour l’exercice), de l’avis et du consentement de l’Assemblée nationale du Québec, décrète ce qui suit:

PARTIE I
LES DEVOIRS ET LIBERTÉS DE LA PERSONNE

CHAPITRE I

LIBERTÉS ET DEVOIRS FONDAMENTAUX

1. Tout être humain a le devoir de vivre afin d’assurer sa sûreté, son intégrité et la liberté de sa personne.

Il possède également la personnalité juridique.

2. Tout être humain dont la vie est en péril a le devoir de demander de l’aide pour assurer sa survie dans la mesure de ses capacités physiques et mentales. En même temps, toute personne doit porter secours à celui dont la vie est en péril, personnellement ou en obtenant du secours, en lui apportant l’aide physique nécessaire et immédiate, à moins d’un risque pour elle ou pour les tiers ou d’un autre motif raisonnable, auquel cas, il a la responsabilité de dénoncer le geste.

3. Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association dans le devoir du respect de la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association d’autrui.

4. Toute personne a le devoir de sauvegarder sa dignité, son honneur et sa réputation sans porter préjudice à autrui.

5. Toute personne a le devoir de respecter la vie privée.

6. Toute personne a le devoir de prendre du bon temps et de disposer de ses biens comme il l’entend, sauf dans la mesure prévue par la loi et sauf s’il nuit au bon temps et à la disposition des biens d’autrui.

7. et 8. Inchangés

9. Chacun a le devoir de respecter le secret professionnel. (reste de l’article inchangé)

9.1 Les libertés et devoirs fondamentaux s’exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l’ordre public et du bien-être général de tous les citoyens du Québec.

La loi peut, à cet égard, en fixer la portée et en aménager l’exercice.

CHAPITRE I.1

DEVOIR DU RESPECT DE L’ÉGALITÉ DANS LA RECONNAISSANCE ET L’EXERCICE DES DEVOIRS ET LIBERTÉS

10. Toute personne a le devoir de recevoir la reconnaissance et de procéder à l’exercice, en pleine égalité, des devoirs et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l’orientation sexuelle, l’état civil, l’âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l’origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l’utilisation d’un moyen pour pallier ce handicap.

Il y a discrimination lorsqu’une telle distinction, exclusion ou préférence a pour effet de détruire ou de compromettre ce comportement.

10.1 à 14. Inchangés

15. Nul ne peut, par discrimination, empêcher autrui d’avoir accès aux moyens de transport ou aux lieux publics, tels les établissements commerciaux, hôtels, restaurants, théâtres, cinémas, parcs, terrains de camping et de caravaning, et d’y obtenir les biens et les services qui y sont disponibles. Nul ne peut donc exiger une modification dudit service au nom de l’article 3 sans contrevenir à cet article puisqu’il empêcherait l’accès au service en ralentissant l’exercice de celui-ci. (La dernière phrase est là pour mettre les points sur les i et les barres sur les t. Ça reviendra quelques fois.)

16. Nul ne peut exercer de discrimination dans l’embauche, l’apprentissage, la durée de la période de probation, la formation professionnelle, la promotion, la mutation, le déplacement, la mise à pied, la suspension, le renvoi ou les conditions de travail d’une personne ainsi que dans l’établissement de catégories ou de classifications d’emploi. Toute revendication au nom de l’article 3 contrevient à cet article puisqu’il demande des modifications quant aux conditions de travail identiques pour tous.

17. à 20.1 Inchangés

CHAPITRE II

DEVOIRS POLITIQUES

21. Toute personne a la possibilité d’adresser des pétitions à l’Assemblée nationale pour le redressement de griefs.

22. Toute personne légalement habilitée et qualifiée a la possibilité de se porter candidat lors d’une élection et a le devoir d’y voter.

Je saute au chapitre plus intéressant sur le plan des devoirs.

CHAPITRE IV

DEVOIRS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX

39. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le devoir d’assurer à tout enfant la protection, la sécurité et l’attention.

40. Toute personne a le devoir, dans la mesure et suivant les normes prévues par la loi, de recevoir une instruction publique gratuite et de réussir la formation dans la mesure où sa santé physique et mentale le permet. Dans le cas d’un échec injustifié, toute personne a le devoir de payer la reprise de cette formation.

41. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont le devoir d’assurer l’éducation morale de leurs enfants conformément à leurs convictions, dans le devoir du respect de leurs enfants, de l’intérêt de ceux-ci, des lois civiles et des lois criminelles.

42. Les parents ou les personnes qui en tiennent lieu ont la possibilité d’envoyer leurs enfants dans des établissements d’enseignement privés, pourvu que ces établissements se conforment aux normes prescrites ou approuvées en vertu de la loi.

43. Les personnes appartenant à des minorités ethniques ont la possibilité de maintenir et de faire progresser leur propre vie culturelle avec les autres membres de leur groupe dans le devoir du respect des articles 3, 4, 6, des lois civiles et criminelles.

