Quand le béton ne tient plus

L’effondrement du viaduc de la Concorde et de la structure de l’Autoroute 720 : accidents tragiques s’il en est.  Les nids de poule, les cônes et barrières oranges : il y en a partout et on dirait qu’on ne voit jamais le bout.

Ce que je constate, c’est que notre climat est parmi les plus difficiles pour les matériaux et notre territoire est immense.

Le climat avec ses +30 degrés l’été et -30 l’hiver, il y a de quoi se contracter et se détendre pour finir par craquer.  Des technologies plus performantes que l’asphalte existent de sorte que les routes ne seraient pas à refaire à chaque année.  Cependant, demandez aux corrompus de la construction pour le plaisir : ils ne se priveront pas d’un contrat annuel pour que nous ayons des routes durables, ils veulent se remplir les poches.  À quand l’enquête publique déjà? Ah oui, quand le PQ sera au pouvoir.

Et que dire de notre territoire.  Nous avons des heures de routes à faire pour aller de Montréal à Gaspé alors que les Français font le tour de leur pays au complet sans pause dans un temps similaire.  Et peut-être même en moins de temps.  Notre territoire est énorme et nous manquons de monde pour payer ses infrastructures dans certains endroits du Québec.  Malgré tout, nous pourrions investir sur notre réseau existant.

Malheureusement, il n’y a aucun capital politique à gagner à entretenir des routes.  Seuls les nouveautés, les grands projets font parler d’eux.  Quel journaliste va couvrir un projet d’entretien pour ne pas que le réseau nous tombe sur la tête?  Ils vont cependant couvrir le projet du plan Nord et tous ces nouveaux développements qui arriveront un jour!?  Et à chaque printemps, ils vont reparler des nids de poule et des cônes oranges.

Pourquoi ne couvrent-ils pas la fin des travaux d’entretiens routiers?  Facile : les électeurs veulent de la nouveauté tout le temps.  Et quand un accident arrive, ben là c’est fou comme ça devrait être entretenu mieux que ça et qu’il « faut faire quelque chose » : payez vos impôts, arrêtez de corrompre et arrêtez de chercher de la nouveauté tout le temps.

Si nos décideurs trouvaient leur compte à l’entretien, si nous leur demandions de restaurer ce que nous avons plutôt que de réinventer la roue, ils seront plus ouverts à investir dans notre réseau.  Aussi, les ressources nécessaires seraient déployées pour les inspections des structures et s’assurer du respect des lois.

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37 ans d’Amour – hommage à mes parents

Mes parents se sont dit oui il y a 37 ans le 27 juillet; pour le meilleur et pour le pire.  37 ans; deux enfants et toujours en Amour.  C’est quelque chose!

Pour leurs 35 ans, nous (ma sœur et moi) avions organisé un brunch surprise au lendemain d’une nuitée que nous leur avions offerte.  Ils ne savaient pas que parents et amis étaient présents.  Ils ont fait le saut lorsqu’ils ont vu le groupe et c’était très drôle.

En 37 ans de vie commune, ils en ont traversées des épreuves! Qui a dit que la vie était facile de toute façon.  Le plus touchant quand on les regarde c’est cette lueur d’Amour dans les yeux dès que leurs regards se croisent.  Ils dansent ensemble et ils sont en Amour.  Le vrai, le solide; celui qui se travaille et qui perdure.

C’est sûr qu’ils vont s’agacer, se taquiner et s’obstiner, mais lorsqu’on les regarde, on sent qu’ils vont se rejoindre tôt ou tard au même endroit.  Nous avons la chance d’avoir un modèle parental pour qui ça tourne bien.  Une base solide dans les tempêtes de la vie.  Ils nous ont montré à voler de nos propres ailes, nous encouragent dans nos projets et sont toujours présents.

Et le résultat : une fille qui a vu l’Australie, l’Angleterre, la Nouvelle-Zélande (ma sœur est encore là d’ailleurs; retour prévu en septembre).  Et l’autre mariée depuis 5 ans (c’est moi ça, c’était le 15 juillet), maison, boulot : surtout l’Amour!  Que demander de plus?

Nous n’avons rien inventé : nous avons suivi les traces de nos parents en nous appropriant ce que nous voulions bien garder et en laissant faire ce qui ne nous convenait pas.  Nous avons suivi nos goûts et intérêts : sciences humaines pour ma sœur et mathématiques pour moi.  Ils nous ont toujours supportées et encouragées.

