L’automne en images

J’aime mon Québec. On y traverse 4 saisons chaque année sur 60 degrés. Du changement entre l’éternelle chaleur et le froid intense de nos paysages blancs. Entre les deux, il y a l’automne. Cette saison riche en couleurs et parfaite en température nous permet de décrocher et de faire le plein d’images de couleurs fantastiques.

Chacune de mes photos sont retouchées pour les contrastes et l’intensité des couleurs. En effet, l’œil capte toutes les nuances de la nature, mais mes talents de photographe ont besoin d’un peu d’aide pour recréer ces moments croqués sur le vif.

Nous sommes allés nous promener dans Rougemont et ses environs, en Montérégie. Quel pays magnifique. Bon voyage!

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Newport – Rhode Island : opulence par excellence

De retour d’un périple de 3 jours au Rhode Island. Plus précisément à Newport. Selon la route que vous prenez et la circulation, prévoyez 6h30 à 7h de voiture pour vous rendre. Je vous invite à suivre ce voyage en photos; dans cet État où les richesses témoignent de la réussite d’industriels d’une autre époque.

À notre arrivée, nous avons été agréablement surpris par l’abondance d’arbres matures. L’atmosphère ressemble aux vieux quartiers de Saint-Lambert par exemple. Les maisons entourant notre gîte (Bed & Breakfast) ainsi que le gîte lui-même rappelle une époque passée. Notre gîte est la maison jaune aux volets rouges. Charmant endroit et les déjeuners extrêmement copieux, je vous le recommande : The Beech Tree Inn.

_MG_3815_mod _MG_3823_mod _MG_3825_mod _MG_3835_mod _MG_3844_modAprès avoir déposé nos choses, nous sommes allés nous promener sur une des plages : l’eau devait être autour de 72 degrés. Parfait pour une marche, mais pour la baignade, on repassera. Nous avons été chanceux, il a fait plutôt beau ou nuageux. Ni trop chaud ni trop froid. Si vous voulez y aller dans le temps des grandes vacances, il doit y avoir du monde en pas pour rire. Pour notre part, nous étions très bien. Voici les images de cette fin de première journée.

_MG_3865_mod _MG_3877_mod _MG_3909_mod _MG_3989_mod _MG_4009_mod _MG_3996_mod _MG_4015_mod _MG_4031_mod _MG_4049_mod _MG_4054_mod _MG_4105_mod _MG_4134_mod _MG_4147_mod _MG_4153_modÇa vous donne le goût? Attendez, vous n’avez rien vu encore.

Imaginez-vous dans le temps d’Hercule Poirot : fin 1890 début 1900. Les premières voitures apparaissent, l’ère industrielle bat son plein. Les hommes s’enrichissent démesurément dans l’industrie des mines de charbon, de cuivre, dans l’importation d’épices de Chine. Les femmes s’occupaient de la maison, que dis-je, des manoirs, et des 40 employés tout en organisant des joutes oratoires plus inutiles les unes que les autres. Les commérages étaient légion, c’est tout ce que le monde avait à faire. Parfois on montait à cheval ou on jouait au tennis. On concluait des ententes sur la parole et l’honneur. Les temps ont bien changé.

L’État ne percevant pas d’impôt, tout l’argent allait directement dans les poches de ces magnats des mines et ces commerçants. 30 millions de dollars, en 1900, c’était tellement d’argent que ces hommes ne savaient presque plus quoi en faire. C’est dans cette atmosphère que je vous emmène. C’était l’odieuse époque de l’abondance pour soi. Je n’y vivrais pas, certainement pas, mais les vestiges restent d’une beauté impressionnante.

Dans une journée, si vous écoutez tous les détails de l’audio-guide de A à Z ou bien en haute saison : 3 maisons dans une journée, c’est réaliste. Puisque nous étions en basse saison et que nous voulions en voir le maximum, nous avons préféré faire le principal des audio-guides et nous avons vu 5 manoirs. Premier arrêt : l’immense demeure pour acheter nos billets et sa bibliothèque. Ça donne le ton.

_MG_4185_mod IMG_4183_modVoici quelques images prises dans le quartier entourant ces immenses manoirs.