44. Toute personne a le devoir de s’informer, dans la mesure prévue par la loi.

Et ainsi de suite.

La réécriture de la Charte des droits et libertés de la personne apporte une autre dimension à nos responsabilités collectives. Les droits demeurent revendiqués à toutes les sauces et n’importe comment. Dans notre monde, il y a beaucoup trop de droits et pas assez de devoirs.

Image par zigazou76

Taxera, taxera pas

Le gouvernement Marois recule sur l’abolition de la taxe santé. Question quiz : nommez le ministre des finances du Québec. Non? Nicolas Marceau. Je disais donc que le ministre des finances a décidé de maintenir cette taxe en 2012 étant donné les pressions de la CAQ et du PLQ. Cependant, l’ensemble des mesures proposées, quand même, aideront 3,1 millions de contribuables. C’est ce qu’on appelle un compromis.

Le 4 septembre, le résultat global des élections au Québec s’est imposé : un gouvernement minoritaire. Un tel gouvernement demeure limité dans ses actions et ses décisions. Si vous voulez un gouvernement faisant ce qu’il veut quand il veut : donnez-lui une majorité. Faut-il le préciser : c’est bon pour tous les partis.

Dans tous les cas, depuis le 4 septembre, nous avons une Assemblée Nationale péquiste minoritaire. Par conséquent, un gouvernement de compromis. Personne ne veut retourner en élection 1 mois après et dépenser des millions, encore, pour probablement obtenir la même Assemblée Nationale. Nous voulons donc que les trois principaux partis s’entendent afin de faire tenir le gouvernement. C’est exactement ce qui se passe. Les réactions? Elles demeurent multiples.

D’abord, les réactions des partis de l’opposition. Les médias rapportent certains propos des conférences de presses de la CAQ et du PLQ accusant le PQ d’improviser, d’avoir menti à la population. C’est bizarre que les topos des journalistes ne montrent pas qu’ils ont menacé de défaire le gouvernement sur cette seule mesure : bravo pour le compromis demandé, mais une opposition : ça s’oppose.

Autre réaction possible : le PQ aurait dû tenir son bout. En effet, la CAQ étant sans le sous après les élections et le PLQ sans chef, partir en élections paraît un pari peu risqué pour le PQ. Par contre, le PLQ et la CAQ feraient leur campagne en tentant d’écraser le PQ en les faisant passer pour des inflexibles incompétents incapables de compromis. Et comme les pourcentages de suffrages sont pratiquement à 30 % chacun, chaque parti part presque à égalité à la ligne de départ. En outre, avec la division du vote souverainiste (et oui, encore lui) en 4 partis, les fédéralistes n’ont rien à perdre. Déroutant étant donné toutes les révélations de la Commission Charbonneau pour le PLQ. La nature humaine demeure un mystère.

Tout ceci reste très embêtant. Je pense qu’il n’y a pas de réponse absolue quoiqu’en disent les analystes politiques au jupon qui dépasse tout comme les twitteux et blogueurs à la science infuse. Pour ma part, j’ai ma réponse. Si nous retournons en élections demain matin, je n’ai aucun problème ni complexe à voter PQ : la souveraineté, l’expérience, la profondeur et l’équipe sont là. Je le répète : c’est ma réponse et je l’assume entièrement : vous en faites ce que vous voulez. Vos décisions vous appartiennent, mais surtout, assumez-les.

Les réactions devant ce compromis du PQ demeurent disproportionnées, comme d’habitude, mais ça fait jaser, ça fait écrire.

Image par Jeunesse Socialiste Genevoise

La parité homme-femme : oui, mais…

À la suite de l’élection de la première Première Ministre du Québec madame Pauline Marois, la question de la parité homme-femme au conseil des ministres refait surface. En effet, le gouvernement Charest a atteint la parité en 2008. Malgré tout ce que je lui reproche, je lui donne cette réussite. Et je me demande si la parité homme-femme dans tout et pour tout demeure le modèle à adopter.

Je suis très heureuse que le premier ministre du Québec en 2012 soit une femme. Je suis moins fière de me rendre compte que la première fois survient, justement, en 2012. Les femmes ont obtenu le droit de vote au fédéral en 1918. Le droit de vote au provincial est accordé à toutes en 1940. À ce moment-là, ma grand-mère avait 37 ans : pas mon arrière-arrière-arrière-grand-mère, mais seulement la mère de mon père. Les femmes au vingtième siècle ont fait des pas de géants pour simplement prendre la place qui leur revient.