Quel plus beau cadeau des parents peuvent-ils faire à leurs enfants (à part les aimer évidemment) que de leur apprendre à discerner le bon du moins bon pour eux.  Ils nous ont montré à pêcher au lieu de nous donner le poisson.   Quoique mon Papa rapporte quelques truites de sa partie de pêche annuelle, mais ce n’est pas pareil.

Bien sûr ils l’ont fait au prix de quelques sacrifices, ceux qu’on choisit lorsqu’on a des enfants.  L’important est d’en prendre conscience en tant qu’enfant.

En terminant, vous vous doutez bien qu’ils me lisent.  Alors je profite de ma tribune pour leur dire merci et je vous aime.

Bonne chance Monsieur Layton

Monsieur Layton,

La vie nous envoie parfois des épreuves et nous ne savons pas trop pourquoi.  Et en fait, y a-t-il une réponse réelle : ça nous tombe dessus, c’est tout.

Vous menez un combat extrêmement difficile : celui contre une maladie sur laquelle la médecine n’a aucun contrôle, aucune emprise, aucune volonté.  La chose évolue sans aucune possibilité de prévoir les coups.  Tout ce que vous savez, c’est que vous vous battez; et vous vous battez encore et encore.  Vous suivez les recommandations des médecins pour continuer de mordre dans la vie.

En ce moment difficile, vous choisissez de vous retirer de la vie politique.  Aucune partisanerie n’a sa place ici : seuls les esprits fourbes auront besoin de se le faire rappeler.

Devant la maladie, nous sommes tous égaux : tous en état d’alerte, prêts à combattre.  Sortez votre armure, vos armes et munitions : vous avez une bataille à gagner et toutes vos forces seront nécessaires.

Je vous souhaite sincèrement bonne chance et pensez à vous, votre santé et à votre famille : le reste demeure bien secondaire.

Jack Layton

Josh Groban – Straight to You Tour 2011

Le 23 juillet avait lieu le spectacle de Josh Groban au Centre Bell à Monréal dans le cadre de sa tournée Straight to You 2011.

Comme première partie, un pianiste a joué quelques chansons.  Il jouait plusieurs types de chansons, de Message in a Bottle de The Police jusqu’au thème de Pink Panther.  Il joue debout et il faisait des effets surprenants avec les cordes du piano en passant son bras dans le cœur de l’instrument.  Il est très doué et il joue du piano à peu près comme moi j’écris à l’ordinateur : sans regarder le clavier.  J’ai malheureusement oublié son nom, mais ça sonnait comme « Ilou ».

À 21h arrive ensuite un jeune homme de 30 ans à la voix d’or.  Un superbe 2h qui m’a paru 20 minutes.  J’en prendrais encore : je ne me tanne pas.  Il a essentiellement interprété les chansons de son dernier album Illuminations, mais aussi quelques unes de ses albums précédents: Awake, Closer et Josh Groban.  Une bonne douzaine de musiciens se trouvaient sur scène avec un mur blanc en reliefs : idéal pour projeter des images.

Très généreux avec son public : 2h, c’est quelque chose!  Et il a répondu à quelques questions pendant le spectacle.  Une jeune fille a demandé s’il voulait faire un duo avec elle et on a eu droit à un petit bout de To Where You Are.  Elle a une très belle voix l’adolescente de 17 ans.

La chanson la plus impressionnante à mon avis pour la mise en scène, les projections et les éclairages est Machine : les lampes au plafond tournoyaient au rythme de la musique et les images étaient des engrenages avec d’autres parties de machines.  Ça bougeait en masse et tout collait avec la musique!  Is there anything in this world that can make you stop.  You’re a Machine. J’aime beaucoup cette chanson.

J’ai beaucoup aimé les quelques revisites de ses chansons ainsi que d’entendre quelques chansons plus âgées avec sa voix d’aujourd’hui.  Beaucoup plus puissante qu’à 20 ans!

Pour l’ambiance, disons qu’il n’a pas le public cible de Metallica!? Je dirais même qu’il a un public difficile dans le sens qu’il a droit à un peu de jeune vingtaine, de la quarantaine et de la soixantaine avancée.  Difficile de rassembler tout ce monde-là.  De plus, l’essentiel de ses chansons reste des ballades : difficile de « rocker » là-dessus! Qu’à cela ne tienne: j’ai été tout le long sur le bout de ma chaise à danser sur place.

