Le plus beau des satellites

Bonsoir, oh oui, bonsoir.

La nuit favorise l’état de pleine conscience. Le calme, la paix, la tranquillité se côtoient calmant les cerveaux les plus en ébullition. L’astronomie et l’astrophotographie sortent du quotidien et favorisent cet état de sérénité. Tant d’objets prennent une dimension nouvelle lorsqu’un télescope ose s’interposer entre ces éléments et notre œil. L’optique nous rapproche à un point tel qu’on a l’impression de pouvoir toucher l’immensément loin seulement en tendant le bras. Le plus beau des satellites demeure sans contredit la lune. Cette boule aux nuances de gris a été l’inspiration de multiples poètes et écrivains depuis que le monde est monde offrant aux lecteurs les plus beaux espoirs d’y trouver toutes sortes de merveilles.

Les illusions tombent lorsque la lune a permis à l’homme de perturber sa surface. En effet, il n’y a pas de magie, pas de diamant, pas de métaux précieux, pas d’habitant. Rien. C’est le désert de poussières. La mission Apollo 11 avec à son bord Neil Armstrong, Edwin (Buzz) Aldrin et Michael Collins, a été la première visite humaine en cette terre inconnue. Les recherches spatiales ont contribué au développement de multiples innovations technologiques pour ensuite être adaptées pour la vie terrestre.

L’étude de l’espace infini documente les origines de notre monde et nous permet de comprendre que tout ce qui existe a commencé par un big bang et que nous sommes entourés d’éléments gazeux ou rocheux. La Terre abrite la vie simplement parce que son orbite est située à la bonne distance du soleil pour avoir une surface ni trop chaude ni trop froide. Ça vous refroidit les ardeurs des religions quant à leurs lubies sur les origines du monde, non? Tout ça pour dire que nous sommes le résultat d’une explosion de gaz sur des roches. Charmant.

Pour mon plaisir, je partage ici quelques photos prises ce soir. Laissez-vous bercer par votre imagination; qui sait, on se reverra peut-être là-bas.

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La planète Oreau

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Depuis quelques semaines, je m’amuse à regarder les astres à travers mon télescope. Je me plais à me perdre dans l’infini de l’univers et je me rends compte que nous sommes bien peu de choses. La nuit dernière, j’ai découvert une nouvelle planète. Puisque je ne l’ai jamais vue répertoriée, j’ai pris la liberté de la nommer : Oreau.

Mon télescope demeure assez puissant pour me montrer certains détails de la structure d’Oreau. Je pouvais y distinguer deux couleurs principales : le bleu et le jaune. En ajustant mon appareil, je réalise à ma grande surprise que le bleu c’est de l’eau et le jaune c’est de l’or. Ces deux éléments m’ont inspirée pour son nom. Je change d’oculaire pour me rapprocher de la surface et je vois des petits êtres bleus et jaunes. Les personnages détonnent de l’eau et de l’or puisqu’ils sont légèrement plus pâles que ces éléments. Je m’amusais à leur donner des noms : Aquins pour les bleus et Orins pour les jaunes.

La surface jaune d’Oreau reste légèrement plus importante que sa surface bleue. Les Aquins tentent de sauvegarder ce qui reste d’eau sur la planète tandis que les Orins ne veulent que plus d’or. Les Orins semblent avancer dans le désordre, car leur territoire doré s’agrandit doucement, mais sûrement, de façon désordonnée. C’est comme s’ils étaient plusieurs clans. À l’opposé, je vois les Aquins qui demeurent sur leur ligne bien droite en tentant de ralentir la progression des Orins. Les Aquins restent imparfaits, certes, mais ils essayent de montrer aux Orins l’importance de sauvegarder l’eau sur la planète. La maladresse les surprend de temps en temps; malgré tout ils demeurent convaincus qu’ils prennent la bonne décision en mettant tout en oeuvre pour préserver l’eau.

Après quelques minutes, je vois que les Orins n’entendent pas à rire. Ils forcent la progression de l’or et empiètent sur l’eau : c’est comme si tous les moyens sont bons pour avoir toujours plus d’or. Ils tiennent mordicus à sortir les Aquins inférieurs en nombre et à les dissuader de poursuivre dans leur voie. Ils veulent que les Aquins fassent de l’or à profusion et délaissent l’eau. C’était un spectacle très particulier.