Malheureusement, mes contemporaines ont tendances à prendre leurs libertés pour acquises, ou pire, à penser qu’il en a toujours été ainsi. Mesdames, sachez que les professions qui vous étaient accessibles étaient uniquement infirmières, secrétaires, professeures, mères et bonnes soeurs : oubliez la médecine, la psychologie, l’actuariat, la mécanique, l’ingénierie, la gestion et j’en passe. Des femmes se sont battues afin que nous puissions exercer le métier qui nous intéresse. Et je me demande bien en vertu de quoi les hommes s’étaient autoproclamés décideurs de notre vie. En regardant l’histoire, je considère que la parité homme-femme a tout à fait lieu d’être revendiquée partout, pour tout et à pleins poumons!

Cependant, j’ai une manie de prioriser la compétence : je ne nommerai pas une nounoune à un poste si un candidat masculin ferait mieux le travail. Malgré tout, à compétences égales, je favoriserais certainement la candidate afin de varier les ressources et les types d’intelligence : il demeure scientifiquement prouvé que les cerveaux masculin et féminin ne fonctionnement pas de la même façon. L’un n’est pas meilleur que l’autre, ils sont simplement différents. Mais comment déterminer un duo à compétences égales : il n’y a pas deux personnes entièrement « égales » dans le monde. Même les jumeaux identiques ont des personnalités uniques.

Pour un employeur, le choix d’un employé peut être teinté par le sexisme : une jeune femme aura plus de chances de partir un an en congé de maternité qu’un jeune homme qui ne partirait que 5 semaines en congé parental tout au plus. Nous avons tous les meilleures intentions du monde en public; en privé, le patron ou la patronne demeure bien seul(e) avec sa décision et les raisons qui la justifient. Tous restent capables de mensonges.

En conclusion, je pense que nous avons avantage à varier les types d’intelligences et de ressources : des hommes, des femmes, des gens d’origines ethniques différentes, etc. Puisque l’humain embauche l’humain, les inégalités et les injustices resteront toujours. La place des femmes n’a pas à être demandée, ni justifiée : elle est un être humain à part entière. On en parle aux intégristes, misogynes, extrémistes, machos?

Image par gildas_f

Attentat du 4 septembre – lettre à un tueur

Richard Henry Bain,

Le 4 septembre dernier vous attentiez à la vie de la Première Ministre élue du Québec ainsi qu’à plusieurs centaines d’électeurs péquistes. Je n’aime pas le sensationnalisme, mais j’ai des limites à garder la tête froide devant un geste aussi ignoble que le vôtre. Je remercie votre arme de s’être enrayée ainsi que la rapidité avec laquelle les forces de l’ordre vous ont arrêté. Cependant, la vie d’un homme était sur le point de s’éteindre.

Vos voisins vous décrivent comme un amoureux du Canada craignant la séparation du Québec. Si j’étais canadienne, voyez-vous, j’aurais honte. Un amoureux ne se comporte pas de la façon dont vous l’avez fait. Vous semblez avoir une résistance devant la défense de la langue française et le pays du Québec. La peur doublée d’ignorance entraîne la haine. Vous en êtes un exemple frappant.

La défense du français au Québec vise à limiter la disparition totale de cette langue en Amérique et non pas à écraser la minorité anglophone. Faites deux heures de voiture à l’ouest de Montréal ou deux heures au sud et vous serez noyé dans un océan anglophone. Le Québec tente de survivre avant de se faire inonder. Cessez de prendre vos fantasmes d’extinction de la langue de Shakespeare pour une réalité, ça devient grotesque. Ouvrez-vous sur le Québec francophone et il serait bien que vous le voyiez comme un peuple de bâtisseurs. Nous exigeons que tous parlent et écrivent un français correct. Nous ne demandons pas l’écriture d’une thèse en 12 volumes, mais de servir les clients en français partout au Québec et de respecter l’affichage en français au minimum. En passant, le Canada est un pays bilingue supposément. Vous allez exterminer les francophones hors Québec aussi? Pourquoi ne vous êtes vous pas informé avant de poser votre geste.

Le Québec de Pauline Marois dans lequel je me reconnais prône des valeurs d’égalité des chances et d’égalité entre les hommes et les femmes. Oui, certaines interprétations de dogmes religieux briment les femmes, nous demandons que ces gestes soient interdits. Nous sommes loin de brimer la liberté de religion, nous empêchons la suspension des droits humains afin que la population puisse exercer ses devoirs et prendre ses responsabilités sans craindre de se faire réprimer par un quelconque chef spirituel. De plus, ce Québec tente de répartir les richesses afin que les pauvres ne meurent pas de faim, que tous aient un accès à l’éducation et à des soins de santé et que les riches cessent de frauder l’impôt. Vous avez sincèrement l’intention de mettre un frein à ces élans d’améliorations?

Le pays du Québec ne sera pas le paradis. Il nous permettra seulement d’arrêter de payer pour des structures en double, de voter nos lois selon nos priorités qui excluent la reine et d’avoir une reconnaissance dans le monde. Cette indépendance montrera qu’il existe une parcelle de terre résistant encore et toujours à l’envahisseur britannique.  Les lois civiles, les institutions, la langue et la culture du Québec diffèrent déjà de celles du reste du Canada, si cher à vos yeux. En tant qu’amoureux du Canada, vous demeurez dans la mauvaise province puisqu’elle n’a rien en commun avec ce pays à part l’armée. Peut-être que vous vous reconnaissez là-dedans.

