Un poste à combler

Je vous mets en situation : vous avez un premier ministre à élire. La chose est importante et délicate, mais amusons-nous : appelons un candidat avec, disons, 8 ans d’expérience Monsieur A et celui qui n’a jamais été premier ministre Monsieur C.

Note : Monsieur B est réservé à Benoît Brière (celle-là n’est peut-être pas comprise par les plus jeunes…)

Monsieur A est toujours en poste.  Il a d’abord été Conservateur à Ottawa où il a été ministre :

–          d’État à la jeunesse

–          d’État à la Condition physique et au Sport amateur

–          de l’Industrie

–          de l’Environnement

Le tout a été exercé au gouvernement fédéral.  Il a été chef du parti Conservateur (à l’époque : le parti « progressiste » Conservateur) un peu moins de 5 ans avant de se lancer à la chefferie du parti libéral au provincial.  Pourquoi pas : beaucoup ont déjà changé d’idée.

Il gagne la course et devient chef du parti libéral et premier ministre du gouvernement du Québec en 2003.  En effet, il avait promis des baisses d’impôts de 5 milliards de dollars sur plusieurs années, l’allégement fiscal général, des programmes de garderie intacts.  Cependant, une fois élu, il a augmenté le coût du permis de conduire, le coût du régime de congés parentaux et d’assurance médicaments, haussé le prix de l’électricité, les frais de garde et les taxes scolaires.  J’oubliais : les 5 milliards de réduction d’impôt ont été oubliés eux aussi.  L’électorat a passé l’éponge puisqu’il a été réélu.

Ensuite, on se rend compte qu’il a beaucoup d’amis dans la construction.  Il ne veut pas d’enquête pour dénoncer les abus, la collusion et la corruption.  Le mécontentement de la population a même mené à la signature d’une pétition pour exiger le départ de Monsieur A.  Il résiste et demeure en poste.  Il a raison : la population a oublié et, via un sondage, lui a accordé son appui plus qu’à Monsieur C.

Parlons justement de Monsieur C.  Il croit qu’il fera du bon boulot comme premier ministre parce qu’il a occupé des postes de ministre lui ayant permis de connaître les dossiers de sa province de façon plus détaillée.  En effet, dans les gouvernements précédents de son parti, il a occupé plusieurs postes de ministre dont celui :

–          de la Main d’œuvre et de la Sécurité du revenu

–          d’État à la Condition féminine

–          de la Famille et de l’Enfance

–          de l’Industrie et du Commerce

–          des Finances

–          de la Santé

–          de l’Éducation

Monsieur C n’a cependant pas le charisme souhaité par les électeurs et il a fait une erreur au sujet d’un projet de loi, erreur qu’il a reconnue.  Et l’électorat est prêt à le jeter aux oubliettes.

Vous l’aurez deviné : Monsieur A est Jean Charest et Monsieur C est Pauline Marois.

Par souci de transparence, je suis souverainiste.  L’objectif ici est de présenter quelques informations ajoutant à la réflexion des électeurs.  Je ne suis pas pro quelque chef que ce soit, mais j’essaie de regarder beaucoup d’éléments avant de prendre une décision.

Je respecte votre opinion, mais lorsque l’argumentaire contre Marois se résume à « c’est évident, elle n’a pas atteint le cœur des Québécois » je vous répondrai que Céline Dion a atteint le cœur des Québécois et je ne voterais pas pour elle comme première ministre.

Faute d’avoir les deux, voulons-nous un Monsieur (Madame) Populaire ou un(e) Premier(ère) Ministre?

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Le bonheur pour les yeux et les oreilles

Quoi de mieux qu’une magnifique histoire d’amour pour laisser son cœur et son esprit vagabonder en oubliant tous ses soucis?  Bon, certains me diront « une bonne partie de hockey ça fait pareil ».  D’accord, chacun ses goûts, mais j’espère qu’en lisant ce qui suit, vous aurez le goût de lire l’histoire de Cyrano de Bergerac ou d’écouter le film avec Gérard Depardieu dans le rôle titre.