Je n’ai pas pris de photo ni de vidéo, d’abord parce que c’est interdit, et ensuite parce que si j’avais voulu le voir à travers un écran cathodique, j’aurais loué un DVD.

En conclusion, un excellent spectacle, j’en aurais pris d’autres!

Régimes de retraite – mais oui c’est intéressant!

Les régimes de retraite.  Quel produit financier complexe et fascinant : payer un montant à quelqu’un toute sa vie sans savoir s’il vivra 10 ou 30 ans!  Comment faire pour avoir assez d’argent dans la caisse pour payer ces rentes?  C’est là où l’actuariat entre en scène.   Une définition simple d’actuariat : évaluer le risque.  C’est tout, bonne fin de soirée!

Mais non, je ne vous laisserai pas comme ça.  L’idée des évaluations actuarielles d’un régime de retraite est « d’actualiser » la rente qu’on promet de verser de sorte que, basée sur des hypothèses démographiques et économiques, on est en mesure « d’évaluer » les besoins financiers du régime de retraite.

En bref : s’assurer d’avoir assez d’argent maintenant en fonction de rendements estimatifs et autres entrées pour ce que le régime promet de payer en prestations.  Dites-vous que ne pas respecter ses promesses pour un régime de retraite le rend illégal, et là, le promoteur du régime a de gros problèmes avec la Régie des rentes du Québec.  Ceci étant dit, tout se corrige : des erreurs ça arrive à tout le monde; l’idée est que l’employeur ne fait pas tout ce qu’il veut comme il veut avec le régime de retraite.

Les hypothèses démographiques (probabilités de décès, de cessation d’emploi, de retraite, d’invalidité), économiques (taux d’intérêt, d’inflation) et les méthodes de calculs permettent de dire si oui ou non la caisse a assez d’argent en fonction de la population qu’elle couvre.

Si c’est oui : il peut y avoir congé de cotisations pour l’employeur.  Sinon, il est possible d’amortir sur quelques années le renflouement de la caisse, mais une chose est sûre : il y a de l’argent supplémentaire à mettre et c’est l’employeur qui assume le risque.  Vous avez bien lu : le patron paye l’extra.  Il n’a pas le choix; c’est la Loi.  Ceci est pour un régime à prestations déterminées.

En effet, il existe deux grandes familles de régimes de retraite : à prestations déterminées et à cotisations déterminées.

Le premier promet un pourcentage d’un salaire ou d’une moyenne de salaires pour chaque année de service.  Par exemple : 1,5 % par année pour 30 ans travaillés donnent 45 % du salaire à la retraite.  C’est pour ça qu’il a besoin d’évaluations actuarielles : pour s’assurer d’avoir les moyens de payer.

Le deuxième : le patron et l’employé versent un pourcentage du salaire de l’employé dans un compte et l’employé ramasse le compte en s’achetant une rente à la retraite : si la bourse monte : la retraite monte; et vice versa.  Le risque est donc assumé par l’employé puisque si la bourse plante, le compte plante; ce qui fait qu’il y a moins d’argent disponible pour acheter une rente.

Si une entreprise fait faillite, dites-vous que le régime de retraite ne passe pas dedans : ce n’est pas un actif de la compagnie. Par conséquent, si le régime est solvable à 80 %, les participants recevront 80 % de la valeur accumulée dans le régime. S’il est solvable à   100 %, les travailleurs recevront leur valeur totale.  S’il est à +100 %, présentez-moi le gestionnaire : je lui confie tous mes avoirs! (c’est une blague : ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier, même si c’est le gestionnaire de l’année depuis 20 ans).

Les régimes solvables à +100 % après la crise de 2008 existent, mais j’en ai vus plus souvent en-dessous qu’au-dessus au cours de ma carrière (9 ans déjà ouf!).  Cependant, si ça arrivait, des dispositions seraient prises pour le surplus et pas uniquement en faveur de l’employeur.  Les participants aussi auraient leur part du gâteau.

Un régime solvable à moins de 100 % est « dangereux » en cas de faillite (fermeture complète, pas uniquement sous la protection de la Loi sur les faillites).  Si l’entreprise va bien, il y a de l’argent qui est versé à la caisse pour ramener la solvabilité à 100 % selon les règles de l’art.  Et dans la période pendant laquelle le régime est insolvable, les participants reçoivent toutes leurs prestations quand même, elles sont financées différemment tout simplement par l’employeur.