Les Aquins n’ont vraiment pas la force du nombre. Malgré la meilleure volonté du monde, ils regardent les Orins en face d’eux et le désespoir se lit sur leur visage. Pour en ajouter, les Orins ont trouvé le moyen de littéralement transformer l’eau en or : ils n’ont plus besoin de l’accord des Aquins. J’ai vu la planète Oreau passer de l’équilibre bleu-jaune à 100 % jaune : elle s’est littéralement transformée en boule d’or. La brillance et la beauté d’Oreau m’éblouissaient, mais je persistais à regarder.

Les petits personnages bleu pâle détonnaient sur l’or et les Orins riaient aux éclats. Par la suite, tout doucement, la vie commençait à disparaître : les Aquins, plus facile à distinguer puisqu’ils étaient bleus, s’éteignaient. Je pouvais aussi deviner la disparition des Orins puisque le nombre de petits points jaune pâle diminuait aussi. Sournoisement, la planète Oreau s’est vidée de sa vie.

Les Aquins avaient compris : ils étaient prêts à se contenter d’un peu moins d’or tout en sauvegardant l’eau, la source de leur vie. Les Orins ont rigolé peu de temps, ont été riches l’espace d’un instant et n’ont jamais pu en profiter.

Là-haut dans l’univers, Oreau demeure une magnifique planète, dorée; et morte.

Image par Môssieur J.

Les oculaires pour un astronome amateur

L’observation des astres demeure un plaisir hors de l’ordinaire. J’aime beaucoup tout oublier sur mon balcon à faire le focus sur l’étoile polaire ou la lune. Et croyez-moi : ça marche! Évidemment, ce plaisir reste difficile en ville, mais j’ai continué de m’équiper pour faciliter mon observation. Il ne reste plus qu’à Mère Nature de lui tenter de coopérer un peu plus, sauf que je suis tout sauf pressée.

En retournant chez Lire la Nature, je voulais me procurer d’autres oculaires. Mon objectif principal est de varier le niveau de grossissement des éléments observés. On parle évidemment d’éléments célestes ici. Je me demandais si j’étais mieux avec plusieurs oculaires vendus dans un ensemble avec une mallette ou bien de plutôt investir dans 2-3 oculaires de meilleure qualité. Pour un prix similaire à un ensemble, on m’a conseillée d’acheter 2 oculaires offrant une meilleure performance et un meilleur confort pour l’observation.

En effet, en magasin, on m’a très bien expliqué et montré les différents oculaires. Si vous regardez les différences entre les oculaires des ensembles et ceux vendus séparément, vous remarquerez d’une part que, dans un ensemble, on a trop d’oculaires offrant un niveau d’observation similaire. En effet, un ensemble vous fera payer pour un oculaire avec une distance focale de 6 mm et un autre de 8 mm. À la place de ces 2 éléments, vous pourriez acheter un oculaire de meilleure qualité de 7 mm. Les différences entre un 6 mm, un 7 mm et un 8 mm ne sont pas si significatives. Lorsque le budget est limité, il importe de choisir.

De plus, en regardant les oculaires vendus en ensemble, vous remarquerez que la lentille d’observation est toute petite. En magasin, j’ai pu constater qu’un oculaire de meilleure qualité avait une lentille d’un diamètre d’environ 3 fois celui d’un oculaire faisant partie d’un ensemble. Vous aurez plus de plaisir et de confort avec un oculaire de qualité. J’ai donc opté pour 2 oculaires séparément plutôt qu’un ensemble pour le même prix.

Avec mon télescope, j’ai déjà un oculaire à distance focale de 25 mm. Qu’est-ce que la distance focale? Je vous ramène en 4e secondaire (ou en 5e?) dans vos cours de physique au chapitre de l’optique. Vous vous souvenez (ou peut-être pas) du chapitre où on dessinait le voyage des rayons de lumière à travers une lentille en utilisant le foyer de cette dernière. Quand mon conseiller m’a parlé de distance focale, j’ai eu droit à un voyage dans le temps gratuit dans ma tête. Pour faire simple, plus la distance focale est petite, plus vous grossissez l’objet observé. Plus la distance focale est grande, moins l’objet est agrandi.