Je suis une admiratrice sans limite de cette œuvre d’Edmond Rostand.  Il s’agit d’une comédie héroïque en 5 Actes en vers (des Alexandrins).  Ici, j’utiliserai le format italique pour intégrer des extraits du texte.

L’auteur a su mélanger les styles : comique, romantique et tragique.  La poésie des répliques est simple, ça se lit et s’écoute tout seul et il n’y a pas de mots compliqués avec des tournures de phrases incompréhensibles.  Par exemple, ce personnage au pif légendaire le décrit lui-même en variant le ton :

Agressif : Moi, monsieur, si j’avais un tel nez il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse !     …  Curieux : De quoi sert cette oblongue capsule? D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux?   …  Prévenant : Gardez-vous, votre tête entraînée par ce poids, de tomber en avant sur le sol !   Tendre : Faites-lui faire un petit parasol de peur que sa couleur au soleil ne se fane ! … Dramatique : c’est la mer rouge quand il saigne !  Admiratif : Pour un parfumeur, quelle enseigne! … Naïf : ce monument, quand le visite-t-on?

Et j’en passe et des meilleures.   Il termine sa tirade en lançant à son interlocuteur : Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit si vous aviez un peu de lettres et d’esprits: mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres, vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres, vous n’avez que les trois qui forment le mot sot !    N’est-ce pas magnifique? Une réplique assassine à souhait!

Et ce fougueux personnage est un homme épris d’un amour fou pour sa belle Magdeleine Robin, dite Roxane. Fine. Précieuse. À la suite d’un duel au cours duquel il a composé une ballade (ça aussi ça vaut le détour), il s’est couvert de gloire à ses yeux, mais pour Cyrano, il lui est interdit le rêve d’être aimé même par une laide étant donné ce nez qui d’un quart d’heure en tous lieux [le] précède.  Il ne craint qu’une seule chose : s’il lui avoue son amour, qu’elle lui rit au nez. (C’est le cas de le dire!)

Arrive alors dans le portrait le joli baron Christian de Neuvillette : Il a plu à Roxane d’abord pour sa beauté (et vice versa). Mais il ne sait pas parler d’amour et la belle n’aime que beau langage, bel esprit. Cyrano a donc l’idée de prêter de l’éloquence à Christian et ce dernier sera sa beauté.  Alors l’imposture commence!

La scène du balcon fera fondre tous les cœurs de glace.  Cette scène a plusieurs vers comiques, la situation est drôle, et la trame s’en va dans le dramatique et le romantique.  Elle se termine par une éloge du baiser : un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer; c’est un secret qui prend la bouche pour oreille  (avouez qu’il fallait y penser).  Et bien sûr, Roxane pense que Christian lui dit toutes ces choses, elle ne sait pas que Cyrano fait tout le boulot, mais un boulot si facile pour lui.

Je saute de gros bouts parmi lesquels Christian finit par épouser Roxane qui pense toujours que tous les mots d’esprit ont été prononcés par lui.  Par la suite, Cyrano et Christian partent pour la guerre.  Cyrano écrit une multitude de lettres d’amours (et quelles lettres!), toujours en signant Christian, en continuant cette comédie.

Roxane trouve le moyen d’aller sur le champ de batailles afin de déclarer à Christian que ce n’est plus que pour [son] âme [qu’elle l’aime].  Christian se rend compte qu’il est mal pris : il sait que les mots sont ceux de Cyrano et Roxane vient de lui avouer qu’elle l’aimerait même s’il devenait laid.

Qu’arrive-t-il ensuite? Christian se fâche et va voir Cyrano afin qu’il dise la vérité à Roxane puisqu’il se rend bien compte que Cyrano l’aime aussi comme un fou; et d’avantage.  Il veut que Roxane choisisse entre les deux.  Mais pour en arriver là, le texte mes amis… Ouf!  Et la fin, est bouleversante.