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Les photos intérieures sont normalement interdites. Je n’ai pu en prendre qu’une avant de me faire avertir. Voici donc la seule photo intérieure du premier château que nous avons visité : le Elms.

_MG_4199_modVous êtes toujours dans l’atmosphère de richesses? À l’intérieur, tout est immensément chargé : les murs de 20 pieds, les rideaux en velours et autres tissus lourds et riches, des plafonds avec des poutres décorées et des ornements en tête d’ange, des œuvres d’art, et j’en passe. Voici l’extérieur du Elms.

_MG_4192_mod _MG_4193_mod _MG_4195_mod _MG_4198_mod _MG_4201_mod _MG_4202_mod _MG_4203_mod _MG_4205_modÀ l’époque, les apparences étaient tellement importantes, que des entrées cachées étaient aménagées pour recevoir la nourriture et autres marchandises sans que les invités ni les propriétaires ne s’en aperçoivent. C’est presque triste, non? Mais c’était les mœurs du temps.

_MG_4200_modLe second manoir, à mon goût, reste le plus sombre et le plus chargé de tous. Le propriétaire l’a nommé Château-sur-mer : il avait fait des études en France. Mais c’était noir là-dedans. Très riche, beaucoup de boiseries et de tissus imprimés à faire décoller la rétine. Mais ça, c’était comme ça à peu près partout : on était riche, il fallait le montrer.

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Ensuite, nous avons visité The Breakers : riche, chargé, immense; à voir._MG_4218_mod_MG_4221_mod_MG_4231_mod_MG_4233_mod_MG_4237_mod_MG_4238_mod_MG_4248_mod_MG_4252_mod_MG_4256_modL’avant-dernière demeure s’appelle Rosecliff. La décoration de celle-ci était plus sobre, pour autant qu’on puisse être sobre !?! L’architecte en avait assez de voir des imprimés psychédéliques à chaque pouce carré alors il a voulu alléger le tout. Un peu. L’intérieur vaut le détour et les ornements font rêver.

_MG_4263_mod _MG_4264_mod _MG_4269_mod _MG_4270_mod _MG_4271_mod _MG_4279_modLe dernier manoir, mais non le moindre, s’appelle Marble House. Il porte bien son nom : cette maison contient 7 millions de dollars de marbre. Des dollars du début du siècle dernier. C’était le cadeau du propriétaire à sa tendre épouse pour ses 39 ans. Puisque les murs, plafonds, planchers sont en marbre, cette demeure était utilisée 6 semaines par année. Une maison d’été comme une autre. Malheureusement, le couple a divorcé quelques années plus tard.

Pour revenir à la demeure, un incendie a ravagé une partie de la maison. Pour réparer rapidement les dommages, un faux fini a été peint sur les murs réparés. C’est à s’y méprendre d’avec le marbre original. Par contre, une grande partie de la maison est intacte avec le marbre de l’époque. C’est ridiculement riche et à faire rêver. Ils avaient tellement d’argent qu’une pièce est vêtue d’une tapisserie en or 22 carats et une autre salle avait des bandes en platine sur les murs. C’est fou hein? Vous devrez vous y rendre pour voir ça. De toutes les demeures visitées, la plus impressionnante, c’est The Marble House.

_MG_4280_mod _MG_4284_mod _MG_4287_modÀ l’arrière, il y a une Tea House (maison de thé), une sorte de pavillon qui a une vue imprenable sur l’océan, similaire à celle de Rosecliff puisque ces manoirs sont voisins.

_MG_4294_mod_MG_4304_modÀ la fin de la journée, nous nous sommes promenés sur la route panoramique en prenant des photos ça et là pour le plaisir.

_MG_4436_mod _MG_4306_mod _MG_4317_mod _MG_4324_mod _MG_4345_modLe lendemain, nous nous sommes promenés sur la passerelle aménagée pour les piétons. Nous avions un autre point de vue que celui de la rue sur les résidences du collèges et sur les propriétés du bord de l’eau. La mer était sous nos pieds, de quoi prendre le large. Les soirs de tempêtes : ça ne doit pas être beau à voir; et en haute saison : ça doit être noir de monde. À l’automne, les feuillus s’habillent sans doute de leurs plus belles couleurs. Nous avons pu profiter de la tranquillité post-rentrée scolaire et du bruit des vagues. Magique.

_MG_4374_mod _MG_4378_mod _MG_4382_mod _MG_4395_mod _MG_4397_mod _MG_4407_mod _MG_4415_mod _MG_4418_mod _MG_4430_mod _MG_4370_modFinalement, avant de reprendre l’autoroute vers notre chez-nous, nous avons fait un petit arrêt à la marina.

_MG_4440_mod _MG_4442_modEn sommes, le Rhode Island cache des richesses magnifiques et les manoirs de Newport valent le détour. Un beau voyage très plaisant, surtout si la Température est de notre bord.

Point de vue oublié

C’est fou ce que nous pouvons nous promener sans regarder. Ou regarder sans voir. Comme certaines personnes écoutent sans entendre; ou entendent sans écouter.

Quand on se rend au travail, on marche, on fait son cheval de laitier : toujours la même chose. On ronchonne si ça ne nous tente pas ou si c’est lundi matin. On est de bonne humeur le vendredi après-midi, mais fatigué. En traînant mon appareil photo ça a été le festival du clic avant et après le boulot. Comme je travaille dans le Vieux-Montréal, ce n’est pas trop étrange étant donné la multitude de touristes qui y passent avec leurs appareils. Les photos d’aujourd’hui paraîtront plus tard, revenez me voir.

Pour le plaisir, j’ai rassemblé mes dernières images ici, croquées dans mon coin du Québec sur la rive-sud du fleuve et surtout à Montréal. Vous ne regarderez plus une fleur de la même façon. Ces couleurs semblent plus vraies que nature. À voir ou revoir, je pense; je les trouve jolies.

IMG_0781_mod 2205_Douceur Bourdon grandbasilois_Marilène Pilon_juilet 2014 IMG_0900_mod IMG_1027_mod IMG_1042_mod IMG_1062_mod IMG_1072_mod IMG_1096_mod IMG_1103_mod IMG_1143_mod IMG_1180_mod IMG_1244_mod IMG_1279_mod IMG_1288_mod IMG_1330_mod IMG_1371_mod IMG_1374_mod IMG_1387_mod IMG_1391_mod IMG_1439_mod IMG_1445_mod IMG_1448_mod IMG_1461_mod IMG_1618_mod IMG_1664_mod IMG_1707_mod IMG_1733_mod IMG_1745_mod IMG_1836_mod IMG_1843_mod IMG_1848_mod IMG_1850_mod IMG_1858_mod IMG_2086_modr IMG_2125_modr IMG_2128_modr IMG_2143_modr IMG_2153_modr IMG_2179_modr IMG_2195_modr Plus vraie que nature_Marilène Pilon juillet 2014 2354_Abri IMG_2274_mod IMG_2287_mod IMG_2289_mod

 

Chez-moi

Il y a quelques semaines, j’ai posé une question à mon père : parmi tous les appareils photos que tu as eus dans ta vie, ton préféré là, c’est ta grosse caméra noire des années 80, non? Et il m’a regardée avec des grands yeux et un immense sourire en faisant oui de la tête. Cet appareil photo pesait 3 tonnes et quart, mais c’est vrai qu’il était d’une très grande qualité. Sauf erreur, il s’était fait ce cadeau pour l’Expo 67. Dans ma grande naïveté, je lui ai posé une autre question : pourquoi tu ne l’as pas gardée alors? Il m’a répondu par une question : es-tu capable de trouver un film 35 mm toi?  J’ai bien ri de ma question et de sa réponse. Malgré tout, l’idée a germé dans mon esprit. Non pas pour trouver un film 35 mm, mais bien pour sauter encore plus loin dans le merveilleux monde de l’optique.