Dans le domaine de l’astronomie, peut-être vous demanderez-vous : ben, si plus le chiffre est petit, plus on agrandit, pourquoi prendre des lentilles avec une grande distance focale? Excellente question. Ce que je ne vous ai pas dit, c’est que plus vous prenez une distance focale courte, plus vous perdez en largeur de champ d’observation, donc également en lumière. Ah HA! Alors il importe de choisir le bon oculaire en fonction de l’objet observé. Si vous voulez regarder un phénomène assez large (par exemple une nébuleuse) avec un oculaire 7 mm, vous aurez de la misère à la voir en entier. Par contre, pour observer l’étoile polaire : j’imagine qu’avec le 7 mm ça doit être assez impressionnant.

Puisque mon appareil arrive avec un oculaire de 25 mm, c’est excellent pour regarder la lune et les planètes. Je vous réfère à mon billet précédent pour les photos : c’est assez impressionnant. Pour rapprocher les étoiles ou pour un détail de quelque chose, on m’a suggéré un oculaire 7 mm.

7mm

Aussi, pour l’observation du ciel profond, un oculaire de 32 mm permet un champ d’observation large.

32mm

Étant donné mon budget, je pouvais me permettre 3 oculaires. Alors on m’a proposé un oculaire de 16 mm : il y aura quand même une différence significative d’avec mon 25 mm. J’ai déjà hâte à la prochaine pleine lune.

16mm

En astronomie, il existe des filtres de couleurs pour moduler les éléments observés. Pour le moment, mon conseiller m’a suggéré un filtre polarisant. Plutôt que d’être un filtre couleur, l’effet demeure similaire à celui des lunettes fumées polarisantes. On s’en sert principalement pour l’observation de la lune afin d’en contrôler la brillance. J’ai opté pour le filtre ci-dessous qu’on peut ajuster en fonction de la brillance de l’objet. Après avoir fait mes observations avec ce filtre, je pourrai voir si les filtres couleurs deviennent intéressants.

filtreAvec tout ça, je suis équipée d’un bel ensemble d’oculaires pour m’amuser pendant des heures. C’est dommage de devoir dormir la nuit et qu’il pleuve. Qu’à cela ne tienne, l’hiver s’en vient et il fera noir à 16h. J’ai comme l’impression que tout le monde n’apprécie pas nécessairement ce commentaire. Merci de me lire quand même!

Astronomie : science captivante et infinie

Quand j’étais plus jeune, j’aimais regarder les étoiles de temps en temps. Je trouvais ça beau. Récemment, j’ai lu Patience dans l’azur de Hubert Reeves et cet ouvrage m’a redonné le goût de lever le nez en l’air.

Aujourd’hui, j’ai un peu plus de moyens alors je me suis fait un cadeau à moi de moi : un télescope. Je voulais un appareil qui puisse m’aider à observer notre ciel et être assez performant pour me guider parmi ces multiples étoiles. Après avoir fait mes devoirs, je suis allée dans une charmante boutique à Longueuil : Lire la nature. C’est une petite entreprise dirigée par 4 personnes et ils vous guident merveilleusement bien dans vos choix. J’avais 2 critères principaux : mon budget et la portabilité de l’appareil. Pour le budget que j’avais, j’aurais pu choisir un appareil plus imposant, mais il n’était pas portatif pour 5 sous. Comme j’ai dit au jeune homme qui m’a conseillée : je ne reste pas à Sept-Îles alors il doit être portatif pour m’en servir ailleurs qu’à la maison. Finalement, j’avais bien fait mes recherches puisque le Celestron Nexstar 6 SE était un bon choix pour moi et c’était également ma conclusion. Voici le monstre :

telescopeSur la photo ci-dessus, vous le voyez sur la table de ma salle à manger. Pour l’observation, il vient avec un trépied et non pas ma table. Vous avez peut-être remarqué le bouton à sa base. Cet appareil est motorisé. Et oui, cette merveilleuse petite machine est équipée d’une base de données et d’un GPS qui peut situer les astres en fonction de l’endroit où vous vous trouvez. Vous voulez voir Saturne? Qu’à cela ne tienne : après l’avoir aligné, vous pesez sur le piton « Saturne » et comme un transformer il pointe l’objet demandé. Oui, je sais, c’est complètement fou. J’adore.