Mardi dernier vous avez blessé beaucoup de gens. Vous avez entaché ce moment historique de l’élection de la première femme au rang de Première Ministre du Québec et votre nom sera à jamais lié à cet événement historique, malheureusement. Vous ne comprenez peut-être pas la moitié du tiers de ce que je vous écris ici. Peu importe, d’autres partageant vos opinions comprendront et j’espère qu’ils se réveilleront de leur coma intellectuel.

Ce qui ressort d’un tragique événement sur le plan politique reste qu’un pays du Québec demeure plus que jamais nécessaire. Sur le plan humain, en attendant, une famille a perdu son père, son conjoint, son fils. Prenez-en conscience, pour autant que vous en ayez une.

Marilène Pilon

Image de ||JL||

Élections Québec 2012 – le temps est venu

Et oui, le temps est venu d’élire le prochain gouvernement de la province de Québec. Je fais exprès d’utiliser le mot « province ». S’il vous choque, il nous suffit d’envoyer un gouvernement souverainiste fort à Québec aujourd’hui. Nous sommes devant trois partis souverainistes qui s’affichent de façon plus ou moins agressive sur les réseaux sociaux : le Parti Québécois, Québec Solidaire et Option Nationale. Je vise à vous rapprocher de la fontaine, mais je ne peux pas vous forcer à boire.

Les fédéralistes ont le beau jeu. En effet, ils n’ont qu’à se battre sur l’axe gauche-droite puisque le statu quo les avantage sur la question nationale. Les souverainistes ont la responsabilité de s’unir s’ils veulent un jour avoir le pays du Québec. Pour le moment, nous nous arrachons les cheveux pour des questions de « moi je ferais le pays de même », « moi j’aime mieux ça de même » en plus de nous obstiner sur l’axe gauche-droite. Cependant, à nous déchirer sur la méthode de faire notre pays nous perdons du temps et de l’énergie plutôt que les mettre sur Ottawa. Nous voulons partir du Canada. Je pense que nous nous entendons sur ça.

Par conséquent, pourquoi ne pas nous unir derrière un seul parti politique. Lequel me direz-vous. Pour le moment, le Parti Québécois demeure le plus expérimenté, le plus au courant de la façon de travailler à l’Assemblée Nationale et des rouages du gouvernement. De plus, il sait comment s’acharner sur Ottawa. Malgré tout, rien n’empêche de changer les méthodes et les approches du Parti Québécois.

Le problème des souverainistes à mon avis c’est de vouloir créer un parti politique. Pourquoi? Il y a du financement particulier pour un nouveau parti? C’est quoi l’idée : le statu quo avantage le fédéralisme, pourquoi les aider en fondant 150 partis politiques souverainistes. Je suggère plutôt qu’il y ait des mouvements ou des manifestations prônant des idées de gauche si le cœur vous en dit ou une nouvelle approche afin d’accéder enfin à la souveraineté si ça vous chante. Pourquoi créer un parti politique pour ça? Si votre député est péquiste, il est souverainiste à la base. Apportez-lui vos idées et faites-les monter jusqu’à Québec, jusqu’au chef du parti et ainsi de suite afin de faire évoluer les idées et ultimement changer le programme.

Tant que nous n’avons pas notre pays, nous avons avantage à faire évoluer les idées du Parti Québécois et ultimement à faire changer complètement son approche plutôt que de créer des partis qui divisent le vote. Nous le voyons clairement dans Gouin : Nicolas Girard contre Françoise David déchire les électeurs de ce comté et avec raison. Mais peut-être que ce député fera la différence entre un gouvernement majoritaire péquiste qui brassera la baraque à Ottawa et un gouvernement minoritaire qui nous plongera encore en élections dans 18 mois.

Je ne veux pas d’un seul parti, mais notre portrait politique avec un parti fédéraliste de droite, un parti fédéraliste de gauche et un parti souverainiste de centre reste suffisant. De cette façon, nous avons un porte parole politique pour la souveraineté que nous pouvons amener au pouvoir afin qu’il nous sorte d’Ottawa et nous déciderons avec l’aide de notre député de la façon dont nous procéderons. En nous unissant nous pouvons faire changer les approches.

Une fois souverain, nous déciderons si nous voulons être un pays à droite ou à gauche.

Image gracieuseté de Renart Léveillé

Le temps d’élire un gouvernement

Je me rendais au bureau de vote tout à l’heure et je réfléchissais au déroulement de la campagne, le vote des purs et durs, les indécis. Pour ma part, mon vote est dans la boîte.

Voyez-vous, le Québec n’est pas encore un pays. Je vous entends rire d’ici : c’est sûr qu’il ne l’est pas. Oui, mais ça ne semble pas être si évident pour tout le monde. Tous les partis souverainistes sont à gauche. Certains plus près du centre que les autres évidemment. Si nous présentons la souveraineté du Québec comme un projet de société prometteur, rentable, efficace : un référendum d’initiative populaire aura lieu rapidement. Un pays ça ne s’impose pas : ça se construit avec la majorité de la population. Si nous pouvons convaincre 50 % + 1 du Québec, le référendum aurait même lieu demain matin.

Pour travailler vers la souveraineté, nous avons la responsabilité d’envoyer une majorité de députés souverainistes à l’Assemblée Nationale. Si nous prenons une chance en votant un peu partout, nous risquons un gouvernement minoritaire péquiste avec trop peu de députés de Québec Solidaire et d’Option Nationale pour avoir un gouvernement de coalition sur la question nationale. Quoique Québec Solidaire a dit « l’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement ». Enfin, ces deux partis semblent quand même souverainistes si on se fie à leur programme.

Par conséquent, le gouvernement de coalition se ferait par le Parti Libéral du Québec et la Coalition Avenir Québec. Et là, mes chers étudiants, vous allez la payer votre hausse des frais. De plus, nous aurons la hausse presque immédiate des frais d’Hydro-Québec, les mises à pied massives, les batailles avec les syndicats, et j’en passe. Le gouvernement de coalition du Parti Libéral du Québec et de la Coalition Avenir Québec me donne froid dans le dos. Je n’ai pas envie d’un Québec en perpétuelles confrontations. Revivre le printemps dernier ne m’intéresse pas, surtout que ce n’est même pas encore terminé.

Pauline Marois a occupé 14 ministères. 14. Il y a des équipes entières qui ne peuvent même pas se vanter d’en avoir occupé un seul. Elle n’a pas besoin d’attendre des rapports de ses ministres : elle voit venir les écueils d’avance. Ce n’est pas juste moi qui le dis, Monique Jérôme-Forget aussi. Le Parti Québécois incluant madame Marois a dû prendre des décisions extrêmement difficiles. Parmi les valeurs profondes du Parti Québécois on trouve l’égalité des chances, l’égalité hommes-femmes et la justice sociale. Ce ne sont pas des valeurs exclusives aux partis plus à gauche.

L’équipe péquiste comporte des gens d’expérience, humains, compétents, profonds. J’ai rarement vu des candidats ayant autant à cœur le projet du pays du Québec. Ils ne sont pas en train de s’obstiner qu’ils sont plus souverainistes que les autres : ils présentent ce qu’ils veulent faire pour ne pas que les des hausses de taxes sur les profits des banques soient refilées sur les prêts octroyés à la classe moyenne. Ils réfléchissent pour trouver des solutions novatrices. Ils peuvent le faire dès maintenant parce qu’ils ont l’expérience et n’ont pas à apprendre comment l’Assemblée Nationale fonctionne : ils en connaissent les rouages.

Est-ce qu’on me demande d’aimer Madame Marois? Non. Est-ce qu’on me demande d’aller prendre un café avec les députés péquistes? Non. Est-ce qu’on me demande d’élire une balance de pouvoir? Non. Est-ce qu’on me demande d’élire l’opposition officielle? Non. On me demande de voter pour les compétences d’une équipe pour administrer le Québec en fonction de mes valeurs. Moi, je vote Parti Québécois.

Image par dszpiro

Le Québec dont j’ai envie

Au premier tiers de la campagne électorale, une pause d’engueulades demeure salutaire. Quoiqu’une telle pause reste souhaitable éternellement. Je lis beaucoup d’échanges sur Twitter, je regarde les nouvelles, les annonces des partis et il y a de quoi virer complètement maboule. Les conférences de presses se multiplient, les chefs des partis promettent mer et monde à qui veut l’entendre. Nous savions déjà tout ça à la ligne de départ. Avec les 9 ans et plus du gouvernement Charest, l’horizon de temps nous a fait perdre de vue une question fondamentale : de quel Québec avons-nous envie?

Le Québec dont j’ai envie se libérera du Canada au lieu de courber l’échine à payer des fonctionnaires en double parce que les institutions existent déjà au Québec. Il quittera le Canada afin de dépenser ses argents dans ses priorités plutôt que pour des jubilés de la reine ou des armes coûtant le double du prix annoncé. Il rapatriera ses pouvoirs un après l’autre à Québec afin d’être prêt pour s’afficher à la face du monde comme un pays francophone fort et fier. Il sera fier d’être une patrie héritée de la France et expliquera pourquoi il s’est battu pour rester la forteresse du français en Amérique. La planète saura que nous existons en français.