Gérard Depardieu a tourné plusieurs scènes sans coupure et il a remporté le César du meilleur acteur (l’équivalent des Oscar si vous voulez) en 1991 pour ce rôle.  Depardieu: on aime ou on n’aime pas, certes, mais l’acteur est un génie du grand écran et son interprétation de Cyrano est à jeter par terre.

En conclusion, j’espère vous avoir donné le goût.  C’est un peu comme Roméo et Juliette : nous connaissons tous la fin (peut-être moins celle de Cyrano), et le traitement de l’œuvre par Jean-Paul Rappeneau, réalisateur du film, vaut sincèrement le détour pour tous les Amoureux et toutes les Amoureuses.

p.s.: « Que dites-vous? … C’est inutile? … Je le sais ! Mais on ne se bat pas dans l’espoir d’un succès ! Non ! non, c’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » Edmond Rostand dans Cyrano de Bergerac

Bienvenue dans mon monde

Bonsoir,

Je m’appelle Marilène Pilon et c’est à 30 ans que j’ai décidé de commencer ce blog.  Ce site se veut un divertissement pour vous (je l’espère, sinon, ça ne va pas bien!?) et aussi pour moi.  J’y présenterai plusieurs sujets qui m’intéressent, sans contrainte, et dans des domaines diamétralement opposés : des régimes de retraite jusqu’à Renoir en passant par Cyrano de Bergerac ou le domaine politique.  J’aime apprendre; je suis drôle, matheuse, passionnée et intense à la fois : un heureux mélange pour donner des textes plus variés les uns que les autres. Aucune prétention, que du plaisirs et du respect.

Pour ceux qui me suivent sur Twitter (@MarilenePilon), vous savez que je suis une fervente défenseure de la souveraineté du Québec.  Sans doute que mes textes toucheront à ce sujet, mais pas toujours : une femme a besoin d’une pause de temps en temps et des sujets légers par moments nous feront le plus grand bien; que nous soyons souverainistes, fédéralistes, accordéonistes ou trompettistes.

Pour faire un survol de mon début de vie, j’ai grandi à Châteauguay et je demeure à Saint-Basile-le-Grand sur la rive-sud du fleuve.  J’ai fait des études secondaires internationales au Collège Saint-Louis (1993-1998), collégiales au Programme Intégré en Sciences, Lettres et Arts au Collège de Bois-de-Boulogne (1998-2000) et universitaires au Bacc en actuariat à l’Université du Québec à Montréal (2000-2003).  J’ai travaillé chez un consultant privé en actuariat de l’été 2002 à février 2009 et je suis maintenant à la Division de l’harmonisation des régimes de retraite à la Ville de Montréal. Et j’aime mon boulot!  Pas beaucoup de trous depuis 1993, non?

De nature, j’aime les mathématiques, les arts, la littérature, les sciences, la musique, la philosophie, la psychologie, le poker (ça, c’était après l’école et non pendant!?), la psychologie des tueurs en série (pas de danger pour vous, soyez sans crainte!)

C’est pour vous dire : je suis intéressée par un paquet de domaines.  Alors je vous donne rendez-vous un peu n’importe quand et n’importe où : tantôt sérieuse, tantôt drôle, tantôt ludique et tantôt on va dormir!

Sur ce, bonne fin de soirée et au plaisir de vous retrouver bientôt.  J’ai déjà quelques idées de sujets et ce sera un plaisir pour moi de lire vos commentaires et d’apprendre encore et toujours!

Je termine par la citation suivante de Guy Bedos : « Il ne faut pas prendre les gens pour des cons, il y a assez de cons qu’on prend pour des gens ».  (ce n’est pas moi qui l’ai dit!)

p.s.: pour mettre un visage sur mon nom à l’aide d’une photo différente de celle de Twitter: