Occupons Montréal ou changeons le système

Vous le savez peut-être, mais j’aime bien amener de nouvelles idées et lancer des raisonnements dans toutes les directions simplement pour le plaisir et nous amener à réfléchir.  Aujourd’hui, j’ai le goût de parler d’Occupons Montréal.  Je ne me ferai pas d’amis, mais fait à ne pas oublier : je suis politiquement de gauche.  Une gauche dans laquelle tout le monde se responsabilise afin que tous payent un peu pour la collectivité.

Je reviens à Occupons Montréal dont l’intention demeure très noble : changer le monde.  J’en comprends qu’ils veulent une révolution dans le système capitaliste actuel dans la continuité du mouvement Occupy Wall Street à New York.  Décidément, je ne comprends pas le changement s’il y en a.

Je passe tout près du Square Victoria tous les matins pour me rendre au boulot et le soir lorsque ma journée de travail est terminée.  Sincèrement, je ne vois pas comment une centaine de tentes peuvent changer le monde.  Je comprends la revendication, l’intention, la façon pacifique de manifester : j’aime bien la méthode, car il n’y a pas de violence.

Voyez-vous, quand je me promène à proximité de ce camp de fortune, ce qui me dérange reste l’odeur de marijuana (thérapeutique sans doute(!)).  Ce ne sont pas des préjugés : je passe dedans et je sais ce que ça sent (pas bon du tout!?!?).  Heureusement, ils ne fument pas tous, mais je préférerais sentir l’odeur du changement.  Pour le moment, il n’y a rien.

Qu’à cela ne tienne, je me permets une suggestion pour aider ces jeunes et moins jeunes afin que leur objectif de réellement changer le monde soit atteint.  Plutôt que de fumer, je suggère à ces personnes désireuses de modifier la face du monde de jouer un tour au destin : faites des hautes études.  Oui, étudiez, devenez PDG d’une grande banque et là, vous serez en position d’atteindre votre objectif.  Vous serez les instruments du changement et vous n’attendrez plus après les gros bonnets qu’ils fassent le travail à votre place.

Imaginez : vous êtes PDG d’une multinationale qui ne paie pas d’impôt étant donné la Loi de l’impôt écrite pour les riches.  Vous avez 40 % de marge de profit.  Vous décidez de descendre cette marge à 25 %.  Avec le 15 % disponible, vous offrez des prêts étudiants sans intérêt ou des bourses.  Les riches paieront l’intérêt sur les prêts réguliers et les étudiants commenceront à rembourser à la fin de leurs études et ce, sans intérêt.  Ce n’est pas une bonne idée de produit financier ça?  Et si plusieurs revendicateurs deviennent PDG, ils auront tous le même mouvement et toutes les institutions offriront ce genre de prêt pour emboîter le pas.  Le prix à payer sera une chute des actions, peut-être la délocalisation des finances vers des pays qui conservent des marges à 40 % et des actionnaires mécontents.  Par contre, si toutes les institutions financières se munissent de dirigeants de gauche, le marché mondial se rétablira puisque toutes les institutions offriront ce genre de produit.

À ne pas oublier : pour réaliser ce beau projet un manifestant aura à travailler pour une compagnie financière, à progresser à l’intérieur de celle-ci afin d’effectivement changer le monde en passant par les produits financiers offerts.  Le jeu est simple : des gens de gauche à la tête de multinationale de Dubaï à New York en passant par Toronto.  Le processus demeure légèrement plus long et ardu, mais il permettra aux manifestants de faire valoir leurs revendications.  Il y a toujours place à l’amélioration et à l’innovation dans les produits financiers : la seule limite demeure l’imagination.

Je persiste et je signe : d’autres moyens existent que de dormir dans une tente pour modifier la dynamique réelle du monde des affaires; évidemment, certains moyens sont plus efficaces et nécessitent plus d’efforts que d’autres.

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C’est trop simple, il doit certainement y avoir un truc

Je tiens à remercier mon Chéri qui a laissé un commentaire sur Facebook ainsi que Denis H. qui en a laissé un sur mon blogue concernant le prix de l’essence.  En effet, leurs propos m’ont donné le goût d’écrire sur les différences de prix entre le Québec et les États-Unis alors que nous sommes tout près de la parité des dollars.  Comme toujours, je vous écris ce que je pense et tant mieux si le tout permet l’échange d’idées.  Voici donc ma réflexion sur ce sujet; source de tellement de frustrations.