Un régime de retraite à prestations déterminées est généralement offert par les grandes entreprises, les municipalités et les gouvernements provinciaux et fédéral parce qu’un tel régime coûte extrêmement cher et le risque est assumé par l’employeur : il doit donc avoir les reins solides pour cotiser l’extra à la suite d’une crise économique.

Lorsque vous êtes couverts par un régime de retraite à votre travail (chanceux!), il fait partie de la rémunération globale :

entreprise A : salaire à 50 000 $ et régime de retraite à prestations déterminées (1,5 % du salaire par année)

entreprise B : salaire à 55 000 $ et aucun régime de retraite

Je ne sais pas vous, mais moi j’irais travailler pour l’entreprise A parce que, à long terme, je ramasserai plus en valeur avec le régime de retraite qu’avec 5 000 $ brut par année.

Dans mon quotidien, je fais des calculs, des relevés annuels pour faire état des droits des participants, des calculs de divorces, de cessations d’emploi; le tout en respectant la Loi sur les régimes complémentaires de retraite, la Loi de l’impôt sur le revenu, les conventions collectives pour des régimes de groupes syndiqués, les règlements de régimes de retraite qui décrivent comment et ce qu’il faut payer, etc.

Le plus intéressant est de mélanger tout ça pour en faire un tout cohérent et réussir à expliquer à quelqu’un qui n’y connaît rien ce à quoi il a droit.  Et j’aime mon boulot!

Je n’ai fait qu’effleurer le sujet, certes, mais vous voyez combien c’est passionnant!  (oui, bon, ça va, chacun ses goûts.)

p.s. : vous avez les principaux intervenants dans l’image ci-dessous pour vous situer un peu dans ce merveilleux monde de la retraite sur le plan financier.

Tirée du site http://hr.concordia.ca/benefits/money/pension/keyplayers.fr.shtml

Le changement : l’opium du peuple

La démocratie peut être définie comme un système politique, une forme de gouvernement, dans lequel la souveraineté émane du peuple. En simple, le peuple vote pour qui le représentera à la face du monde et qui administrera le bien commun.  Veuillez noter que le sens de « peuple » ici est un groupe d’êtres humains.  Et non pas le sens péjoratif que nous entendons trop souvent.

Le 2 mai dernier (et oui, encore celui-là), le peuple a voté, au Québec, pour une vague orange. Je respecte le vote, mais je ne l’accepte pas.  Je n’y vois aucune réflexion.  Ça voulait du changement et un bon Jack.  Je persiste et je signe.

Pourquoi?

Dans les commentaires de mon article Le NPD et ses députés fantômes, dont le mien https://marilenepilon.wordpress.com/2011/07/04/le-npd-et-ses-deputes-fantomes-dont-le-mien/ , Monsieur Laurent Desbois nous cite un courriel du député du NPD Pierre Nantel (merci Monsieur Desbois).

Monsieur Nantel donne rendez-vous dans un an afin que le NPD s’installe à Ottawa pour faire un constat objectif.  Dites, il y a de quoi mourir de rire : Harper aura donc le champ libre un an.  Ne me dites pas que vous pensez, qu’en plus, le NPD défendra le Québec avec autant d’ardeur que le Bloc Québécois.  Je vais rire à m’en déboîter la mâchoire.

Parallèlement sur la scène politique québécoise, le même phénomène s’apprête à se produire.  En effet, disons que le PQ change de chef.  On jase là.  Pendant une semaine on va dire : youppi, un chef qui touche le peuple québécois, il va nous mener à la souveraineté, il va faire ceci et cela.  Deux semaines après l’arrivée du chef et 150 sondages plus tard, le peuple va se rassembler pour un temps derrière ce chef qui fera monter les souverainistes à 60 % le temps de 175 sondages.

Puis viendront François Legault et ses collègues.  Ben oui, Legault va faire un parti politique; je ne vous apprends rien.  Et 375 sondages plus tard, le peuple québécois votera pour ce mouvement mi-droite, mi-gauche, souverainiste ou non (on ne le sait pas trop).

Notez, il n’a pas à se prononcer maintenant non plus sur la question constitutionnelle : il n’est pas encore un parti politique.  Question de temps; et quand il le sera : allo les journalistes pour lui poser la question.  Il est mieux de se brancher et que la réponse soit autre chose que « nationaliste ».  Ça fera sûrement quelques bulletins de nouvelles sensationnalistes.