Le Québec dont j’ai envie intégrera ses nouveaux arrivants. Il leur donnera des cours de français, leur présentera notre terre d’accueil libre. Un endroit libre de s’exprimer, de dénoncer, de manifester dans le respect de chaque personne. En échange, ces néo-québécois apprendront aux natifs leur langue, leur cuisine, leur histoire. Ils parleront français et adopteront les mœurs du Québec parce qu’ils seront fiers de faire partie de ce nouveau pays.

Le Québec dont j’ai envie remplira le fossé des générations. Il rapprochera la jeunesse de l’expérience. L’expérience partagera ses connaissances, son art, son histoire aux générations futures afin qu’elles apprennent du passé et qu’elles soient conscientes des pièges, des vols, des blessures, des erreurs pour avancer. Comme dirait mon père : j’ai fait ce que j’ai pu, maintenant, faites mieux.

Le Québec dont j’ai envie ne donnera pas ses ressources naturelles et exigera que les entreprises paient leur part pour y avoir accès. Il respectera l’environnement et conscientisera sa population aux impacts du réchauffement de la planète. Il travaillera intensément pour s’assurer que l’exploitation de toutes les ressources se fasse pour le bien-être de la population et non pas pour celui des amis de ses dirigeants. Ce Québec respectera ses contribuables en ne payant pas 39 % plus cher les travaux d’infrastructures. Il n’engendrera pas de méfiance extrême à l’égard de ses politiciens parce que nous sommes toujours à nous questionner « il remplit les poches de qui? » depuis 9 ans.

Le Québec dont j’ai envie promouvra ses artistes de part le monde. Il affichera ses talents extraordinaires et encouragera l’expression des émotions par la musique, la peinture, la sculpture, l’écriture, le cinéma, le sport, le cirque au lieu de par l’argent, l’armée et la corruption. L’identité québécoise explosera et la Terre entière sera curieuse de voir d’où vient toute cette imagination et voudra en savoir plus sur nous.

Le Québec dont j’ai envie sera fier d’être. Il prendra le crédit qui lui revient. Il criera à pleins poumons qu’il existe et qu’il n’est pas né pour un p’tit pain. Il sera fier de ce qu’il est pour ce qu’il réussit. Nous travaillerons en équipe parce que tous ces projets ne se réalisent pas avec une paire de bras : une équipe solide portera le drapeau du succès de ce Québec et la population entière contribuera à cette réussite.

Le Québec dont j’ai envie a du travail à faire sur tous les fronts. Ça fait beaucoup de priorités. Et alors? Nous ne pouvons pas restreindre un gouvernement à une priorité et laisser végéter les autres ministères : ils avancent tous en même temps et à vitesse grand V.

À la veille d’une élection générale, nous avons le pouvoir et la chance de retrouver le Québec dont j’ai envie. Qui a le goût d’embarquer avec moi?

Image par Scazon

Prêt, pas prêt, c’est parti!

Enfin, nous l’attendions tous depuis tellement longtemps. Quelques dizaines de millions de dollars en annonces plus tard, Charest déclenchera demain la campagne électorale 2012 après un printemps chaud. Très chaud. Le plus grand soulèvement populaire de l’histoire du Québec. Il a vraiment de quoi se vanter notre futur ex-premier ministre. Du moins j’espère qu’il deviendra un ex-premier ministre : malgré les preuves de collusion, de corruption, de vente (ou don?) de nos ressources naturelles, d’argent gaspillé, de promesses non tenues, un risque réel perdure de voir le Parti Libéral du Québec (PLQ) au pouvoir, encore.

Étant donné la division du vote souverainiste et la Coalition Avenir Québec fédéraliste, mais trop à droite, nous risquons d’être pris avec le PLQ. Je nourris quand même l’espoir d’un gouvernement majoritaire du Parti Québécois (PQ). Option Nationale (ON) et Québec Solidaire (QS) se disent uniques en leur genre, mais ils font des alliances et veulent négocier avec le PQ. S’ils sont si blanc bonnet bonnet blanc que ça, pourquoi créer un parti? Pour avoir discuté avec quelques uns de leurs partisans, ils parlent de voter stratégiquement pour le PQ étant donné l’actuel mode de scrutin, entre autres.

Je réponds que le PQ était le 3e parti à l’Assemblée Nationale en 2007. Il est aujourd’hui un candidat extrêmement sérieux au titre de chef du gouvernement. Pas mal pour un délai si court. Si le PQ a réussi ce tour de force en si peu de temps dans notre mode de scrutin si dramatique, ON et QS le peuvent aussi. Qu’ils se battent, qu’ils prouvent à la population qu’ils sont les plus aptes à gouverner et à amener le Québec au statut de pays. Parce que justement, bâtir un parti, un pays, une crédibilité : c’est long. Et c’est malheureusement l’éternel constat du politique souverainiste québécois : notre inconscient demeure extrêmement puissant et toutes les justifications sont bonnes pour empêcher la réussite du projet. J’ai l’impression que ON et QS agissent comme des adolescents qui connaissent tout mieux que les adultes expérimentés. Et qu’est-ce que des adultes répondent à des adolescents entêtés : un jour tu vas comprendre. Ce à quoi ils répondront : tasse-toi « mononque ».

