Québecus – le Tanguy de Kanados

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Vous connaissez sans doute ce fameux film français : Tanguy. Pour vous rafraîchir la mémoire, c’est l’histoire d’un homme de 28 ans qui habite encore chez ses parents même s’il fait un plus gros salaire que son père. Ce film a tellement été populaire, qu’on appelle tout adulte habitant encore chez ses parents un Tanguy, pour en rire. Je vais vous raconter l’histoire d’un Tanguy que je connais. Il s’appelle Québecus. Peut-être aurez-vous envie de l’aider à le sortir de chez son père Kanados. Je n’ai pas réussi cet exploit encore.

Voyez-vous, Québecus est âgé de 30 ans. Il habite dans l’immense maison de son père. Il paye pension, quand même. Il verse en effet la moitié de son salaire à Kanados pour pouvoir demeurer dans le domaine familial. Québecus travaille toute la semaine et la fin de semaine il joue à ses jeux vidéos toute la journée sur sa grosse télé 62 pouces. Il reste confortable chez son papa Kanados. En réalité, il pense qu’il nage dans le bonheur. Il limite au contraire ses possibilités.

Kanados demeure un homme rusé et manipulateur. Il profite de son garçon. Que celui-ci lui paye pension ou non, ça ne changera rien à sa grosse maison : elle sera toujours là. Par contre, si Québecus quitte le nid familial, il y aura pas mal moins d’argent qui rentrera. Même si Kanados paye certaines dépenses de Québecus, il ne le garderait sûrement pas avec lui si Québecus lui coûtait plus cher que ce qu’il lui rapporte.

Kanados voyage à travers le monde. Il rencontre les plus grands et mène une magnifique vie. Il parle au nom de son fils, comme si Québecus partageait automatiquement ses idées. Or, Québecus demeure tellement endormi par ses jeux vidéos qu’il ne voit pas que Kanados saccage l’environnement et fait exprès pour parler une autre langue. Québecus ne comprend pas quand Kanados parle. Kanados le sait et espère que son fils continue de dormir dans son coin, qu’il paye sa pension et qu’il pense qu’il est bien avec ses 3 repas par jour et ses jeux vidéos.

Québecus, pour sa part, baigne dans ses illusions. Et oui, il continue de penser que Kanados a besoin de lui. Québecus a essayé deux fois de partir en appartement. La première fois, il n’était vraiment pas prêt : âgé d’à peine 17 ans, immature et sans diplôme en poche. La seconde fois, par contre, c’était il y a 5 ans. Il avait le pied dans la porte, il voulait quitter. Malheureusement, Kanados a utilisé sa ruse pour l’empêcher de partir. En effet, il lui a promis d’être gentil avec lui, de le couver et de lui fournir tout ce dont il a besoin pour bien moins cher que s’il partait. Kanados a fait peur à Québecus en lui disant qu’il ne saurait pas comment se débrouiller dans le monde, qu’il aurait une maison beaucoup plus petite que celle qu’il a présentement et qu’il n’aurait pas assez d’argent pour traverser les épreuves à venir. Comble de malheur, Québecus a plié. Oui, il reste crédule. Il ne s’en inquiète pas outre mesure, parce qu’il ne voit pas qu’il s’est fait berner par son père. Il a marché dans ses mensonges et a préféré rester dans la peur de papa plutôt que de voler de ses propres ailes.

Ce que Québecus a oublié, il y a 5 ans, c’est qu’il avait la possibilité de se libérer. Il aurait embrassé une liberté extraordinaire. Il aurait pu aller voir de quoi l’extérieur est fait, respirer pour lui au lieu d’être intubé par les mensonges de Kanados. Québecus avait la possibilité de parler en son nom avec sa langue, sa culture, ses idées qui demeurent diamétralement opposées à celles de Kanados.

Québecus a eu peur de prendre ses responsabilités. Une grande liberté reste intimement associée à de grandes responsabilités. Québecus a toutes les capacités pour vivre sa vie comme un Homme, pour prendre ses propres décisions, pour faire valoir ses idées. Un jour, j’espère, il comprendra qu’en restant chez Kanados il ne vit pas. Il demeure figé dans la peur; il vit en zombie.

Dans sa vie actuelle, Québecus regarde passer le train plutôt que d’embarquer dedans.

Image par phgaillard2001

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