Dans la vie, je trouve important de se faire plaisir pour se faire plaisir. Alors, j’ai magasiné un appareil photo. J’en voulais un bon que je pourrais adapter à mon télescope.  J’ai donc demandé des conseils à quelques personnes qui affectionnent particulièrement ce loisir. Et j’ai fait mon choix sur une Canon 70D avec une lentille 18-200 mm. La prochaine étape est de ramasser mes sous pour me payer l’objectif pas achetable Canon 100-400 mm avec son filtre B+W 77 mm et le pare-soleil qui couronnera le tout. Si vous vous embarquez là-dedans, dites-vous que c’est un vide poche. Par contre, quand on sait compter, on y arrive très bien et la satisfaction derrière le plaisir de prendre des photos n’en est que maximisée. Quoiqu’il en soit, même avec une lentille 18-200 mm, cette petite machine réussit des merveilles.

Depuis plusieurs années, les appareils photos intégrés aux cellulaires font très mal aux compagnies produisant de véritables appareils. J’ai moi-même immortalisé mon voyage aux Bermudes au complet avec mon téléphone. Par contre, j’ai essayé d’améliorer le visuel d’une de ces photos à l’aide de Photoshop… Au secours! Il n’y a pas grand-chose à faire avec ça. Comme me l’a si bien dit un collègue photographe : les cellulaires sont excellents pour le souvenir, moins pour la photo.

Bien humblement, je vous présente mes premiers clichés réalisés chez-moi. Soit dans ma cour ou dans mon coin de pays, tout près de la rivière Richelieu et du Mont Saint-Hilaire. Ces photos, pour ma part, sont plus vraies que nature. Elles ne servent qu’à me faire plaisir; ni plus, ni moins. Elles m’ont fait sourire, rigoler, ronchonner (surtout quand Photoshop ne collabore pas à ce qu’il y a dans ma tête). Au bout du compte, je suis très heureuse des images ainsi réalisées. J’ai eu envie de les partager simplement pour le plaisir.

Vous imaginez ce que donnerait la Lune, Jupiter, Mars ou Saturne avec ça? Chaque chose en son temps. Pour l’instant, je vous souhaite un bon visionnement de mon chez-moi.

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Prunius derrière la maison

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Fleur sur le côté de la maison – j’aime l’effet clair-flou du focus

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On dirait un feu d’artifice

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Fèvier devant la maison

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Hémérocalle devant la maison

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Hémérocalle après la pluie

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Le long du Richelieu. C’en est une qui m’a donnée du fil à retordre

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Un plan de framboise perdu. Il était tout seul.

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Mont Saint-Hilaire à droite

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Pont pour les trains

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Mont Saint-Hilaire

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L’instant. La fraction de seconde de vie de la vague.

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Pour ne pas me déranger, parfois, les bateaux ralentissaient devant moi. Au contraire, faites de la vague!

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Déformation. Les beautés du ciel.

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N’en rajoutez plus, la lune est pleine!

En vedette, encore, notre satellite naturel : la lune. La nuit dernière, elle était à 2 secondes d’être pleine. Ronde dans toute sa splendeur! Cette lune reste extrêmement brillante alors les reliefs demeurent peu visibles. Je vous invite à comparer ces photos à celles de mon article précédent pour constater les différences. Pour jouer avec les images, j’utilise un logiciel me permettant d’ajuster les contrastes, les couleurs, les textures : RegiStax venant avec la caméra Neximage compatible avec mon télescope. Qu’à cela ne tienne, la lune a bien voulu être mon modèle l’espace d’une heure. Si lointaine, elle remplit l’objectif plus que ce que le client en demande.

Sur ce, bon voyage et profitez du modèle : elle est là chaque nuit. Levez les yeux et voyez au-delà de la Terre, ne serait-ce que pour prendre conscience de la beauté qui nous entoure et à quel point nous sommes chanceux d’avoir notre planète Bleue.

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La planète Oreau

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Depuis quelques semaines, je m’amuse à regarder les astres à travers mon télescope. Je me plais à me perdre dans l’infini de l’univers et je me rends compte que nous sommes bien peu de choses. La nuit dernière, j’ai découvert une nouvelle planète. Puisque je ne l’ai jamais vue répertoriée, j’ai pris la liberté de la nommer : Oreau.