Pour alimenter ce petit bidule, je vous suggère de vous procurer un Power Tank. C’est comme une immense batterie.

powertankAinsi, vous pouvez alimenter votre télescope n’importe où. Il est muni de 2 lampes de poche : la grosse blanche c’est pour vous guider sur votre lieu d’observation, mais pour vous installer, il est préférable d’utiliser la lumière rouge. Votre œil s’habituera plus rapidement à l’observation du ciel si autour de lui il n’y a pas de lumière forte blanche. Ça a bien adonné pour moi puisque mon télescope était en spécial. Avec les sous économisés, je me suis équipée avec un coffre de transport de la compagnie Celestron :

coffre

Le coffre n’est absolument pas une obligation pour le transporter, mais si vous êtes légèrement brise-fer et que vous voulez observer les étoiles ailleurs qu’à la maison, je vous le recommande : il y a des protections partout et le coffre lui-même est solide. Si vous utilisez un autre moyen, gardez simplement en tête que les oculaires et le tube du télescope restent des accessoires très fragiles.

Commencer l’astronomie avec le Celestron Nexstar 6 SE reste un peu ambitieux, mais je préférais investir autant au départ et y aller une étape à la fois. Pour m’aider, mon conseiller chez Lire la nature m’a suggéré le guide pratique de l’astronomie : utile pour les grands enfants. En effet, les explications demeurent claires, simples et excellentes pour commencer.

Au début, ce hobby demande beaucoup de patience. Mes premières tentatives n’ont pas été fructueuses. Je me suis obstinée à essayer d’observer une étoile : l’objet est trop petit. Puisque je ne voyais pas la lune de ma cour arrière, je me disais « Pfffff pas besoin de la lune, n’importe quelle étoile fera l’affaire pour m’aligner ». Bon oui, à la base, ce n’est pas faux, mais l’alignement d’un télescope n’est pas comme viser une cible en tir à l’arc : la moindre déviation fera en sorte que vous allez chercher votre étoile longtemps. Suggestion : commencez vraiment par observer la lune et laissez faire le péché par orgueil. Ce satellite est assez gros pour faciliter l’alignement de votre appareil.

Hier soir, j’ai lâché la chasse aux étoiles pour observer la lune. La première fois que vous réussissez à observer quelque chose de clair dans votre télescope c’est un wow garanti! Ça coupe le souffle. La lune arrive dans mon oculaire et j’ai fait le saut. Le temps s’est arrêté pendant quelques secondes. J’ai réussi à faire le focus, mais cette bille blanche reste un modèle fuyant : le satellite terrestre se promène et c’est détectable à l’œil dans le télescope. Pour prendre les 2 photos ci-dessous hier soir, je m’y suis prise à plusieurs reprises parce que la lune se promène trop rapidement. C’était très comique de me voir essayer de poser avec mon cellulaire sur l’oculaire du télescope et la lune qui se sauve. Pour le moyen, je trouve ces clichés magnifiques!

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Toujours la lune mais avec un peu moins de nuages devant son nez :

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N’est-ce pas qu’on oublie tout le reste quand on regarde ça? J’ai réussi à voir la lune et j’ai le goût de lui faire un autre coucou. Le ciel est immense et contient une infinité d’astres, d’étoiles, de galaxies. J’ai de quoi m’amuser en masse. Cependant, dès qu’on voit quelque chose, on a systématiquement envie de le partager. Par conséquent, dans le futur, je voudrai tranquillement m’améliorer en astrophotographie. Alors, petit à petit, je m’équiperai d’un oculaire plus puissant pour mon télescope, d’un appareil photo adapté, d’un logiciel pour jouer avec les photos, etc. J’utiliserai la section « Astronomie » de ce blogue pour partager mes découvertes. Doucement, tranquillement, chaque chose en son temps. C’est quand même la nuit que ça se passe et malheureusement il importe de dormir de temps en temps.

Le ciel a tant de beautés à offrir. Je vous invite à faire le voyage avec moi.