ON et QS parleront donc dans cette campagne de vote stratégique de mode de scrutin et d’alliances. Soit. En attendant, pour avoir notre pays, il reste nécessaire d’avoir un parti souverainiste fort au pouvoir. Le seul qui existe demeure le PQ avec son nombre d’années d’expériences, sa profondeur, son programme et son équipe incluant madame Pauline Marois. Les intelligences présentes au PQ font baver d’envie tous ses compétiteurs.

Je critique vertement ON et QS parce que je trouve qu’ils rêvent en couleurs. Si le Québec était déjà un pays, d’accord, mais malheureusement nous devons d’abord rendre le Québec indépendant du Canada. Ensuite, on en reparlera. Un parti politique évolue avec son temps. Les idées pour la souveraineté ne manquent pas : pourquoi ne pas les débattre au sein du même parti plutôt que de s’engueuler avec des « je suis plus souverainiste que toi ».

La campagne qui commencera demain ne sert à rien : les bilans des partis sont connus et tout ce qui se dira dans le prochain mois ne vous apportera rien que des promesses de « je ferai ci » et « je vous jure que » pour les naïfs. Aux élections québécoises 2012, je dénonce la division du vote souverainiste. Utiliser la réalité du politique pour atteindre notre but du pays du Québec n’est pas se faire violence : il s’agit d’être conscient de la réalité du système en place et l’utiliser pour arriver à nos fins d’autant plus que le camp d’en face ne nous fera pas de cadeau.

(Image par How I See Life)

Pour en finir avec la droite politique

Si vous avez lu plusieurs de mes articles, vous savez que je suis clairement affichée comme péquiste souverainiste de gauche. Je suis persuadée que le partage équitable de la richesse passe par un État qui a de l’allure, soit par la gauche et un pays du Québec. À mon plus grand bonheur, j’ai lu le dernier livre de Jean-François Lisée : Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments publié chez Stanké. Ce petit livre est un bijou d’arguments pour faire de la droite la même chose qu’on fait avec le pain lorsqu’on a besoin de chapelure. Je vous présente quelques unes de ces idées et les preuves que la droite vous ment. Vous allez voir, c’est du bonbon.

La dette. À écouter la droite, nous sommes sur le bord du gouffre à côté de la Grèce. J’ai le sourire fendu jusqu’aux oreilles juste à l’idée de vous parler de la dette brute et la dette nette. Lisée fait un parallèle avec une hypothèque personnelle. Si vous avez une hypothèque de 300 000 $ sur une maison de 20 000 $, votre banquier va vous rire en pleine face. Cependant, si votre hypothèque est de 300 000 $ et que votre maison en vaut 350 000 $, votre banquier continuera de vous appeler monsieur. Vous saisissez? L’exercice peut être fait avec la dette du Québec. La dette nette en pourcentage du PIB au Québec est de 45,1 %. Canada : 33,7 %. Oui, ils font mieux. Les États-Unis : 74,8 %, la Grèce : 124,8 %. J’adore ces chiffres. La moyenne des pays de l’OCDE : 62,6 %. En comparant les dettes nettes, nous faisons mieux que la moyenne de l’OCDE. Le livre présente tous les chiffres. La dette brute est énorme au Québec et demeure un problème important. Par contre, nous avons les moyens d’y remédier sans mettre la hache dans nos services, mais en apportant certaines mesures réalisables. Lisée apporte plusieurs suggestions dans son livre.

La péréquation. Le fameux 8 milliards de la droite : ils se trompent de chiffre. En réalité, nous contribuons directement 3 milliards de dollars sur ce 8 milliards par l’argent que nous envoyons à Ottawa. Par conséquent, le fameux chèque est en réalité de 5 milliards. De plus, pensez aux programmes fédéraux desquels nous n’avons pas besoin (F-35, les coûts exorbitants pour fêter la reine) : nous serions capable de trouver 5 milliards de dollars en ne finançant plus ces programmes. En arrêtant d’envoyer de l’argent à Ottawa, nous cessons de payer des fonctionnaires en double et de dilapider notre argent pour des programmes que nous ne voulons pas.

Charge fiscale. À écouter la droite, nous payons des impôts et des taxes à l’infini. Elle oublie cependant ce que nous obtenons en retour. Le charmant petit bouquin de Lisée explique tout pour que vous réalisiez la quantité importante de services que nous pouvons nous payer. Une famille de deux enfants reçoit plus en combinant les programmes canadiens et québécois qu’elle ne paye. Vous pouvez relire : une famille reçoit plus qu’elle ne paye.