Mon télescope demeure assez puissant pour me montrer certains détails de la structure d’Oreau. Je pouvais y distinguer deux couleurs principales : le bleu et le jaune. En ajustant mon appareil, je réalise à ma grande surprise que le bleu c’est de l’eau et le jaune c’est de l’or. Ces deux éléments m’ont inspirée pour son nom. Je change d’oculaire pour me rapprocher de la surface et je vois des petits êtres bleus et jaunes. Les personnages détonnent de l’eau et de l’or puisqu’ils sont légèrement plus pâles que ces éléments. Je m’amusais à leur donner des noms : Aquins pour les bleus et Orins pour les jaunes.

La surface jaune d’Oreau reste légèrement plus importante que sa surface bleue. Les Aquins tentent de sauvegarder ce qui reste d’eau sur la planète tandis que les Orins ne veulent que plus d’or. Les Orins semblent avancer dans le désordre, car leur territoire doré s’agrandit doucement, mais sûrement, de façon désordonnée. C’est comme s’ils étaient plusieurs clans. À l’opposé, je vois les Aquins qui demeurent sur leur ligne bien droite en tentant de ralentir la progression des Orins. Les Aquins restent imparfaits, certes, mais ils essayent de montrer aux Orins l’importance de sauvegarder l’eau sur la planète. La maladresse les surprend de temps en temps; malgré tout ils demeurent convaincus qu’ils prennent la bonne décision en mettant tout en oeuvre pour préserver l’eau.

Après quelques minutes, je vois que les Orins n’entendent pas à rire. Ils forcent la progression de l’or et empiètent sur l’eau : c’est comme si tous les moyens sont bons pour avoir toujours plus d’or. Ils tiennent mordicus à sortir les Aquins inférieurs en nombre et à les dissuader de poursuivre dans leur voie. Ils veulent que les Aquins fassent de l’or à profusion et délaissent l’eau. C’était un spectacle très particulier.

Les Aquins n’ont vraiment pas la force du nombre. Malgré la meilleure volonté du monde, ils regardent les Orins en face d’eux et le désespoir se lit sur leur visage. Pour en ajouter, les Orins ont trouvé le moyen de littéralement transformer l’eau en or : ils n’ont plus besoin de l’accord des Aquins. J’ai vu la planète Oreau passer de l’équilibre bleu-jaune à 100 % jaune : elle s’est littéralement transformée en boule d’or. La brillance et la beauté d’Oreau m’éblouissaient, mais je persistais à regarder.

Les petits personnages bleu pâle détonnaient sur l’or et les Orins riaient aux éclats. Par la suite, tout doucement, la vie commençait à disparaître : les Aquins, plus facile à distinguer puisqu’ils étaient bleus, s’éteignaient. Je pouvais aussi deviner la disparition des Orins puisque le nombre de petits points jaune pâle diminuait aussi. Sournoisement, la planète Oreau s’est vidée de sa vie.

Les Aquins avaient compris : ils étaient prêts à se contenter d’un peu moins d’or tout en sauvegardant l’eau, la source de leur vie. Les Orins ont rigolé peu de temps, ont été riches l’espace d’un instant et n’ont jamais pu en profiter.

Là-haut dans l’univers, Oreau demeure une magnifique planète, dorée; et morte.

Image par Môssieur J.

Voyage au bout de l’asphalte

Nous arrivons d’un périple routier de 5 jours absolument mémorable. Routier demeure le mot clé. Nous n’avons pas calculé le kilométrage, mais nous l’estimons à 3 000 km. Mon mari et moi, pour sortir du quotidien, nous roulons. La Côte-Nord reste une magnifique région pour décrocher, changer de décor, profiter du fleuve. Et quel fleuve! Impossible de dire qu’on voit le fleuve uniquement en traversant un pont en région urbaine. On a beau éteindre la télévision, le cellulaire, l’ordinateur : les voisins restent à 6 pieds, il y a toujours 2 voitures par maison, de la circulation à perte de vue et des lampadaires éclairant l’intérieur des maisons. La Côte-Nord, c’est tout le contraire. Bien qu’aucun récit ni image ne remplacera l’expérience, je vous partage quand même quelques moments de nos vacances.