Voyage au bout de l’asphalte

Nous arrivons d’un périple routier de 5 jours absolument mémorable. Routier demeure le mot clé. Nous n’avons pas calculé le kilométrage, mais nous l’estimons à 3 000 km. Mon mari et moi, pour sortir du quotidien, nous roulons. La Côte-Nord reste une magnifique région pour décrocher, changer de décor, profiter du fleuve. Et quel fleuve! Impossible de dire qu’on voit le fleuve uniquement en traversant un pont en région urbaine. On a beau éteindre la télévision, le cellulaire, l’ordinateur : les voisins restent à 6 pieds, il y a toujours 2 voitures par maison, de la circulation à perte de vue et des lampadaires éclairant l’intérieur des maisons. La Côte-Nord, c’est tout le contraire. Bien qu’aucun récit ni image ne remplacera l’expérience, je vous partage quand même quelques moments de nos vacances.

D’abord, la première journée se résume relativement facilement : on roule. On roule roule roule et roule. Nous prenons le traversier entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac. Cet endroit est trop profond pour y construire un pont. Les photos ci-dessous ont été prises au retour, mais c’est pas mal la même chose qu’à l’aller, en sens inverse.

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Après toute une journée à rouler, nous nous sommes installés à Baie-Comeau. Le premier soir, nous prenions une marche près de l’hôtel et nous sommes tombés sur une charmante galerie d’art. Étant donné l’heure, elle était fermée, mais nous avions les visages collés sur les vitrines. Au même moment, l’artiste peintre lui-même revenait de sa promenade et nous demande si nous voulons visiter. Ce n’est pas parce que nous embuons ses vitrines que nous voulions vraiment entrer… Et c’est avec plaisir qu’il nous a ouvert son établissement. Quelle belle rencontre avec l’artiste peintre Claude Bonneau http://www.claudebonneau.com/galeries.htm. Sa galerie d’art rassemble 1 001 tranches d’histoire du Québec. On y retrouve des boîtes à bijoux anciennes, de vieux tourne-disques, un vieux piano, des vieilles machines à écrire, caisses enregistreuses, poupées, bouteilles, vêtements : nommez-les, c’est là. Entre ces éléments on peut découvrir ses toiles. Les robes rouges et jaunes sont récurrentes, les tableaux débordent de vie et son style reste magnifique. Il nous a parlé de sa vie, la façon dont il a monté son établissement. Une visite s’impose si vous passez par Baie-Comeau.

Le lendemain, nous voulions visiter la centrale hydroélectrique de Manic-5. Comme elle est à environ 220 km au Nord de Baie-Comeau, c’est presque Montréal-Québec pour aller la voir. Encore une fois, les photos ne vous donnent qu’un aperçu : cette centrale vaut le détour! Lorsqu’on arrive, c’est un Wow! instantané.

Taurus_Manic

Il y a tellement de béton dans le barrage Daniel-Johnson qu’il vaut le déplacement. La plus grande arche a des bras de 27 mètres de profondeur. 27 mètres!! Ça commence à faire de la structure. Ce barrage reste impressionnant et une visite de la centrale s’impose. Pour se rendre sur la crête du barrage nous y allons en autobus scolaire et nous faisons nos coquets avec ces casques protecteurs.

Moi_casqueNous nous rendons à l’intérieur d’une arche. J’essayerais bien de vous décrire l’expérience, mais rien ne vaut le voyage. L’arche ci-dessous n’est même pas la plus grande. C’est incroyable!

arche_manic

L’image ci-dessous n’est pas un delta ni un lac : c’est le réservoir de Manic-5. C’est immense!!! La photo a été prise sur la crête du barrage.

reservoir_manicToujours sur la crête mais de l’autre côté du réservoir :

manicC’est magnifique, il faisait tellement beau aussi. Aucune ville ni village à l’horizon. La paix : oh oui, c’est l’endroit parfait et unique! Me voici à l’autre bout de la crête.

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Malheureusement il importe de redescendre. Alors on lance inévitablement un dernier regard à cette superbe structure, symbole de l’ingénierie humaine.

manic fin

Je ne sais pas quels scandales ont entouré la construction de ce barrage. Malgré tout, je le trouve absolument magnifique. Il vaut son détour de 220 km.