Je disais donc que Legault fera son parti politique et il sera là juste à temps pour les prochaines élections provinciales, il représentera le changement et deviendra premier ministre.  C’est amusant jaser : le parti n’existe pas et je le mets déjà au pouvoir; ben oui, ça change.

Voter pour les rouges pendant 2-3 mandats et voter bleu ensuite pour la même période est un « principe d’alternance »; d’accord.  Voter pour le NPD qui demande un an d’adaptation, là, c’est du changement. Parce qu’il n’alterne pas? Je note; ça devient mélangeant des fois. Changement, mais si tu as déjà été au pouvoir tu alternes.

Je demande que nous cessions d’être attirés toujours par la nouveauté : tout nouveau tout beau.  S’arrêter à la dimension de la nouveauté reste superficiel.  Je souhaite que nous nous informions tous en profondeurs sur les programmes des partis, leurs actions, leurs idéologies, leur façon d’administrer. Je souhaite que nous ne nous informions pas seulement lorsque nous changeons de voiture.

Cessons de donner carte blanche à la nouveauté en pensant naïvement que c’est toujours positif.  Adolf Hitler a été élu aussi, il était du changement aussi.  Bon, il s’agit d’un exemple.  Je ne compare personne à Hitler.  Je pousse le raisonnement, c’est tout.

Question de faits

Les médias : ces télévisions, ces radios et ces journaux qui veulent être regardées, entendues et lus.  Tout pour vendre : les gros titres (quitte à tordre la vérité parfois), le sensationnalisme (quitte à supposer ce qui serait arrivé si et si et si), mais que finalement, ce qui était « un événement » est d’une banalité sans nom.  Je parle ici du traitement de la nouvelle avec lequel je veux m’amuser.

La nouvelle : 3 députés démissionnent du Parti Québécois (PQ). Ça, c’est la nouvelle.

Traitement numéro 1 : coup de théâtre! 3 importants députés péquistes démissionnent!  Un coup dur pour le PQ, une crise extraordinaire remet en cause le leadership de Pauline Marois.  Est-ce que le mouvement souverainiste s’essouffle? Est-ce que le PQ doit douter de son avenir? Est-ce qu’il faut remplacer Pauline Marois?  Une chose est sûre : une crise profonde vient ébranler les fondations du PQ.

Traitement numéro 2 : 3 députés du PQ démissionnent.  Ils ont abandonné.  En effet, il est plus difficile de travailler en équipe pour changer les mentalités.  3 députés préfèrent quitter le caucus afin de choisir le chemin facile : pas d’opposition, ni de discussion, ni de compromis, ni d’échange d’idées : ils sont seuls avec eux-mêmes.  Le travail qu’exige être membre du PQ semble trop élevé pour ces démissionnaires. Ils siégeront donc comme indépendants.

Traitement numéro 3 : 3 députés du PQ démissionnent.  (oui, c’est tout!)

Et malgré tous ces traitements différents, jamais le 3e ne sera choisi : beaucoup trop factuel.  Pourtant, c’est bien tout ce qui s’est passé.  Oui, 5 démissions en tout.  Et alors? La force du PQ se résume à 5 personnes?  Permettez-moi d’en douter.

Démissionner est un simple départ d’un endroit où, en général, nous ne sommes pas bien.  Nous quittons pour mieux.  Mon opinion personnelle est que les démissionnaires ont quitté pour une tribune : se faire voir et entendre pour passer à l’histoire.  Le PQ n’est pas parfait, loin de là, mais le défi demeure immense de travailler en équipe afin de faire progresser la souveraineté.

Il y a une vie après le PQ et le PQ a une vie après Curzi, Beaudoin et Lapointe; ensuite après Aussant et Charrette.  S’ils veulent revenir auprès du parti porteur de la souveraineté qui semble si chère à leurs yeux, ils seront toujours les bienvenus.  Autrement, ils sont des adversaires politiques.  Mais ils sont souverainistes.  Mais ils ralentissent le mouvement.  Mais ils veulent un pays du Québec.  Hein?

En terminant, je vous suggère un exercice très drôle : lorsque vous écoutez les nouvelles ou même dans une conversation entre ami(e)s sur des sujets à opinions, essayez de faire ressortir les faits et uniquement l’argumentaire factuel.  Vous verrez : parfois, c’est très révélateur.