D’abord, la première journée se résume relativement facilement : on roule. On roule roule roule et roule. Nous prenons le traversier entre Baie-Sainte-Catherine et Tadoussac. Cet endroit est trop profond pour y construire un pont. Les photos ci-dessous ont été prises au retour, mais c’est pas mal la même chose qu’à l’aller, en sens inverse.

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Après toute une journée à rouler, nous nous sommes installés à Baie-Comeau. Le premier soir, nous prenions une marche près de l’hôtel et nous sommes tombés sur une charmante galerie d’art. Étant donné l’heure, elle était fermée, mais nous avions les visages collés sur les vitrines. Au même moment, l’artiste peintre lui-même revenait de sa promenade et nous demande si nous voulons visiter. Ce n’est pas parce que nous embuons ses vitrines que nous voulions vraiment entrer… Et c’est avec plaisir qu’il nous a ouvert son établissement. Quelle belle rencontre avec l’artiste peintre Claude Bonneau http://www.claudebonneau.com/galeries.htm. Sa galerie d’art rassemble 1 001 tranches d’histoire du Québec. On y retrouve des boîtes à bijoux anciennes, de vieux tourne-disques, un vieux piano, des vieilles machines à écrire, caisses enregistreuses, poupées, bouteilles, vêtements : nommez-les, c’est là. Entre ces éléments on peut découvrir ses toiles. Les robes rouges et jaunes sont récurrentes, les tableaux débordent de vie et son style reste magnifique. Il nous a parlé de sa vie, la façon dont il a monté son établissement. Une visite s’impose si vous passez par Baie-Comeau.

Le lendemain, nous voulions visiter la centrale hydroélectrique de Manic-5. Comme elle est à environ 220 km au Nord de Baie-Comeau, c’est presque Montréal-Québec pour aller la voir. Encore une fois, les photos ne vous donnent qu’un aperçu : cette centrale vaut le détour! Lorsqu’on arrive, c’est un Wow! instantané.

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Il y a tellement de béton dans le barrage Daniel-Johnson qu’il vaut le déplacement. La plus grande arche a des bras de 27 mètres de profondeur. 27 mètres!! Ça commence à faire de la structure. Ce barrage reste impressionnant et une visite de la centrale s’impose. Pour se rendre sur la crête du barrage nous y allons en autobus scolaire et nous faisons nos coquets avec ces casques protecteurs.

Moi_casqueNous nous rendons à l’intérieur d’une arche. J’essayerais bien de vous décrire l’expérience, mais rien ne vaut le voyage. L’arche ci-dessous n’est même pas la plus grande. C’est incroyable!

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L’image ci-dessous n’est pas un delta ni un lac : c’est le réservoir de Manic-5. C’est immense!!! La photo a été prise sur la crête du barrage.

reservoir_manicToujours sur la crête mais de l’autre côté du réservoir :

manicC’est magnifique, il faisait tellement beau aussi. Aucune ville ni village à l’horizon. La paix : oh oui, c’est l’endroit parfait et unique! Me voici à l’autre bout de la crête.

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Malheureusement il importe de redescendre. Alors on lance inévitablement un dernier regard à cette superbe structure, symbole de l’ingénierie humaine.

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Je ne sais pas quels scandales ont entouré la construction de ce barrage. Malgré tout, je le trouve absolument magnifique. Il vaut son détour de 220 km.

Le lendemain, nous partons pour Havre-Saint-Pierre. Chemin faisant, nous arrêtons à un phare situé à Pointe-des-Monts là où le fleuve devient estuaire. Étant donné les courants marins de l’endroit, beaucoup de bateaux ont fait naufrage. Sur le bord de l’eau, la température était autour de 15 degrés Celsius. Nous étions loin des 35 degrés de Montréal et c’est tant mieux : l’humidité et moi n’avons jamais fait bon ménage.

phare

Il ventait légèrement…

canonsNous poursuivons notre route. À environ une demi-heure avant d’arriver à Havre-Saint-Pierre, nous nous retrouvons à l’archipel de Mingan. Nous voulions faire une excursion sur les îles. Comme ce n’est pas le moment des grandes vacances, nous avons eu une excursion privée : nous étions 3 dans le bateau en comptant le capitaine. Oui oui je sais, tout le charme demeure dans la veste.

