Deux cas de "qu’est-ce que c’est que ça" ont tourmenté mon cerveau cette semaine : le Parti Conservateur du Québec (PCQ) via un article dans L’Actualité du 15 mars et le retour possible des démissionnaires du Parti Québécois (PQ), du moins pour Curzi, au parti duquel ils ont claqué la porte il y a moins d’un an. Sur le coup, je me suis dit : mais non, je rêve. Quand j’ai repris connaissance
, je me suis sincèrement demandé où s’en va le Québec. J’admets que le PCQ et les réflexions de Curzi ne sont qu’une goutte d’eau dans l’univers politique québécois. C’est plus fort que moi : je m’arrête à ces petits trucs qui deviennent souvent grands.
D’abord le PCQ. Sincèrement, je ne sais pas ce que la droite a de si attirante. J’en ai parlé un peu dans Retour aux sources, mais j’ai l’impression que ce n’est pas assez pour qu’elle comprenne qu’au Québec, nous ne sommes pas attirés par une société avec l’état réduit au minimum. Pour vivre à droite il existe l’Alberta, pas le Québec. Plusieurs Québécois qui auront plus d’argent disponible ne l’économiseront pas. Ils vont le dépenser et quand un coup dur arrivera ils seront démunis. Ensuite, même si l’état coupe massivement dans les services et subventions, nous redonnera-t-il en impôts et taxes ce que nous payions pour financer lesdits services et subventions? J’en doute : la dette est tellement monstrueuse. Alors nous continuerions à payer autant sans service en échange; belle approche, sincèrement. Je suis cynique parfois.
Un autre exemple simple que le chacun pour soi de la droite demeure plus faible que la force de la gauche : je vous présente trois personnes. Chacune a 2 $ dans ses poches et a le goût de se payer un bon café latté extra crème fouettée grand format. Ledit café coûte 6 $. Ces trois personnes ne peuvent pas, individuellement, se payer ce café. Pour la droite : que chacun s’en passe. Pour la gauche : mettons tous nos 2 $ ensemble et nous pouvons nous en payer un. Nous le partagerons et pour notre 2 $ nous aurons chacun 1/3 de café. C’est la même chose pour tout le reste. Responsabiliser les gens à épargner demande énormément de temps, mais je persiste et je signe : la force de la communauté de la gauche écrase l’individualisme de la droite.
Tant qu’à réfléchir, poursuivons avec notre charmant Pierre Curzi : député indépendant de Borduas élu sous la bannière du PQ ayant claqué la porte dudit PQ, on s’en souvient. Il songe maintenant à un retour possible au PQ. Soit dit en passant, Lisette Lapointe y pense aussi. Ces deux députés n’excluent rien. Là, vraiment, j’espère ne pas être la seule à me poser des questions, tellement que j’en perds mon latin.
Attendez, la soi-disant crise au PQ a débuté par la démission de trois députés, Beaudoin, Curzi et Lapointe. Le PQ était alors dirigé, apparemment, par une dictatrice impitoyable qui force la ligne de parti et qui agit de manière opposée à l’éthique politique de Curzi et que ce dernier ne pouvait même plus se regarder dans le miroir. Je n’ai pas la berlue ni rien inventé : il ne pouvait plus se regarder dans le miroir et se sentait obligé de sortir du PQ; on l’a assez entendu en boucle dans les médias ce fichu miroir. Et là c’est la crise au PQ : la dégringolade dans les sondages, Pauline Marois ne passe pas, on ne sait pas pourquoi, on n’a pas de raison, mais elle ne passe pas. Ça quitte le PQ, déchire ses cartes de membres. Curzi multiplie les apparitions publiques et les entrevues parlant de politique autrement, de cette guerre entre les rouges et les bleus qui doit cesser afin que l’Assemblée Nationale travaille ensemble pour faire avancer le Québec. Je n’invente rien.
Et tout d’un coup, huit mois après toutes ces entrevues; après toute l’énergie monumentale perdue au PQ à se défendre plutôt que de promouvoir la souveraineté, le PQ serait le meilleur parti, peut-être, pour lequel ces mêmes députés se représenteraient aux prochaines élections. Ils rient de qui là.
Je n’ai rien contre le fait de changer d’idée. Nous avons tous le droit à l’erreur, soit. J’ai un problème lorsque ces changements d’idée ralentissent le mouvement de la souveraineté du Québec pour absolument rien. J’ai été personnellement impliquées dans plusieurs discussions après la venue d’Option Nationale, le départ des députés, la soi-disant crise au PQ. Et, au final, toute cette énergie a été dépensée pour rien : plusieurs reviennent au PQ, même les démissionnaires y songent. Quelle farce.
L’expérience, la profondeur, la force et la machine péquistes ne peuvent pas être systématiquement mises de côté. À un moment donné, la compétence paie. C’est long, c’est ardu, oui, ça l’est plus que lorsque nous avons les bons contacts placés aux bons endroits. Par contre, la solidité de la confiance et de la compétence reste plus importante lorsque nous atteignons nos buts par travail plutôt que par faveur.
Qu’ils reviennent au PQ avec plaisir autant pour moi que pour eux. J’aimerais que ce retour, s’il s’avère, soit précédé d’excuses publiques : il y a des conséquences aux gestes que nous posons.

Original de l’image.