Le lendemain, nous partons pour Havre-Saint-Pierre. Chemin faisant, nous arrêtons à un phare situé à Pointe-des-Monts là où le fleuve devient estuaire. Étant donné les courants marins de l’endroit, beaucoup de bateaux ont fait naufrage. Sur le bord de l’eau, la température était autour de 15 degrés Celsius. Nous étions loin des 35 degrés de Montréal et c’est tant mieux : l’humidité et moi n’avons jamais fait bon ménage.

phare

Il ventait légèrement…

canonsNous poursuivons notre route. À environ une demi-heure avant d’arriver à Havre-Saint-Pierre, nous nous retrouvons à l’archipel de Mingan. Nous voulions faire une excursion sur les îles. Comme ce n’est pas le moment des grandes vacances, nous avons eu une excursion privée : nous étions 3 dans le bateau en comptant le capitaine. Oui oui je sais, tout le charme demeure dans la veste.

moi bord

Nous voguons donc tranquillement vers la première île sur laquelle nous trouvons un phare et 2 bâtisses en pleine transformation pour devenir des gîtes touristiques. Le phare fonctionne à l’énergie solaire : plus de gardien.

bateauVoici le phare.

phareEt les habitations.

habitationSur cette île, nous trouvons beaucoup de macareux. Ils se reproduisent dans les trous présents sur les falaises des îles.

macareux1Un autre groupe ici. Ils sont vraiment mignons.

macareux2

Nous retournons sur le bateau pour aller sur l’autre île. L’île Nue. Pourquoi l’île Nue? Parce qu’elle est toute nue : pas d’arbre, que des monolithes sculptés par la mer. Ici, ça prend un peu d’imagination. Voici le monolithe baptisé le chameau.

chameau

Celui-ci, juste pour le nom : les amoureux.

amoureux

Le monolithe surnommé la bottine :

bottine

Finalement d’autres monolithes présents sur l’île Nue.

monolithe

Ce n’était pas prévu, mais nous avons pu voir une bonne douzaine de baleineaux. Il y a eu un baleineau très téméraire qui nous a fait un coucou à une dizaine de mètres. Aussi, nous avons entendu un pssshhhtt de maman baleine, mais elle n’a pas voulu sortir de l’eau. C’est presque tant mieux parce qu’elle se trouvait pas mal près de notre embarcation. Le moment se passe trop rapidement alors nous n’avons pas d’image, mais nous en gardons plusieurs dans notre tête. Nous avons poursuivi notre route pour passer la nuit à Havre-Saint-Pierre.

Le lendemain, nous roulons encore vers l’est sur la 138. Objectif : Natashquan. Nous roulons tellement en montant toujours un peu que nous traversons des kilomètres de taïga.

taiga1

taiga2

Nous croisons quelques points où nous apercevons le fleuve et quelques villages, mais c’est tout. Nous continuons de rouler dans ce paysage pendant une heure et demie entre Havre-Saint-Pierre et Natashquan.

vers natashquan

Nous continuons. On remarque l’annonce de Pointe-Parent. Sa petite histoire : Pointe-Parent a été nommée ainsi à la suite du décès par noyade du curé Parent qui s’était installé à cet endroit. Son corps a été retrouvé à la pointe qui porte aujourd’hui son nom.

Nous arrivons à Natashquan. La température était moins de notre côté pour cette journée-là : il y avait énormément de brume. Nous n’avons donc pas pu voir très loin à l’horizon, mais nous avons pu voir la maison de Gilles Vigneault et dîné chez John Débardeur. Le club au crabe était délicieux. Vous avez pu certainement manger de bons fruits de mer chez-vous. Cependant, manger ces produits sur la Côte-Nord reste pas mal difficile à battre. Chez Julie à Havre-Saint-Pierre, Chez Omer à Sept-Îles : 2 adresses incontournables lors d’un périple sur la Côte-Nord. J’y repense et je salive encore.

À Natashquan, nous atteignons l’objectif de notre voyage : atteindre le bout de l’asphalte. Le bout de la route 138. Nous sommes dans les derniers moments du bout de la route puisqu’elle reste en pleine construction après Pointe-Parent pour relier d’autres villages à l’est de Natashquan et éventuellement rejoindre le Labrador. Nous nous sommes arrêtés au bout de l’asphalte puisque la 138 continuait sur la gravelle pour 18 kilomètres. La route est finie? Qu’à cela ne tienne, maintenant, on revire de bord et on recommence à l’envers!