Notre monde occidental vit dans la liberté des marchés.  Parfois nous avons tellement de libertés que nous ne savons pas quoi en faire.  La liberté des marchés, par définition (du moins, la mienne), régularise elle-même les prix : il y a l’offre et la demande et lorsque le prix de l’offre rencontre celui de la demande, nous avons une vente.

Nous avons remarqué que le prix de l’essence est extrêmement volatile et qu’un éternuement en Chine peut provoquer une hausse de 10 cents le litre à la pompe chez-nous.  Pour nous faire rager encore plus, aux États-Unis, l’essence peut se vendre environ 40 cents de moins le litre : ils ne sont pourtant qu’à quelques heures de route et leur dollar vaut à peu près la même chose que le nôtre.  Les biens électroniques (tous les iMachins, les consoles de jeux vidéos, les systèmes de son) subissent le même sort.  Ils sont souvent plusieurs dizaines de dollars plus chers ici et la différence est portée à plusieurs milliers de dollars de plus lorsqu’il s’agit de voitures.

Je ne vais pas puiser dans les théories de grands économistes ni d’éminents philosophes.  Ma réflexion est toute simple et se résume à ceci : ces différences existent pour la simple raison que nous payons le prix demandé.

Si nous n’avions pas les moyens de nous payer certains véhicules 10 000 $ de plus, nous ne les achèterions pas.  Les concessionnaires seraient dans l’obligation d’ajuster le prix à la baisse pour en vendre.  Le iPad est plus dispendieux ici parce que nous avons les moyens de le payer plus cher.  Et les consommateurs font la queue chez Apple à la sortie de chaque nouveauté : pourquoi Apple vendrait ses produits moins chers?  Les gens se bousculent pour être les premiers à se les procurer; ils vont continuer de les vendre plus chers et je ne les blâme pas : en affaire, ils ont compris.

Qui nous oblige à acheter? Si nous n’avons pas les moyens, le biens reste sur la tablette.  Or, nous achetons quand même.  Si le prix de l’essence est si exorbitant (et il l’est par rapport au prix du baril de pétrole), diminuons la consommation et le prix baissera de lui-même : l’ajustement du marché le fera.  Sinon, pourquoi les marchants diminueraient-ils le prix?  Ils n’ont aucun avantage à le faire : nous achetons.

Les Étatsuniens n’ont pas les moyens de payer les biens et services à nos prix.  Ils ont trop d’assurances à acheter eux-mêmes et beaucoup de services ne sont pas assurés par les impôts d’un peu tout le monde comme ici.  Malgré le fait qu’ils paient moins d’impôts que nous, l’argent qu’ils ont « en plus » sert à payer les services non dispensés par l’État.  Alors, ils n’ont pas plus d’argent disponible pour leurs bidules personnels.  Ils en ont même peut-être moins parce que leurs marchés ont forcé les prix à la baisse afin que les gens consomment comparativement à ceux chez-nous.  Si ce n’était pas le cas, ils paieraient aussi cher qu’ici.  Je comprends alors que leur offre rencontre leur demande à un prix plus bas parce que les gens n’ont pas la capacité de payer plus.

Lorsque nous regardons chez-nous les prix gonflés par certains entrepreneurs, les argents qui sont sournoisement volés de part et d’autres de certains gouvernements et les prix des biens et services plus élevés comparativement aux États-Unis : nous sommes riches à craquer.  Pour rendre le tout encore plus pathétique, nous avons beaucoup plus de services ici qu’au sud de notre frontière et nous avons les moyens de payer les produits plus chers quand même.

Je persiste et je signe : nous avons les moyens de conserver tous nos services et même plus.  Un peu moins de mauvaise foi de la part de certaines gens aiderait grandement notre cause.  L’honnêteté, l’intégrité et le respect demeurent des valeurs intéressantes vous savez.

Intégrisme religieux – quand les droits des uns rencontrent les droits des autres

La religion.  Quel concept fabuleux : croire sans voir.  Il faut être sacrément convaincu (mauvais jeu de mots, non?) pour avoir la foi.  J’ai toujours pensé que la religion existait simplement pour expliquer ce que la science ne peut pas prouver.  Chacun sa conception quoi.