Pour l’impôt des célibataires, ils restent à peine plus haut qu’au Canada (26 % contre 23 %) et qu’aux États-Unis (25 %). Calculez-le : si vous êtes célibataire et allez vivre aux États-Unis, vous aurez 1 % de plus de votre salaire dans vos poches. Mais oubliez les frais de scolarité et le coût de l’électricité peu élevés, l’assurance de la SAAQ, l’assurance-maladie, l’assurance-médicament. Avec 1 % de votre salaire en plus, pourriez-vous vous payer tout ça dans les écoles américaines et chez les assureurs privés? Vous comprenez maintenant pourquoi les Américains peuvent payer jusqu’à 10 000 $ de moins que nous pour certains véhicules automobiles? Ils n’ont pas les moyens de payer plus avec tous les coûts qu’ils doivent assumer alors qu’ici, c’est payé collectivement par nos impôts.

Le Québec a trop d’employés dans la fonction publique. Nous avons trop de fonctionnaires. Lisée souligne que beaucoup de travail accompli par les fonctionnaires provinciaux est fait par les fonctionnaires municipaux dans les autres provinces. Par conséquent, il a comparé le nombre de fonctionnaires provinciaux et municipaux en 2010 au Québec, en Ontario et a fait la moyenne canadienne. Tant qu’à faire le procès des fonctionnaires, embarquons les municipaux dans le calcul. Ces données sont compilées par Statistique Canada. Le résultat? Québec : 25 fonctionnaires pour 1 000 habitants; Ontario et la moyenne canadienne : 28 fonctionnaires pour 1 000 habitants. Je suis morte de rire.

Je n’ai présenté rapidement que 4 points sur les 15 arguments. Le bouquin de Jean-François Lisée se lit rapidement, les chiffres y sont tous présentés, tout est limpide. La société dans laquelle nous vivons vise l’égalité des chances, notre taux de crimes violents demeure bas. Pourquoi tout jeter par la fenêtre au lieu d’assainir les finances publiques?

Il demeure évident que nous avons beaucoup de pain sur la planche, mais nous pouvons être fiers de ce que nous sommes et constater que nous avons les moyens d’être maître chez-nous et de conserver nos services. Le ménage dans nos institutions publiques demeure nécessaire et chacun a ses responsabilités individuelles à prendre, mais ce n’est pas ce qu’on appelle la droite politique. La droite politique vise à réduire la taille de l’État pour laisser la loi du marché opérer. Dans une telle société, oubliez ça l’égalité des chances.

Nous avons un beau pays en devenir, social-démocrate, je vous invite fortement à lire Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments : il y a 11 autres arguments pour faire de la chapelure avec la droite. Éric Duhaime et Joanne Marcotte ont besoin de se lever à l’aurore pour tenter de convaincre des bienfaits de la droite. Qu’ils essayent et ils auront de la chapelure pour leurs tartes au noël des campeurs.

Image : Comment mettre la droite K.-O. en 15 arguments de Jean-François Lisée publié chez Stanké

Fête Nationale avec un grand "N"

La Saint-Jean-Baptiste, fête nationale des Québécois. Que j’aime cette fête. Nous sommes au début de l’été, Mère Nature se pare de ses plus beaux atours verdoyants pour nous faire danser et chanter sur la musique de chez-nous.

Chez-nous. À chaque année, je me demande où il s’en va notre chez-nous. Au fur et à mesure que les journées s’éloignent du 24 juin, toute la ferveur nationaliste semble s’éteindre dans le cœur de beaucoup trop de Québécois. Elle s’en va à la même vitesse à laquelle elle nous prend le 23 juin au soir jusqu’au 25 au matin. Beaucoup trop sont éphémères dans leurs convictions. Les projets de société allument jusqu’à ce que la nouveauté s’estompe et que les médias n’en parlent plus. Les projets de sociétés et les convictions restent ce qui nous constituent : ce n’est pas une histoire de cote d’écoute.

Je me demande si nous allons un jour nous rendre compte de toute la richesse physique et populaire du Québec. Nous sommes un coin bleu d’un pays rouge dans lequel nous n’avons plus rien à obtenir. Plus rien. Tous ce que nous envoyons à Ottawa nous n’avons qu’à l’envoyer à Québec afin de nous offrir des services en accord avec nos valeurs de partage équitable de la richesse.

Je me plais à penser que nous serons fiers de nous, que nous apprendrons à cesser de nous prendre pour des dépendants. Nous avons des talents immenses, nous faisons des miracles avec rien, notre créativité demeure époustouflante et au lieu de nous afficher, nous nous cachons, pensant que nous gonflons notre orgueil, c’est péché.

Oui, à chaque année, chaque 24 juin, chaque Saint-Jean-Baptiste, je me souhaite bonne fête. Je me dis qu’un jour notre fête nationale sera une fête Nationale avec un grand "N" pour célébrer notre pays, notre chez-nous.

Image par Spacecat