138finAvec la visite de Rouyn-Noranda, Sainte-Flavie et Natashquan, je me trouve privilégiée d’avoir pu constater l’immensité et la beauté de notre pays d’est en ouest. Le Québec offre de multiple richesses environnementales, naturelles, humaines. Un jour, nous serons capables de vivre ensemble et de faire de notre Québec un pays réel à la face du monde. Nous avons tout le nécessaire pour y arriver. Un jour, nous nous ferons suffisamment confiance.

Droits de scolarité : quand indexation signifie gel

dollars

Avec les rencontres préparatoires au sommet 2013 sur l’éducation du gouvernement Marois, plusieurs de nos politiciens et représentants des fédérations étudiantes sortent dans les médias afin de présenter les multiples positions possibles concernant les droits de scolarité. Apparemment, certaines explications demeurent nécessaires étant donné les commentaires sur les médias sociaux et les gros titres des journaux. Je tente ici, pour le plaisir, de présenter ma compréhension de certaines options.

La gratuité scolaire demandée par l’Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante (ASSÉ), que dis-je « demandée » : martelée, exigée, imposée aveuglément et sans considération aucune pour autre chose. L’idée est magnifique. Malheureusement, nos moyens demeurent limités et notre population continue de vieillir. Nous avons des coûts et des besoins exponentiels en santé. Faute de pouvoir tout avoir, nous devons choisir. Oui, nous pourrions choisir la gratuité scolaire au lieu de soigner les personnes âgées. C’est vrai. Je préfère que tous payent un peu plutôt que de laisser mourir des personnes âgées. C’est un peu extrémiste comme propos, mais à une suggestion extrême, seules les images extrêmes parlent. Du ménage reste évidemment nécessaire dans l’administration publique et la souveraineté nous faciliterait la tâche. Soit. En attendant, nous avons encore des universités et des cégeps à faire vivre. L’ASSÉ a annoncé qu’elle boycotterait le sommet 2013 : quel excellent moyen pour se faire entendre que de se cacher de la plateforme mise en place pour présenter ses idées chiffrées. L’ASSÉ a présenté un mémoire pour démontrer les bienfaits de la gratuité scolaire et combien il est difficile de chiffrer précisément cette mesure. C’est de valeur parce que nos impôts et taxes sont chiffrés et les moyens doivent être connus dans un budget : je vous suggère fortement de retourner faire vos devoirs et de participer au sommet, ça sera déjà un bon début.

L’indexation des frais de scolarité collée sur l’inflation correspond à un gel des droits de scolarité. Je ne vois pas ce qu’il y a d’amusant à ce concept : c’est exactement ça. Voici quelques exemples pour présenter cette perspective : le salaire minimum a déjà été à 7 $ l’heure. Il aura été graduellement indexé pour atteindre 10,15 $ l’heure le 1er mai prochain. Pourtant, il s’agit toujours du salaire minimum et le pouvoir d’achat de ces salariés demeure toujours le même. Il y a donc gel du pouvoir d’achat; gel quant à la quantité de biens accessibles avec ce salaire qui, pourtant, a augmenté. Un second exemple est la livre de beurre : demandez à vos grands-parents et ils vous diront qu’ils ont déjà payé 1 $ la livre de beurre. Or, ce même bien reste beaucoup plus cher aujourd’hui, mais les salaires ont augmenté aussi, tout ça pour acheter la même livre de beurre.

À l’inverse, s’il y a un gel des salaires, nous sommes devant une baisse du pouvoir d’achat. En effet, 30 000 $ par année constituait un pouvoir d’achat énorme en 1950, mais pas en 2013. Par conséquent, garder un salaire ou un coût au même montant en dollars absolus diminue son importance au fil du temps. Le même phénomène se produit avec les frais de scolarités : vous maintenez les frais au même montant en dollars absolus d’années en années et vous diminuez l’importance de ce coût sur le revenu total des acheteurs. 2 000 $ par session avec un salaire à 7 $ l’heure fait plus mal que le même 2 000 $ lorsque le revenu est à 10 $ l’heure. Vous me suivez?