Ma réserve concerne les accommodements raisonnables. J’ai écrit au début de l’année à Benoit Charette (critique de l’opposition en matière d’immigration pour le PQ dans le temps) et à Jean-François Lisée (auteur et blogueur et a déjà été conseiller politique) pour leur faire part de mon inquiétude face à ces demandes illégitimes à mon avis.  Je présente, entre autres, quelques idées et extraits du texte que je leur ai transmis.

Je précise tout de suite : je ne suis pas xénophobe ni raciste.  Je n’ai rien « contre » les étrangers ni « contre » aucune race.  J’en ai contre les demandes et contre les élus qui les accordent.  Se plier à ces demandes pour des motifs religieux concrétise l’art de laisser une porte de garage ouverte.

Une collègue que j’adore est musulmane sans porter le voile et à la regarder on ne devine pas qu’elle est musulmane.  Elle m’a dit lors d’un dîner que si porter le voile représentait quelque chose d’important pour elle, pour vivre sa religion, et que ne pas le porter lui enlevait quelque chose, elle le porterait, mais en Algérie : elle retournerait chez-elle.  Ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est elle.  Ça, voyez-vous, j’aime ça : pas d’extrémisme.  Et l’intégrisme existe dans toutes les religions évidemment.

J’aime amener de nouveaux éléments à la réflexion : admettons que j’exige au nom de mon absence de religion que je ne veux pas voir une seule trace de symbole religieux nulle part sur les lieux publics.  Le crucifix à l’Assemblée Nationale, je m’en fiche : laissez-le ou enlevez-le.  Je demande donc cet accommodement raisonnable-là : plus rien, niet, nada.  Alors? Qui me l’accordera?  N’ai-je pas le droit de voir le visage de la personne avec qui je parle?  De ne pas savoir à quelle religion monsieur et madame tout le monde adhère?  D’avoir les locaux d’université destinés à des conférences et des cours et non à des lieux de prières?  Et j’en passe!  Nous avons un beau problème : leurs droits primeraient sur les miens?

Dans le même ordre d’idées, nous savons que certaines religions briment les droits des femmes.  Le port du hijab, du tchador ou de la burqa place la femme à un niveau inférieur à l’homme puisque ce dernier n’en porte pas. Pourquoi est-ce que la liberté de religion primerait sur la liberté des femmes.  Il n’est pas question ici de « faire comprendre » aux hommes qu’ils doivent « permettre » à leurs femmes d’avoir le choix de porter ou non ces vêtements. Il s’agit de traiter la femme comme un être humain. Il n’y a pas de « permission » à demander, et ce, peu importe la religion pratiquée.

Et les femmes qui « choisissent » le port de ces vêtements, soit : qu’elles le portent chez-elles, c’est la liberté de religion; mais dans les rues et autres endroits publics, c’est à visage découvert.  Croyez-moi mesdames, votre dieu ne vous reprochera pas d’avoir les cheveux au vent.  Sinon, mérite-t-il d’être prié?  Je n’ai pas de réponse, vous la trouverez bien pour votre foi.

En interdisant tout signe religieux dans les lieux publics et en acceptant la pratique religieuse exclusivement dans les maisons privées, nous n’allons pas à l’encontre de la Charte des droits et libertés qui prône la liberté de religion : chez-vous, faites ce que vous voulez; en public, tout symbole est interdit.  Vous ferez ce que vous voulez tant que ça ne va pas à l’encontre du code criminel.  Alors les meurtres d’honneur, ici, ça ne passe pas.  De toute façon, ce n’est pas un accommodement raisonnable.

Je suis plutôt drastique à ce niveau-là : on enlève tout, y compris les croix catholiques romaines.  Cependant, il y a une approche graduelle présentée par Jean-François Lisée que j’aime beaucoup.  Il a écrit quelques blogues sur la façon de laïciser l’état dans un mode d’emploi très intéressant.  J’ai bien aimé, entre autres, qu’il suggère qu’aucun signe religieux visible soit une condition d’embauche.  De cette façon, si tu veux travailler pour l’entreprise/l’état et que tu refuses de laisser chez-toi les accessoires religieux, tu iras travailler ailleurs.  Autrement dit, les gens savent à quoi s’attendre s’ils veulent être embauchés et la présence d’éléments religieux s’éliminera d’elle-même au bout de quelques années.

Si on me considère intolérante, je vous dirais de virer l’affirmation à l’envers : on nous demande de changer nos habitudes, nos façons de faire, nos règlements au nom de diverses religions pratiquées par une minorité chez-nous : qui est le plus intolérant entre les deux?