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Nous voguons donc tranquillement vers la première île sur laquelle nous trouvons un phare et 2 bâtisses en pleine transformation pour devenir des gîtes touristiques. Le phare fonctionne à l’énergie solaire : plus de gardien.

bateauVoici le phare.

phareEt les habitations.

habitationSur cette île, nous trouvons beaucoup de macareux. Ils se reproduisent dans les trous présents sur les falaises des îles.

macareux1Un autre groupe ici. Ils sont vraiment mignons.

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Nous retournons sur le bateau pour aller sur l’autre île. L’île Nue. Pourquoi l’île Nue? Parce qu’elle est toute nue : pas d’arbre, que des monolithes sculptés par la mer. Ici, ça prend un peu d’imagination. Voici le monolithe baptisé le chameau.

chameau

Celui-ci, juste pour le nom : les amoureux.

amoureux

Le monolithe surnommé la bottine :

bottine

Finalement d’autres monolithes présents sur l’île Nue.

monolithe

Ce n’était pas prévu, mais nous avons pu voir une bonne douzaine de baleineaux. Il y a eu un baleineau très téméraire qui nous a fait un coucou à une dizaine de mètres. Aussi, nous avons entendu un pssshhhtt de maman baleine, mais elle n’a pas voulu sortir de l’eau. C’est presque tant mieux parce qu’elle se trouvait pas mal près de notre embarcation. Le moment se passe trop rapidement alors nous n’avons pas d’image, mais nous en gardons plusieurs dans notre tête. Nous avons poursuivi notre route pour passer la nuit à Havre-Saint-Pierre.

Le lendemain, nous roulons encore vers l’est sur la 138. Objectif : Natashquan. Nous roulons tellement en montant toujours un peu que nous traversons des kilomètres de taïga.

taiga1

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Nous croisons quelques points où nous apercevons le fleuve et quelques villages, mais c’est tout. Nous continuons de rouler dans ce paysage pendant une heure et demie entre Havre-Saint-Pierre et Natashquan.

vers natashquan

Nous continuons. On remarque l’annonce de Pointe-Parent. Sa petite histoire : Pointe-Parent a été nommée ainsi à la suite du décès par noyade du curé Parent qui s’était installé à cet endroit. Son corps a été retrouvé à la pointe qui porte aujourd’hui son nom.

Nous arrivons à Natashquan. La température était moins de notre côté pour cette journée-là : il y avait énormément de brume. Nous n’avons donc pas pu voir très loin à l’horizon, mais nous avons pu voir la maison de Gilles Vigneault et dîné chez John Débardeur. Le club au crabe était délicieux. Vous avez pu certainement manger de bons fruits de mer chez-vous. Cependant, manger ces produits sur la Côte-Nord reste pas mal difficile à battre. Chez Julie à Havre-Saint-Pierre, Chez Omer à Sept-Îles : 2 adresses incontournables lors d’un périple sur la Côte-Nord. J’y repense et je salive encore.

À Natashquan, nous atteignons l’objectif de notre voyage : atteindre le bout de l’asphalte. Le bout de la route 138. Nous sommes dans les derniers moments du bout de la route puisqu’elle reste en pleine construction après Pointe-Parent pour relier d’autres villages à l’est de Natashquan et éventuellement rejoindre le Labrador. Nous nous sommes arrêtés au bout de l’asphalte puisque la 138 continuait sur la gravelle pour 18 kilomètres. La route est finie? Qu’à cela ne tienne, maintenant, on revire de bord et on recommence à l’envers!

138finAvec la visite de Rouyn-Noranda, Sainte-Flavie et Natashquan, je me trouve privilégiée d’avoir pu constater l’immensité et la beauté de notre pays d’est en ouest. Le Québec offre de multiple richesses environnementales, naturelles, humaines. Un jour, nous serons capables de vivre ensemble et de faire de notre Québec un pays réel à la face du monde. Nous avons tout le nécessaire pour y arriver. Un jour, nous nous ferons suffisamment confiance.