Alors loin d’être un abus de langage, maintenir les droits de scolarité au même montant en dollars absolus diminue le coût réel étant donné la hausse du salaire minimum par exemple. L’augmentation des frais de scolarité liée à la hausse du salaire minimum contribuerait à geler le pourcentage du revenu qu’un étudiant déboursera pour ses études.

Notre société a des choix à faire, l’année dernière à pareille date nous avions un gouvernement inflexible maintenant la ligne dure avec les étudiants juste pour tenir son bout. Aujourd’hui, nous avons un gouvernement qui organise un sommet sur l’éducation pour écouter les propositions.

Je comprends que nous ne sommes pas habitués d’être consultés, mais la plateforme existe : utilisez-la à bon escient.

(Image par Images_of_Money)

Un temps d’arrêt

sablier

Nous courrons tout le mois de décembre : la famille proche, la famille éloignée, les enfants, les amis, les cadeaux, les rhumes, les grippes, les otites, les cliniques, les magasins pour les surprises oubliées de dernière minute; et c’est très bien, mais STOP! Dans tout ça, où se trouve notre relation avec nous? L’altruisme demeure une excellente valeur, mais il existe un besoin d’altruisme de soi avec soi. Comme un ami m’a déjà dit : l’égoïsme, c’est la générosité pour soi. Je me demande si nous ne serions pas moins dépressifs si nous nous occupions un peu plus de nous-mêmes personnellement. Un peu plus j’ai dit, pas laisser tomber tout le monde pour nous regarder le nombril.

Alors arrive le Jour de l’An et ses résolutions traditionnelles. J’ai toujours trouvé ça très drôle les résolutions : des bilans personnels on peut en faire à l’année alors pourquoi attendre que le chiffre de l’année change? On peut se décider le 12 juin ou pendant nos vacances d’été. Mais non, on aime ça les vacances des fêtes, quand ça suit une routine et un cadre, c’est confortable.

Alors quelles seront vos résolutions? Arrêter de fumer? Arrêter de boire? Perdre du poids? Pour ma part, je prends toujours la même résolution d’une année à l’autre et je la respecte toujours. Ma résolution : ne pas prendre de résolution. Je vous suggère autre chose. Je vous propose de prendre du temps pour vous et que ça devienne un mode de vie. Choisir un moment dans la journée, dans la semaine ou dans le mois pendant lequel vous ferez uniquement quelque chose qui vous allume personnellement, seulement vous avec vous pour vous. Ça peut être lire un livre, dormir, recevoir un massage, regarder le plafond, prendre une marche, jouer de la musique, n’importe quoi! Être en voiture ou dans l’autobus ça ne compte pas : nous sommes toujours concentrés sur la route ou sur l’arrêt qui s’en vient. Faites n’importe quoi que vous aimez et qui vous rapprochera de vous. L’idée semble tellement évidente, mais nous ne le faisons pas. Avez-vous remarqué?

Notre quotidien stressé ne rend pas la tâche facile et la culpabilité non plus : qu’est-ce que je fais à enrichir ma relation avec moi alors que je pourrais m’occuper de mes enfants, ma famille, mes amis, mes collègues. J’ai encore de l’énergie alors je pourrais l’utiliser à aider les autres. Le tour de force ici réside à réussir à nous mettre personnellement sur le même pied d’égalité que les personnes qui nous entourent : pourquoi toujours faire passer les autres avant soi? Le mot important à retenir est « toujours ».

Je ne voudrais pas que nous devenions une société individualiste, loin de là. Si c’est ce que vous déduisez : j’ai manqué mon coup. Je précise qu’en nous aidant nous-même nous pourrons mieux aider les autres. Choisissez un temps pour vous qui vous satisfera. Appréciez et savourez ce moment. Vous êtes aussi important que les autres.

L’étape suivante sera de vous retrouver tout seul avec vous-même. Tout seul pour vrai : pas d’ordinateur, pas de télévision, pas de cellulaire intelligent, pas de tablette électronique, pas de livre, pas de musique, pas de gens. Tout seul, demeurer conscient et observer ce qui se passe. Si vous réussissez, vous verrez de la surprise, de l’émotion, des effets physiques. Personnellement, je n’ai jamais réussi à tenir très longtemps, mais pour le temps que ça dure, c’est impressionnant.

Bonne année tout le monde! C’est le moment : j’ai rendez-vous avec moi.

(Image par akial)